Blonds étaient les blés...

De
Publié par

Ce beau matin de juin, quand elle découvre pour la première fois le sourire de Victor, le coeur pur de Bérengère se met à battre au rythme de l'amour. Elle n'en a pas encore conscience mais l'arrivée dans sa vie du jeune garçon va bouleverser le cours de son adolescence et au-delà même de sa vie entière. Dès la première seconde, elle a l'intuition qu'il sera l'amour de sa vie. Dès lors, elle mettra tout en oeuvre pour conquérir le coeur volage et torturé de Victor. Elle prendra tous les risques mais l'objet de son amour est trop empli de désir d'absolu, de soif d'ailleurs et d'avenir merveilleux pour qu'elle puisse le retenir. Au fil des jours, sans jamais baisser les bras, elle tendra ses tendres pièges....
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 102
EAN13 : 9782304000085
Nombre de pages : 277
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
2
Titre
Blonds étaient les blés...
3
Titre Laurent Rainaud
Blonds étaient les blés...
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00008-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304000085 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00009-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304000092 (livre numérique)
6
A ma jeunesse envolée et aux visages à jamais dispa-rues que j’ai nommés, Bérengère…
8
CHAPITREI
La longue charrette, rehaussée de hautes ri-delles incurvées vers l’extérieur cahotait sur le chemin pierreux qui menait à la ferme. Jean, le charretier taciturne, marchait à coté de l’attelage. De sa bouche édentée toujours garnie de tabac à chiquer qu’il mastiquait à longueur de journée, il faisait entendre un claquement léger destiné à exciter les chevaux. De temps à autre, il agaçait du manche de sa fourche, le flanc frémissant du percheron de tête qui attelé avec Belle une jument déjà âgée tirait la carriole. C’était le dernier voyage de la journée et les bottes de blés s’entassaient bien au- delà de la hauteur habituelle. Jean aussi têtu que peu ba-vard s’était obstiné à ne laisser aucune gerbe sur le champ qu’ils venaient de quitter. Il avait ses raisons. Depuis le lever du soleil, bien que rien ne l’annonce dans un magnifique ciel sans nuage, il sentait venir la pluie jusqu’au plus profond de son corps.
9
Blonds étaient les blés...
Personne d’autre que lui ne la prévoyait avec une telle exactitude. Son instinct personnel était quasi infaillible, infiniment plus fiable que les prévisions de la météo nationale qui depuis le matin s’obstinait à annoncer sur les ondes de radio un beau temps immuable. Habituelle-ment, les gens s’amusaient gentiment de lui et de ses certitudes. Cependant, au moment où contre toute attente la pluie se mettait à tomber chacun était bien obligé de reconnaître qu’il ne s’était pas trompé et que son instinct était re-doutablement efficace. Le lourd chargement tanguait dangereuse-ment mais Julien ne s’en inquiétait guère, il avait l’habitude. Ce n’était pas la première fois qu’il revenait des champs, perché au sommet d’une charrette à l’équilibre précaire. Il se laissait balancer au rythme des cahots et rêvassait en contemplant l’énorme soleil jaune pâle qui descendait sans se hâter vers l’horizon brumeux. Il n’était que dix neuf heures, juillet venait de commencer et la fête nationale n’avait pas en-core été célébrée. Dans le ciel l’astre solaire mettrait encore du temps avant de changer de couleur et de s’abîmer derrière l’horizon dans un incendie rouge sang. En dépit d’une longue journée de travail le garçon ne se sentait pas vraiment fatigué. Cou-ché sur le dos, sous les rayons dorés qui diffu-
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.