//img.uscri.be/pth/bff24ecfbf51f5858a55da0acb072881f18a9d3e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB - PDF

sans DRM

Boire : envie ou besoin ?

De
260 pages

L'alcoolisme est une maladie. L’histoire de Louis, le personnage principal de ce livre, nous démontre clairement le pouvoir destructeur de l’alcool non seulement sur la santé, mais aussi sur la vie familiale, professionnelle et sociale. Louis buvait au départ par envie, mais après, il a commencé à boire parce que son organisme réclamait de l'alcool. Cet ouvrage montre comment un consommateur ordinaire finit par devenir dépendant en passant de l'envie au besoin de boire. Il explique combien il devient difficile mais pas impossible de sortir de la dépendance, et donne des orientations sur la manière de boire avec modération.


Voir plus Voir moins

C o u v e r t u r eC o p y r i g h t













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-334-17403-9

© Edilivre, 2016A v e r t i s s e m e n t
Ce livre dénonce les méfaits de l’alcool sur l’organisme humain à travers l’histoire
authentique d’un homme devenu alcoolo-dépendant. Ce document a certes été écrit à partir de
travaux et conseils de plusieurs spécialistes, mais les informations et les analyses qu’il donne
restent au niveau des généralités et ne peuvent de ce fait pas remplacer les services adaptés
d’un personnel de santé qualifié en la matière.R e m e r c i e m e n t s
Nos sincères remerciements s’adressent à Monseigneur Théophile KABOY, évêque du
diocèse de Goma, pour ses orientations. A monsieur Ngongo MUKONKOLE, professeur de
français, pour ses corrections. A Monsieur l’abbé Martin PRADERE pour ses différentes
remarques et critiques. A Alain Ruhaya CHIRUZA pour son soutien. Au Docteur Chantal
KAHENU SOSOLE et à tous les médecins qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation
de cet ouvrage.D é d i c a c e
A Célestine Kahambu Sivowa
A Sylvie Kambale Ndungo
A Isabelle Yao
A Michaelle Minda
A Veannie Kahindo Muyayalo
A toutes ces mères qui, sur cette terre, n’ont pas eu la vie qu’elles auraient voulu avoir,
mais qui se sont beaucoup sacrifiées pour l’avenir radieux de leurs enfants. A ma mère…C i t a t i o n


Toute vie humaine connait la souffrance, et nous devons faire de notre mieux pour en
tirer les enseignements.
Docteur Olivier AMEISEN.Préface
de l’abbé Jacques Letakamba
La consommation de l’alcool est un sujet de débat pertinent de tous lieux et de tous les
temps. Certains disent que c’est déjà mauvais d’en prendre et d’autres que c’est mal d’en
prendre trop. De toutes les manières, il y a quelque part dans les deux thèses une note
péjorative : il se cache donc nécessairement quelque chose de vicieux dans la consommation
de l’alcool. Les défenseurs prônent ses bienfaits sur la santé, l’humeur, le caractère et les
relations humaines. Le camp contre brandit les dérives lors de l’ivresse, les méfaits de
l’alcoolisme sur la santé physique et psychique, et le cortège de maux qui l’accompagnent du
point de vue social.
De ce fait, d’un même sujet il peut se dégager deux perceptions diamétralement opposées.
Cependant, il est évident que les conséquences néfastes de l’alcoolisme sont nettement
visibles dans nos milieux : familles brisées, enfants non scolarisés, perte d’emploi ou difficulté
à être embauché, maladies, accidents de circulation, bagarres, inconduites, sont, sans que la
liste ne soit exhaustive, autant de méfaits de l’alcoolisme que nul ne pourrait nier. Pourtant, les
défenseurs de l’alcool soutiennent que tout ceci ne survient que dans l’excès et qu’une
consommation modérée ne présenterait aucun danger mais procurerait même certains
avantages. C’est ici que se trouve toute l’essence du débat. Où serait la limite entre
consommation modérée et début de dépendance ; entre un consommateur simple et un
consommateur dépendant ; entre boire et s’enivrer ; entre l’envie de boire et le besoin de
boire ?
