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Bise Bee

De
213 pages
L'un l'autre encore dans la distance, déterminés ils attendaient l'instant qu'ils s'étaient fixé pour leurs épousailles. Ils partaient tous deux pour se donner à leurs deux passions, l'amour et le golf – Ils se rejoindraient en août, sous le ciel d'Irlande pour naître à la vie – à deux, A3 – Ames, Amants, Amis – à vie. En l'absence de l'Amant, l'Autre est revenu. Ça lui a tourné le cœur – ce cœur à peine conquis qui battait encore secrètement pour lui… pour l'Autre. Alors elle a choisi. Bee est de ces femmes hantées – ou visitées par l'image du père. Que pouvait Amour, s'il ne pouvait être l'Amant à vie…
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ROMAN











Le Manuscrit
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' ditions Le Manuscrit 2004
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
TØlØphone : 01 48 07 50 00
TØlØcopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-3719-1 (fichier numØrique)
IS-7481-3718-3 (livre imprimØ)
Vianne Agier













A cause de vous, B..






















7 Bise Bee



































8 Vianne Agier












Et tu mourras brutalement dans ta cinquantiŁme
annØe .
HØsitante, lentement elle poursuivit
Ou alors, je vois un pays - c’est un voyage et c ur
dØvorant du cancer - c’est une annØe, c’est une fleur...
Tu seras heureux trŁs tard, tu seras riche trŁs tard, tu
resteras jeune et tu mourras trŁs tard
Je l’interrompis et lui demandai,
A quel ge ?
A 119 ans.
Alors je partis d’un grand Øclat de rire
Tu te moques de moi ! Et je lui donnai un baiser sur
le front.
Recouverts de cendre, par-dessus le m chefer, dans ses
yeux grand ouverts, il n’y avait plus de braise.
Je m’Øclipsais presqu’en courant. A dix pas en arriŁre,
sombre fØlin prŒt bondir, se tenait son jeune amant
Il y a 25 ans me disait ma gitane, la belle tzigane, envoß-
tante Gipsy, au sud de l’Italie.





9 Bise Bee



10 Vianne Agier










Juin Paris …
Les jours sont doux comme une dØlicieuse incertitude
qui n’ont aucune idØe que se prØpare la tempŒte - que ce
qui vous anime et qui vous aime, s’il se donne, s’aban-
donne.
Il y a l une bØatitude de l’offrande qui sait qu’elle recevra
son boomerang de joie.
C’est "le Fruit" offert l’aimante attitude, longtemps dØ-
fendu, fendu, ouvert - fØcondØ de l’amante certitude.
C’est l’hommage Sappho, notre bien aimØe poØtesse.
C’est la grande SØlØnØ qui s’arc-boute, qu’on a envie de
caresser... que je caresse. Une sculpture est faite pour Œtre
touchØe, patinØe du bout de ses doigts, comme de pri-
vautØs amoureuses.
C’est Bourdelle, qui porte un nom se faire aimer d’elles...
Femmes, nos dØchirures.
Dehors, nos devantures dedans, notre aventure.
Ce sont les rails de lumiŁre de Portzamparc, qui accueil-
lent l’intense Brigitte.
Ta Guerre, aux allures de saison en enfer; ta souffrance
rencontre la violence - pas celle de l’Amour, dØmesure
immense - celle destructrice, lutte mort son absence.
" Rempart de combat - Troupe de choc. Rugueux,
ferrailleurs en dØfense armØe - Donneurs de le on - A
clous, sang, en armure - Orchestre du dØsespoir, en
chant de guerre.
11 Bise Bee
CasquØs, debout, en diagonale, ils tiennent le siŁge -
Exaction - Profanation du serment.
Porteurs de message, dØtenteur du signe, ils scandent les
pulsions du c ur.
Dans la nuit noire et froide, telle la chrysalide du soldat -
le chien de notre me, mØtamorphosØ en longue et dou-
loureuse mØlopØe du loup."
Tu t’offres pŒle-mŒle notre ingratitude ØbranlØe - Toi,
quel doute, quelle dØsertion, quelle distance, quelle souf-
france pour quelle absence ? te sculpte de tant de vio-
lence dØsespØrØe.
Donne-toi - Amour te portera.
Ne mutile pas nos corps, n’abomine plus nos sens.
Va Brigitte Terziev - lucifØrienne si tu veux, en enfer. Et
terrienne, descendent tes orages, laboure ta terre de feu.
Va, fais violence, impØrieuse va - Souffle vital de larmes
et frustrations.
Tout est dans l’action et dØsaveu du temps.


