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Blues blanc

De
95 pages
Dernière consultation très singulière. Vocation perdue, le Docteur Marcel Berdin prétend se retirer sur un éclat. Ultime choc avec six " atrabilaires redoutables ". Exorciser les années de silence paranoïde. Pseudo catharsis face à six anges déchus. Rédemption, ou vengeance ? Hypocondriaque, s'abstenir !
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BluesblancPatrice Lagrange
Bluesblanc
ROMAN' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1375-6 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-1374-8 (pour le livreimprimØ)Avertissementdel Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littØraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimØ telunlivre.
D Øventuellesfautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de lA’ sile Popincourt
75011 Paris
TØlØphone:0148075000
TØlØcopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comCHAPITREI:MARCEL
Les vampires l avaient consumØ. Le "Docteur"
sacrifiait beaucoup moins aux malades. Jeune
homme, il chØrissait l humanitØ. Le commerce
quotidien de ses semblables Øgrotants fissura sa
certitude. Geignards, ils grouillaient jour et nuit
autour de lui, avides de sa chair, jusque dans ses
cauchemars, ils entraient par les fenŒtres. Son
dØvouement s’altØra. Sa vocation s’Øtiola. Seule
une lueur indØcise de compassion vacillait encore
au fond de lui.
Tout bascula. Le c ur du "Docteur" dØcrØta de
battre la breloque dans les escaliers. Il ne supporta
plus les jØrØmiades de ses congØnŁres soi-disant ca-
cochymes. Le plus souvent, au-del du corps, seule
leur me fragile souffrait. Comment leur rØvØler
cette Øtrange connexion entre corps et esprit ? Ses
tentatives s enlisaient.
-Docteur,vousmeprenezpouruncinglØ,j aimal
auventre,pas latŒte!
Il sonna le repli, devint guØrisseur d organes
sympt mes, d organes fant mes Il soignait de
vigoureuxcorpssains sous descervellesdØlabrØes.
Le Docteur Marcel Berdin entra à deux heures.
Ponctuel, il voulait Øviter toute marinade intempes-
tivedu maladeensalled attente. Ily ruminesabile
noire, et fourbit sa hargne. Cette exactitude, louØe
7Blues blanc
des clients, les eßt offusquØs s ils en avaient tenu la
finalitØ. Marcel craint beaucoup ce passage en cel-
lule silencieuse, propice en diable à l introspection.
La rØclusion offre au captif ØphØmŁre l opportunitØ
depeaufinersondiscoursdeslamentations,ellel ex-
horteàs apitoyersurlui-mŒme,l angoisses insinue,
l insurrection menace. Et d Øvidence, la tØlØvision
installØe dans cette antichambre ne remplit pas son
officede diversion. Elle n Øloigneen rien le spectre
malinma tredeslieux. Ellecapted’ordinairel ima-
gination des masses bien portantes, elle Øchoue sur
cettepopulationsousinfluence. MŒmelasØrieenre-
gistrØedes clips depubne remonte pas lemoraldes
troupes.
Bondir sur le client dŁs son arrivØe, sans lui per-
mettre de ruminer ses maux, seule stratØgie perti-
nente. Cueillir son monde à froid, plonger aussit t
dans le happening du colloque singulier. DØsarmer
auplusvitelegrincheuxpotentiel,prØvenirtouteof-
fensive sournoise, ne pas rØveiller les neurones hy-
pocondriaques engourdis, rØduire le patraque à l in-
diffØrence, jusqu’à l oubli pur et simple de son mal,
comme s il devisait gentiment sur l asthme du voi-
sin, ou les varices de la belle-mŁre.
Gare aux truqueurs ! Ils dØjouent toutes les ma-
n uvres. ArmØs de leur tirade soigneusement reco-
piØe sur un tas de "paperoles", ils le pilonneront du
feu nourri de leur diatribe mena ante jusqu Øpui-
sement des cartouches.
Descabotsàlapetitesemaine,ilsentrentenscŁne
notes en main. D autant plus toxiques qu ils rØ-
veillent chez lui sa parano a. Ils viennent l’accabler
et le rendre responsable de leur souffrance. Triste
paradoxe,leDocteurobserveunedØfianceviscØrale
etcraintiveenverslemalade. MystØrieuxcapricein-
curable, pour le moins nuisible à l art mØdical.
Il a le culte de l’homme, l’altØritØ ne l’a jamais
enfiØvrØ. DŁs le jardin d enfant, il soup onna cette
8Patrice Lagrange
singularitØ. Ses congØnŁres sollicitaient avidement
lacompagniedeleursrØpliquesmorveuses,oucher-
chaient querelle aux plus grands, et mŒme tenaient
tŒte à l Ønorme ma tresse ; lui se prØoccupait seule-
ment d Øviter le contact avec ces jeunes belliqueux
et cette monstrueuse femme qui l obligeait à poin-
çonner des bouts de carton en forme de coq ou de
cochon. Undeces matamores en barboteuse conçut
un jour de l agresser ; animal en danger, Marcel ri-
posta avec violence, l assaillant s effondra en sang
sur le carreau.
Tous comptesrØglØsavecla hiØrarchiepourcette
baston sauvage, ses condisciples le bombardŁrent
chefdebande. FonctionopposØeàsesv ux. Ils ac-
quitta de sa t che avec vaillance
Au seuil du secondaire, on avait oubliØ ce fait
de guerre. Nu dans la fourmiliŁre, il rentra dans le
rang. Ildutgesticuleravecsessemblables,semŒlerà
leursØbatsbadins,etmŒmebourdonnerautourdeces
Øtrangeslibellulesfragiles,sihabilesàvoussØduire,
expertes à vous rendre niais. Le dØsir lancinant de
les toucher, leva les derniŁres inhibitions.
Fausse bØatitude. Extase mutilØe. Les grands
inquisiteurs rodaient. Toujours à l Øpier, à l’Øva-
luer sans cesse. La crainte de les dØcevoir ruinait
son existence. Son dernier ma tre Łs purge saluØ,
il quitta la FacultØ, enfin libre. Aussit t, halluci-
nØs,surgidenullepart,hordeeffrayante,ilsfondent
sur lui. En dix ans d Øtudes, il n avait rien vu ve-
nir. Ils Øtaient l pourtant, tapis dans l ombre, prŒts
àchargertoutehargnedehors. Surleurslitsd h pital
ils avaient abandonnØ leurs cuirasses barbares. Fœ-
tus,ilsrØgressaientdanslamoiteuramniotiquedela
matrice gØante, dissimulant leur vraie nature, atten-
dant des jours meilleurs. Se redressŁrent tels qu en
eux-mŒmes dans son cabinet, fØroces guerriers san-
guinaires dØcidØs à l anØantir. BalayŁrent sa voca-
tioncommefØtu. Vocationmollesansaucundoute
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