L’histoire de Louis, le personnage principal de ce livre, nous montre clairement le pouvoir
destructeur de l’alcool non pas seulement sur la santé, mais aussi sur la vie familiale,
professionnelle, et sociale. L’auteur nous montre comment ce personnage que tout promettait
à un avenir radieux, s’est laissé chavirer vers le large de l’alcoolisme et sombrer dans une
dépendance qui ne dit pas son nom. Louis a commencé à boire comme tout « consommateur
ordinaire » de l’alcool. Boire était pour lui une envie. Après, il est devenu un « consommateur
abusif », ensuite un « consommateur en danger », et enfin un « consommateur dépendant ».
Boire est alors devenu pour lui un besoin. En phase terminale, il était un « consommateur en
instance de mort ». Ce qui a mis la puce à l’oreille de son entourage, c’était le fait que la
consommation de l’alcool devenait pour lui une religion, un rite qu’il devait exécuter chaque
jour ; il venait de passer de « l’envie » au « besoin » de boire. Il n’est pas né alcoolique, il l’est
devenu… Louis buvait au début parce que tout le monde buvait dans sa famille, puis parce
qu’il voulait être admis dans une certaine catégorie de personnes de haut rang qu’il trouvait
inaccessibles sinon. Il buvait pour impressionner ou par habitude, mais après, il a fini par boire
parce que son organisme accoutumé réclamait de l’alcool. On voit comment l’alcool affaiblit sa
volonté, anéantit ses décisions et doucement, l’assujettit et finit par le rendre prisonnier de ses
bouteilles après plusieurs années de déni. Il sait que son comportement blesse ceux qui
l’affectionnent, pourtant il essaie de se persuader qu’il n’y est pour rien. L’alcool venait de le
cloitrer dans une prison psychique dont il ne pouvait s’extirper que par le secours de sa famille
et des experts de la dépendance. Ainsi, des gouttes à gouttes venait de jaillir un torrent. On
boit à l’excès pour une raison ou une autre, puis cela devient régulier, et enfin on se rend
compte qu’on n’arrive plus à s’en passer. Boire devient alors un besoin.
Cet ouvrage littéraire est réellement pertinent et combien pratique ! Il démontre comment il
est aisé de sombrer dans le vice de l’ivresse et de l’alcoolisme ; il explique combien il devient
difficile mais pas impossible d’en ressortir ; et donne des orientations sur la manière de
soutenir ceux qui veulent quitter la dépendance. L’auteur nous aide à comprendre le
comportement quelque peu autodestructeur des personnes dépendantes tout en nous
présentant les limites claires au-delà desquelles la consommation de l’alcool devient
dangereuse pour la santé physique et mentale. Il donne également des explicationsscientifiques du lien entre la prise de l’alcool et le développement de certaines maladies,
preuve d’une recherche fouillée. Le lecteur se trouvera emporté aussi bien par l’histoire des
personnages, que par les réflexions un peu philosophiques de l’auteur qui ne se prive pas
parfois d’aborder sans ménagement, les « sujets qui fâchent ». Le style simple facilite une
lecture aisée et plaisante accessible à tous publics.
Abbé Jacques Letakamba
Chancelier du diocèse de Goma.I n t r o d u c t i o n
Ce livre raconte l’histoire d’un homme, l’histoire de la vie d’un homme, l’histoire d’une vie.
Cet homme s’appelle Louis. Il consomme de l’alcool. Il en consomme depuis 26 ans. Il a
commencé à boire sa première bouteille et celle-ci en a appelé des millions d’autres. Il boit très
mal, en se détruisant et en détruisant tout autour de lui. Il utilise son intelligence, ou du moins
ce qu’il en reste, pour mettre au point des horaires et des stratégies pour… boire. Il sent en lui
un besoin de continuer à boire tard, dans la soirée, lorsque tout le monde décide d’arrêter. En
fait, il ne s’arrête jamais, ce sont les autres qui l’arrêtent de peur qu’il ne se tue à force de
boire. Tous les soirs, les vendeuses d’alcool sont obligées de le chasser comme un animal
pour l’obliger à rentrer chez lui.
Monsieur Louis se met en colère lorsque ses fils lui parlent de l’alcoolo-dépendance. Il ne
veut pas entendre parler de ce mot. Il n’a jamais voulu en entendre parler. Et d’ailleurs, il
n’aime pas rester en compagnie des « raisonneurs », ces intellectuels qui aiment faire des
réflexions sur l’alcool ; il les déteste.