12
…Vianne Agier









Je donne mon espoir tes yeux,
agates traversiŁres.
Je donne mon espoir tes mains,
mangroves palØtuviŁres.
..
Je donne mon espoir ton c ur,
in extenso.
Je te donne mon champ,
pour le chant des oiseaux.
Je te le donne pour qu’il fŒte
my beloved Bee. *

l’autre bout du champ, au mŒme instant, par-dessus
nos tŒtes dans l’azur, un ciel limpide se tend. Et claque le
tonnerre - en plein midi d’un plein ØtØ.
"Les moments que nous avons partagØs resteront des
moments magiques.
Je veux qu’ils se prolongent travers l’amitiØ.
Que tu continues me donner envie de peindre.
Que tu existes pour moi travers la crØation et l’Øcriture -
Le veux-tu ?
Nous passerons ce mois d’aoßt comme deux amis qui ont
dØj vØcu ensemble des ØvØnements importants.
Le voudras-tu ? "


* Mon Abeille Bien AimØe
13
à
…Bise Bee
BØance et lui, le feu de quel dieu.
Un Øclair foudroie la voßte de nos ciels aux promesses
audacieuses.
Vacillent les Øtoiles.
Et la brßlure de la lame qui m’atteint en plein cur, en
morceaux - mon Amour, mon chagrin.
HappØ, atomisØ.
Fendant l’espace, un train file en tra nØe dØchirante,
accroche le voile bleutØ de nos amours, tendu l’infini,
flottant dans l’a-connu - vers l’inconnu.
Je ferme les yeux
Et vient ta chevelure flambante, en bouquet ØparpillØ dans
son savant dØsordre - ces flammes de cuivre, ces mŁches
en feu oø mes dØsirs se sont tant de fois consumØs...
Appara t ton visage apaisØ - je dØcouvre ØmerveillØ ta lØ-
gŁretØ d’Etre.
Un reflet, une lueur, ton sourire intØrieur.
Le voudras-tu ?
Je voudrais
quelques jours de l , pouvait-on Œtre philosophe... et
irlandais ?
Je le veux.