Très souvent, il ment au sujet de ses consommations. Chaque soir, il promet toujours
d’arrêter de boire, mais il se réveille tous les matins avec une bouteille de vin de palme à la
main. Sa plus grande peur n’est pas de mourir un jour d’alcool, mais plutôt de mourir de
manque d’alcool. Il a peur de manquer de l’alcool, il se sent angoissé à la simple idée d’en
manquer. C’est la raison pour laquelle il fait des provisions d’alcool pour ne jamais être en
manque. Parfois, il se réveille tard dans la nuit pour boire en cachette alors que tout le monde
dort.
Louis évite les personnes qui ne sont pas comme lui, surtout les moralistes. Il vit dans un
monde fait d’illusions, entouré de ses éternels compagnons : « Les amis de la bouteille ». Ils
se réunissent chaque jour pour célébrer les vertus de la bouteille, pour chanter la gloire de
l’alcool. On dit de ces gens qu’ils ont du mal à contrôler leur consommation, qu’ils laissent
l’alcool détruire leurs vies. Certains de leurs compagnons sont morts de cirrhose de foie, alors
les autres boivent en leur mémoire, « pour se consoler de la perte des êtres chers », disent-ils.
Louis n’aime pas que l’on parle de cette maladie, il dit ne pas vouloir en entendre parler. Voilà
pourquoi il boit, pour oublier qu’elle existe ou pour ne pas y penser. Lorsque Louis est sobre, il
se culpabilise d’avoir détruit sa vie en la noyant dans l’alcool. Alors il boit pour ne pas y
penser, pour oublier qu’il a détruit sa vie. Il boit pour oublier qu’il boit.
Louis est souvent malade et il est devenu locataire à l’hôpital, il ne finit jamais le mois sans
avoir rendu visite au médecin. Lorsque celui-ci lui demande s’il a envie de changer, il répond
froidement : « Je ne sais plus où j’en suis ». Toute sa famille pense qu’il n’a plus de volonté ni
de force pour s’abstenir de l’alcool. A chaque sortie d’hôpital, la première chose qu’il a à faire
c’est de se trouver le plus tôt possible une bouteille d’alcool pour boire. Il résiste parfois à cette
tentation, mais en fin de lutte il capitule : « je n’y peux rien, je ne peux pas m’empêcher de
boire, je suis ensorcelé ! ». Alors il boit encore, et encore et encore, jusqu’à finir plusieurs
bouteilles de vin, de bière, de tout ce qu’il trouve comme alcool. Il dit qu’il ne supporte pas le
goût d’un autre liquide que de l’alcool. Devant la souffrance qu’il inflige à sa femme et à ses
enfants, il dit qu’il n’est pas responsable de ce qui leur arrive, qu’il n’y peut rien puisque l’alcool
est plus fort que lui et que c’est une tare héréditaire avec laquelle ils naissent tous. Il ne croit
plus à une nouvelle vie, en tout cas pas pour lui. Alors il boit pour ne pas y penser. A le voir,
on se demandait s’il avait vraiment le temps ni la volonté de faire une autocritique de lui-même
ou s’il n’était pas en train de se suicider volontairement.
Il a perdu ses réflexes d’instituteur, lui qui était l’homme le plus respecté de tous les élèves
et tous les enseignants de son époque. Ses mains tremblent lorsqu’il commence à manquer de
l’alcool et à le voir, il a vieilli de cinquante ans alors qu’il n’en n’a même pas quarante-cinq.
Tout le monde se demande ce qui a bien pu se passer pour que cet homme, si intelligent, si
fort et si élégant accepte de mener une telle vie. En le voyant, ses amis Africains disaient queLouis avait été empoisonné, ensorcelé ou envoûté par un sorcier. Mais en réalité, Louis
souffrait plutôt de dépendance à l’alcool, boire n’était plus pour lui une envie mais un besoin.
Comment est-il arrivé jusqu’à ce niveau ? Était-il né alcoolique comme beaucoup le pensaient
ou bien il l’est devenu ? Son histoire a été un cheminement à progression, passant d’une étape
à une autre, s’enfonçant d’une profondeur à une autre encore plus basse.