14
“…
œVianne Agier









A quelques heures d’intervalle, dans cette nuit du 27
juillet - alors que vous m’Øcriviez - alors que je m’Øtais en-
dormi avec l’inquiØtude silencieuse de ces derniers jours
sans nouvelles, je faisais ce rŒve Øtrange prØmonitoire, an-
nonciateur des chagrins venir.
J’Ømergeais de mon inconscience par la prØsence d’une
inoffensive coccinelle qui, sans crainte, se promenait dans
les replis de mon lit, portØe de mes doigts. Cette nuit
donc, j’aper us distinctement Coccinelle qui allait et
venait, semblant chercher une Øchappatoire dans le dØdale
des plis.
Attendri, je tendis la main qui se referma sur elle. Pres-
sentant la prison, elle essaya de s’envoler. D’une main, je
la retins, je l’encerclai; puis des deux pour lui faire assez
d’espace sans la blesser. FØbrile et si fragile, je la sentis
trottiner, cherchant inquiŁte, une issue, un air de libertØ -
s’essayant sans succŁs prendre son envol.
Endolori, cernØ de fatigue, dans un sommeil de som-
nambule, je me rØsolus enfin agir. AprŁs un temps qui
me parut long, avec d’infinies prØcautions en maintenant
mes mains bien closes, je m’extirpai de mes draps et avec
des paroles douces destinØes l’apaisement de ma prison-
niŁre affolØe, je me dirigeai vers la fenŒtre que je rØussis
ouvrir.
DØlicatement, sur la margelle, je desserrai l’Øtreinte, heu-
reux qu’elle retrouve l’air frais de la nuit et l’espace infini.
Est-elle restØe contempler les Øtoiles de cette nuit sans
15 Bise Bee
murmure... a-t-elle pris son essor pour s’en approcher ?...
Est-elle redescendue sur terre parmi ses congØnŁres ?
Je regagnai mon lit, cette fois bien rØveillØ, pour m’inter-
roger - Qu’est-ce que cela signifiait ? Longtemps je me
questionnai, avant de sombrer, harassØ de sommeil.
Il n’y avait que toi dans mes pensØes.
Quelle Øtrange imbrication du rŒve paradoxal et de son
prolongement conscient ØveillØ ! a… u mŒme instant, cette
nuit-l , vous m’Øcriviez cette lettre terrible que j’allais re-
cevoir deux jours plus tard.
Je te donne mon champ pour le chant des oiseaux -
pour la petite coccinelle Øprise de libertØ, qui semblait
s’Œtre perdue dans mon lit dans ma vie - je le lui donne,
pour qu’elle sache jamais qu’il est un champ de senteurs
et de couleurs, un havre de paix qui se voulait terre pro-
mise.
Vous m’avez aimØ - Vous m’aimerez.
Aimez-moi pour ce que je suis, dans vos sentiments, dans
votre esprit ou par vos sens.
Et si vous ne pouvez Œtre la femme, l’Øpouse, restez l’amie
de celui qui vous aimera toujours, amie.




16
…Vianne Agier









Tu te livres toi-mŒme
Pour te livrer aux autres.
Paul Eluard

l’autre





17 Bise Bee



18 Vianne Agier









Raining Cats and dogs !...*

, pays de notre extrŒme ponant.
Sur la route et les chemins du Kerry, du Dingle
jusqu’au Connemara, un ruban d’asphalte scotchØ mŒme
les reliefs s’accroche aux contours tourmentØs, soßlØs
d’eau des cieux, du vent des plaines, d’embrun des mers en
bourrasques hallucinØes.
Ton massif granitique fait le dos rond. Par endroits, Ømer-
ge une fracture ouverte de ton squelette lessivØ par la pluie
incessante - te ravive, et s’endurcit ta peau de jade jamais
scalpØe comme un trophØe, une dØchirure. Ou si fine, prŒte
rà ompre, elle est la toile accrochØe aux haubans de tes
promontoires, qui se gonfle et se tend sous l’ouragan - L’os
iliaque tranchant la proue d’une hanche, immense bassin
rØceptacle d’un flanc fØminin qui descend lentement et
s’enfonce dans l’ocØan, comme le ventre curviligne de la
bien-aimØe qui laisse monter les eaux pour son bain de
jouvence.
Sur les routes Øtroites du Kerry, nous accompagne une
nuØe de demoiselles enjouØes; en minijupe alizarine d’in-
souciance, virevolte lØgŁre et se soulŁve au grØ du vent
coquin; dØcouvre des dessous chics, comme les lŁvres des
jeunes filles amoureuses qui s’en vont gaies et aØriennes au
bal de l’ØphØmØride vie, et passent... Si vite, la nature leur