Il n’est pas du tout aisé de parler du problème de l’alcool parce que le nombre de
personnes qui en consomment est presque le double de ceux qui n’en consomment pas. Et
d’ailleurs, la plupart du temps, il paraît malpoli d’aborder le sujet lorsqu’on est avec des amis, à
table ou autour d’une bouteille de bière. La plupart de gens boivent chaque jour et de façon
excessive, tout en sachant que bu sans modération, l’alcool est un poison qui tue lentement.
Cette histoire le montre à travers l’exemple de Louis, qui est passé de l’envie au besoin de
boire. Les noms et prénoms sont, dans ce livre, fictifs, ils ne permettent pas de reconnaitre les
personnes dont il est question ici. Cependant plusieurs personnes se reconnaitront
ellesmêmes à travers Untel ou un autre. Plusieurs tournures littéraires sont inspirées par des
personnages et citations des cinémas. C’est une technique que j’ai apprise en lisant un livre de
Raymond HULL : « Ne laissez pas une idée se perdre, même si elle vous semble irréalisable.
Si vous la perdez, vous ignorerez toujours si elle aurait pu vous servir ou non. Si vous la notez,
1vous finirez bien par lui trouver une utilité ».
1. Raymond HULL, Vouloir c’est pouvoir, Editions de l’homme, (Titre original : How to get what
you want), Québec, 1977, p49.Chapitre premier
Naissance dans une famille
des alcooliques
Nous sommes dans les années soixante, en plein réveil du peuple africain, où beaucoup de
pays de ce vieux continent viennent d’arracher leurs indépendances au prix du sang et des os.
Dans un petit village situé à l’est de la République Démocratique du Congo, une famille est en
train de fêter la naissance d’un petit enfant de sexe masculin. Il est beau et souriant, avec un
regard qui vous transperce le cœur. Le petit Louis est de ces enfants que tout le monde aime
prendre dans ses bras, ces genres d’enfants à qui on aime faire des « Guiliguili » et des « areu
areu »… Dans ses yeux, on lisait l’innocence, la pureté, la clarté, l’authenticité, la franchise. En
regardant la limpidité de ce petit ange, tout le monde disait que les dieux étaient tombés sur la
terre ! On se demandait bien quel serait l’avenir de Louis, tellement il suscitait la curiosité de
tous les villageois. Ses yeux étaient transparents et tranchants, on pouvait voir à travers sa
rétine et découvrir la noblesse incarnée dans ce petit d’homme. En fait, les enfants naissent
tous très beaux, avec des grains d’or et de diamants sur la peau. Qu’ils soient noirs ou blancs,
rouges ou jaunes, ils sont toujours admirables. Cela est un point commun à tous les êtres
humains : ils naissent tous beaux, quelle que soit leur race.
Dans le village de Lubero où le petit Louis est né, l’activité économique principale était
l’agriculture. Les villageois se levaient tous avec le soleil pour aller cultiver la terre. Ils ont
découvert les effets de l’alcool en mangeant des fruits et des maïs fermentés, du riz, du miel,
de la canne à sucre et d’autres aliments encore. Quelques boissons alcooliques étaient même
prises en remplacement de la nourriture ou de l’eau. Certaines personnes allaient même
jusqu’à dire que l’eau était dangereuse pour la santé et qu’il était préférable de boire du vin à la
place. « L’eau est faite pour se laver ! » disaient-ils, « pour l’usage externe ! ». La
consommation de trois ou quatre litre d’alcool ne paraissait pas excessive pour les
« habitués ». Ainsi, au retour des champs, ils se réunissaient tous autour d’une coupe de vin
de maïs. Je ne suis pas sûr que l’on puisse lui donner le nom de coupe. Il s’agissait en réalité
d’une calebasse taillée en forme de récipient, capable de contenir un litre de boisson. Et la
boisson qu’ils buvaient, c’est la même qu’ils boivent aujourd’hui, et tout porte à croire et à
prévoir qu’ils la boiront encore demain, tellement ils l’admirent. C’est, en fait, une boisson
millénaire, féerique, qui a réussi à traverser l’espace et le temps, c’est la raison pour laquelle il
y a fort à parier que sa renommée continuera à franchir le mur de l’espace-temps. Elle a fait du
chemin parce qu’elle a dépassé les limites des villages pour aller réjouir les cœurs des
hommes dans presque toutes les villes du Nord-Kivu. Cette boisson, c’est un petit vin blanc,
que l’on prendrait pour de la liqueur si l’on ne s’y connaissait pas. Et d’ailleurs, c’est en même
temps un vin et une liqueur forte, car elle est distillée à partir de la farine de maïs séché, moulu
et fermenté en alcool éthylique par l’action des bactéries. Le premier jour, cette boisson a une
teneur en alcool comparable à celle du vin, c’est-à-dire moins de 12 pourcents de taux
d’alcool. Les jours suivant, elle fermente et, d’après les villageois, elle peut atteindre jusqu’à
500 pourcents de teneur en alcool après une semaine. Cela veut dire que le taux d’alcool
atteint son paroxysme. On lui donne alors tous les noms que l’on peut imaginer : Lotoko,
Kanyanga (ce qui piétine un homme), Kapita Mbele (ce qui fait passer l’homme devant)… C’est
la boisson la moins chère et la plus populaire de plusieurs régions de la République
Démocratique du Congo. Chaque province a ses spécialistes qui maitrisent parfaitement la
formule chimique de distillation de cette petite potion magique, c’est surtout les femmes qui ont
le secret de la fabrication et de la vente du Lotoko. Chaque groupe ethnique lui a donné un
nom selon sa coutume ; chaque génération a réussi à la perfectionner en y ajoutant d’autres
ingrédients. Chaque classe sociale en fait l’expérience, de mamans les moins lettrées, aux
professeurs les plus instruits. Et c’est ainsi qu’elle s’est imposée comme boisson courante. Les
occidentaux ont inventé toutes sortes de bière qu’ils vendent en Afrique, mais les boissonslocales africaines sont toujours les plus consommées, parce que les moins chères et les plus
fortes. Les enfants et les adolescents ont cependant l’ordre d’en prendre avec modération. La
modération, dans le village de Louis, signifie boire la quantité que l’on veut, mais ne pas
s’enivrer jusqu’à perdre connaissance. C’est dire donc qu’un adolescent pouvait boire autant
de calebasse d’alcool qu’il voulait, à condition de ne pas troubler le cycle normal de sa vie : les
travaux champêtres, les études, les réunions de famille,… Un adolescent modéré dans sa
consommation d’alcool ce n’est pas celui qui boit peu, mais celui qui ne dérange pas l’ordre
public lorsqu’il a bu.
Ainsi, et pour revenir à notre petit, c’est autour de cette boisson que les membres de la
famille de Louis se réunissaient le soir pour échanger sur les événements de la journée. C’est
aussi autour de cette boisson qu’il a grandi. Tout le monde dans la famille supportait l’alcool, et
c’est ce qui est étonnant, car même les enfants de moins de cinq ans apprenaient à en
prendre pour « devenir forts » puisque, d’après les sages du village, « l’alcool fortifie les
muscles ». Le drame de cette famille c’est que les membres ne faisaient pas que boire de
l’alcool, mais ils en buvaient un peu trop au point de perdre le contrôle. C’est le cas du père de
famille qui était un phénomène ; il buvait et ne s’arrêtait que lorsqu’il s’évanouissait. Boire
n’était pas pour lui une envie mais plutôt un besoin, une nécessité. C’était une famille dans
laquelle l’amour de l’alcool était un vice qui se transmettait de génération en génération. Les
grands-parents influençaient les parents qui, à leur tour, passaient les commandes aux
petitsfils. Par conséquent, tous ceux qui naissaient dans cette famille, consciemment ou
inconsciemment prenaient gout à l’alcool puisqu’ils naissaient et grandissaient dans un
environnement où l’alcool était mis à la disposition de tout le monde. Notre mémoire enregistre
tous les effets que nos proches ressentent lorsqu’ils sont ivres. En effet, écrivent Pierluigi
Graziani et Daniela Eraldi-Gackiere, deux psychologues spécialistes des questions relatives à
l’alcool, ce que nous avons mémorisé des effets observés chez d’autres personnes
contribuera à déterminer le mode de consommation que nous adopterons. Sur ces bases se
développent nos premières expériences de consommation et les effets qui ont suivi. La
mémoire agit de manière importante dans les conduites d’alcoolisation. Dès qu’un plaisir est
2ressenti, il ancre en mémoire des croyances précises relatives aux effets de l’alcool . C’est ce
qui pourrait, en un certain sens, expliquer que les consommations excessives et
problématiques d’alcool se transmettaient auprès des membres de la famille de Louis, non pas
par ensorcellement, comme le pensaient beaucoup de gens en Afrique, mais par imitation. Les
membres de cette famille ne naissaient pas alcooliques mais ils le devenaient en copiant,
mieux, en imitant le comportement des autres dans leur environnement.