* Il pleut des cordes - comme vache qui pisse !
19
…Bise Bee
fait payer cher leur insolente beautØ, laquelle s’ajoute
l’ingratitude des hommes.
Aux bords des chemins, en haie hirsute, dØgringolent en
cascade une myriade de clochettes carmin, carillonnent ou
lanternent au bout de leurs rameaux qui se courbent et
s’inclinent votre passage, ØbouriffØes par les rafales du
vent, bousculØes par les courants d’air incessants des
vØhicules filant, arrogants et indiffØrents... C’est le Fuchsia
du bord des routes ou des chemins encaissØs, qui s’inter-
roge sur sa destinØe.
Souple et ØlØgant, il s’offre vous et ne comprend pas
Sto que ou incompris, il pleure en silence ses larmes de
sang... si denses et si nombreuses qu’elles tracent ses
pieds, de part et d’autre de la chaussØe, un filet vermillon
qui s’Øcoule en rigole jusqu’ ce qu’il se coagule, victime
expiatoire de la brutalitØ d’un siŁcle qu’il se refuse
courtiser.
ArrŒte-toi un instant, toi qui t’en Ømeus.
Regarde l’entour et tu verras mille autres dØmons et
merveilles minuscules et Øtonnantes...
C’est la vie qui s’aventure et grouille en terre d’Irlande.
Regarde un instant, parle sa beautØ, dis-lui ton Ømotion.
Elle te sourira pour l’ØternitØ.
C’est ici, une goutte d’eau charmeuse qui se fait une
glissade en douceur sur la rampe d’un brin d’herbe... pour
le faire plier, la rapprocher dangereusement jusqu’ fr -
ler sa compagne d’ -c tØ qu’elle n’osait embrasser, sans cet
accident savamment calculØ !
C’est l , une armØe de BruyŁres la conquŒte du rocher.
Par toutes les fissures et les crevasses, les passes et les
dØfilØs, vont et viennent leurs bataillons... Calluna, quelle
est ta vie ? Oø mets-tu ta beautØ ?... Trop rØflØchie, tu
t’entŒtes la conquŒte de lieux impossibles - dØfier les
lois de l’Øquilibre, prouver quoi ! ArmØe de nonnes exal-
tØes, qu’avez-vous fait de votre fØminitØ ? Folles de dieu,
20 Vianne Agier

Øpouses divines... lui qui n’en demandait pas tant ! Tu te
cilices... Est-ce ta fa on solitaire de jouir dans ta chair que
tu meurtris ?
Mais je n’ignore pas que tu as mon ge, lorsque enfin pour
le mieux, tu peux donner un sens ta vie... mon tabac
une senteur, le caractŁre qu’il n’a pas ! Je t’en rends grce.
Quelques-unes, indØpendantes et rebelles comme de vieil-
les poules sur le retour, nostalgie des annØes de jeunesse
outranciŁre, avec Erica sa complice, se pomponnent
pareilles aux joues rosies, outrageusement fardØes ou dØlu-
rØes de nos PrØcieuses acidulØes, lorsque la cinquantaine
on est encore vaillante et dØsirable !
C’est l -bas, dans le roncier sans Øpine, la fleur sophis-
tiquØe du ChŁvrefeuille qui se dresse, hautaine et suf-
fisante de tous ses feux vermeils. Se penche dØdaigneuse,
ostensiblement distante de tous les verts de l’espØrance de
la Terre. Ou, elles deux, que je surprends trop proches et
trop seules du m le absent ou dØserteur effrayØ, s’es-
sayent l’audacieux libertinage Øgo ste, s’enhardissent, se
caressent, s’enlacent et s’hermaphrodisent.
Et bØatement, une vache qui passait par-l , s’octroie
tranquillement tous ces menus plaisirs, les croquer dØli-
cieusement... Sans aucun doute, ce qui donne de la couleur
et du tonus son lait dont les enfants du Pays d’Emeraude
raffolent et qui leur fait une si bonne mine !


En Irlande, le Soleil n’est jamais absent. Aujourd’hui
mŒme, par temps clair, il n’a pas la prØsence tapageuse et
clinquante du nouveau riche. Il est constant, il est prØsent.
Il suggŁre, il guide. Il fait toutes ces lumiŁres changeantes
- Si fait ! Noblesse oblige...
Plus spirituel que charnel... comme il se montre sur ses
c tes mØditerranØennes qu’il affectionne tout particuliŁre-
ment, oø il se laisse volontiers aller quelqu’excentricitØ...
21
â