Louis a grandi dans sa famille avec ses parents alcooliques, sans problème majeur à
signaler au départ. C’était un enfant équilibré. Il avait deux grandes sœurs, quatre petites
sœurs et quatre petits frères. Il était donc le troisième d’une famille de onze enfants. D’une
éducation chrétienne catholique, Louis était baptisé dix jours après sa naissance. Mais sa
famille n’était pas une famille édifiante puisque son père était de la race de ceux qui vous
boivent de l’alcool comme de l’eau du robinet. Il en prenait chaque jour et était ivre du matin au
soir, du lundi au dimanche, du premier au trente-et-un du mois, de janvier à décembre, bref,
chaque jour de chaque année ! C’était un véritable phénomène alcoolique que l’on pouvait
étudier en addictologie. Il n’avait pas le temps de s’occuper de sa famille, il ne pouvait pas
avoir ce temps-là puisqu’il consacrait la moitié de ses journées à boire et l’autre moitié à vomir
son alcool. La mère de Louis quant à elle, buvait aussi de temps à autre une ou deux
calebasses de vin, surtout lorsqu’elle était anxieuse. Elle était la seule à penser à l’éducation
des enfants, faisait ce qu’elle pouvait pour permettre à tous, aussi bien aux filles qu’aux
garçons, d’avoir un minimum de vie équilibrée, c’est-à-dire l’instruction chrétienne, scolaire et
civique. Seulement, il n’est pas évident pour un enfant vivant sous le toit d’un père
irresponsable, d’être responsable. Les enfants copient souvent les habitudes de leurs parents.
Ne dit-on pas que tel père, tel fils et telle mère telle fille ? Tous les enfants de cette famillecommençaient donc à suivre le chemin tordu de leur père phénoménal.
A l’âge de dix ans en effet, Louis avait déjà un penchant assez prononcé pour l’alcool. Il
n’était pas encore un alcoolique mais un consommateur « normal » de l’alcool, un usager
simple, ordinaire, modéré. Il buvait plus par envie que par besoin et pouvait se passer de
l’alcool de temps à autre. Ses deux grandes sœurs quant à elles, avaient déjà déraillé, elles
étaient en dessous de la pente et elles continuaient à s’enfoncer dans l’alcool. Elles étaient
des consommatrices à risque puisque la consommation de l’alcool commençait à les exposer
à des risques très graves au niveau physique, psychique, social et professionnel. L’ainée de la
famille par contre était déjà un usager nocif, elle n’était pas encore une alcoolo-dépendante
comme son père, mais elle présentait déjà des signes des dommages physiques et psychiques
3liés à sa consommation . Elle a quand même pu se trouver un mari, lui aussi alcoolique, et
c’est là que l’adage « qui se ressemble s’assemble » a trouvé une illustration typique. Les
deux ont mené une vie végétative, sans une quelconque valeur morale. La femme buvait plus
que son mari et ce dernier était un homme sans projet d’avenir aucun. Ils ont pu avoir des
enfants, dans cet état… mais quels enfants ? Tous sont devenus alcooliques ! Tous les
neveux et toutes les nièces de Louis ont cultivé une addiction à l’alcool, une dépendance
inqualifiable comme leurs tantes et leurs oncles. Pour eux, l’alcool était un véritable aliment, un
fortifiant et un remède contre les maux des os. Ils buvaient comme par envoûtement poussés
non pas par une envie mais par un besoin urgent et vif de consommer de l’alcool.
Cette situation donne à réfléchir. Etait-ce une malédiction, un sort qu’un malin génie aurait
jeté à cette famille ? Je n’en suis pas si sûr. Il n’y a pas de malédiction. Je pense plutôt que les
mauvaises habitudes se cultivent et se transmettent très vite. Certains auteurs soutiennent le
fait que l’alcoolisme serait une maladie héréditaire qui se transmettrait à partir des gênes.
D’autres par contre, comme Allen Carr, pensent que l’alcoolisme n’est pas dû à une tare
physique, sinon il serait incurable ; pourtant certains alcooliques guérissent bien de leur
dépendance. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres auteurs dont je partage volontiers l’avis,
il ne s’agit pas d’une maladie héréditaire, mais plutôt du fait que l’alcool est une drogue
4créatrice de dépendance , il est capable d’asservir un être humain au point de le réduire au
niveau le plus ignoble qui soit, comme il l’a fait avec la famille de Louis. On devient alcoolique
plus par l’habitude de boire que par hérédité. En prenant l’habitude de consommer de l’alcool
de façon excessive, il arrive que certaines personnes passent de l’envie au besoin d’en
consommer. C’est à ce stade qu’elles deviennent dépendantes de l’alcool et boivent plus par
nécessité que par désir. Les frères de Louis ne sont pas nés avec une tare au niveau du
cerveau qui faisait d’eux des alcooliques, ils sont nés normaux comme tout le monde, mais ont
appris à boire et s’y sont accoutumés. On devient alcoolique par apprentissage, par l’habitude
de boire. On ne nait pas alcoolique, on le devient. En fait, un enfant qui naît dans une famille
des ivrognes coure le risque de devenir tôt ou tard un alcoolique comme ses frères ou ses
parents s’il ne prend pas très vite ses distances par rapport à ses aînés. Les deux auteurs
précédemment cités le disent autrement : Plus on s’initie précocement à la consommation
d’une substance, plus le risque d’abus ou de dépendance ultérieur est élevé. Cette règle est
applicable à toutes les substances, qu’il s’agisse d’alcool, de tabac, d’usage détourné de
médicaments, ou de substances illicites. Les personnes qui ont vécu leur première ivresse à
un âge jeune seraient plus susceptibles de devenir dépendantes ou d’expérimenter des
drogues illicites ultérieurement. En effet, des comportements qui apparaissent et se répètent
pendant l’enfance ou l’adolescence auront davantage tendance à se généraliser et à se
constituer en habitude. Ils seront plus difficiles à modifier à la fois parce qu’avec le temps ils
s’enracinent de plus en plus, et parce qu’ils se sont constitués sur un système physiologique
5plus fragile .
Dans le village de Louis, on voyait en cela une malédiction, alors que c’était plutôt une
irresponsabilité. On entendait souvent dire que tous les membres de la famille de Louis, des
parents aux enfants, étaient alcooliques parce qu’un sorcier les aurait tous ensorcelés ouempoisonnés ou parce qu’ils seraient tous maudits. C’est souvent le cas en Afrique : certains
Africains veulent donner une réponse religieuse à une question qui est scientifique, ils font la
confusion entre le psychique et le spirituel. Quand un père ne joue plus son rôle de chef de
famille, tout se dérègle et les enfants font ce qu’ils veulent. Un père qui reste un éternel
adolescent n’apprendra jamais à ses enfants à devenir des adultes. Et cela n’est pas
seulement propre à l’Afrique. Privé de repères, écrit Joël PRALONG, un prêtre européen,
l’enfant éprouve de la difficulté à accéder au monde du réel et donc de la différence. Il reste
6cloisonné dans un monde à lui, formé d’imaginaire, de virtuel,…
Les parents sont des phares pour leurs enfants, ce sont eux qui leur montrent la route ou,
du moins, éclairent leur route. Si un phare cesse d’éclairer, la voiture roule dans l’obscurité et
on avance à tâtons avec des risques de se perdre. Ainsi, lorsque le père de la famille de Louis
s’alcoolisait régulièrement et autorisait à ses enfants à en faire autant, rien d’étonnant que plus
tard ils deviennent tous dépendants. Les personnes dépendantes sont souvent issues des
familles dans lesquelles l’alcool est très autorisé et promu à chaque repas. Cela n’est pas
toujours la règle partout, mais il ressort de manière générale que plus les parents consomment
de l’alcool de façon excessive, plus les enfants les imitent tôt ou tard. De toute évidence, et
comme le souligne le Docteur Philippe BATEL, l’alcool ne rentre pas dans la vie des
personnes par hasard. Leurs toutes premières alcoolisations dans l’enfance sont rarement de
leur initiative mais plutôt des contacts initiatiques plus ou moins ritualisés par un adulte (…) La
majorité des enfants « goutent » un peu d’alcool sous la responsabilité et l’initiation d’un
adulte ; un canard (quelques gouttes de liqueur sur un sucre), un verre de vin dilué, un fond de
7coupe de champagne .
Dans la famille de Louis, il y avait tout de même un cas surprenant, une seule fille vivant
sous le même toit que les autres, mais qui n’a jamais développé une quelconque dépendance.
Certaines personnes sont plus fragiles que d’autres et plus sensibles en matière d’addiction.
Cette fille s’appelait Florida, une des petites sœurs de Louis ; elle n’a jamais gouté à l’alcool
alors qu’elle a grandi dans cette même famille entourée des alcooliques pathétiques et
chroniques. C’est l’une des preuves qu’ils ne naissaient pas alcooliques mais le devenaient.
Certaines personnes expliquaient ce cas par deux possibilités : soit tous les frères et sœurs de
Florida souffraient d’un problème biologique au niveau du cerveau qui les poussait à boire
sans modération, ou soit, ils étaient tous maudits et naissaient déjà avec l’alcool dans les
veines. Pour eux, Florida finirait aussi par devenir alcoolique comme ses frères et ses sœurs.
En fait, les voisins ne comprenaient pas pourquoi tous les autres s’intéressaient beaucoup à
l’alcool alors qu’elle n’en avait pas du tout envie. Peut-on expliquer en effet pourquoi certaines
personnes sont susceptibles de devenir dépendantes et d’autres pas ? Florida a grandi avec
dix frères et sœurs consommateurs d’alcool, mais elle-même n’a jamais voulu en prendre, à
aucun moment elle n’a approché le vin de sa bouche. Elle refusait d’en prendre parce qu’elle
était convaincue que l’alcool était la plaie de sa famille, une gangrène qui pourrissait la vie de
toute une génération. Les voisins de sa famille disaient qu’elle était l’exception qui confirmait la
règle selon laquelle tous les membres de cette famille étaient maudits. D’autres n’y croyaient
pas, ils disaient qu’elle finirait par boire comme tous les autres. Pourtant, elle n’a jamais gouté
à l’alcool de toute sa vie.
Florida est en effet un cas exceptionnel qui montre qu’il existe parfois des personnes qui
manifestent une aversion pour l’alcool puisqu’elles en ont souffert dans leurs familles, elles
décident de s’en abstenir toute leur vie pour ne pas répéter les mêmes erreurs que leurs
parents. Certains psychologues voient en cela des blessures d’enfance ou une incapacité à
prouver sa tempérance. Mais le cas de la famille de Louis nous pousse à affirmer d’abord qu’il
est possible de faire le choix de vivre sans consommer de l’alcool. Devenir alcoolique, c’est
avant tout une question de choix. On choisit de prendre une première bouteille qui en appelle
des milliers d’autres et en fin des comptes on devient dépendant : tout commence par le choix
de la première bouteille. Ensuite, ce cas montre qu’il existe une corrélation entre lecomportement des parents et celui des enfants. Une consommation modérée des parents
8aiderait les enfants à éviter des dérapages ou des excès . Enfin, le milieu dans lequel les
enfants grandissent joue un rôle important dans leur éducation. Les enfants sont comme
modelés par les habitudes du milieu dans lequel ils vivent. Un enfant qui a grandi dans un
quartier populaire n’aura pas la noblesse et le tempérament de celui qui a grandi dans un
quartier résidentiel. Dans le village de Louis, presque tous les jeunes s’alcoolisaient en suivant
l’exemple des adultes. C’est ainsi que de génération en génération, l’alcool faisait des
ravages. Il n’y a donc rien de sorcier, ni d’héréditaire, c’est purement et simplement une
question d’addiction.
Un jour, le père de Louis a confié à ses enfants qu’il ne pouvait pas s’arrêter de boire car,
pour lui, c’était un sort que l’on avait jeté à toute sa famille. Depuis ses grands-parents jusqu’à
ses fils, tout le monde buvait. « Les choses ont toujours étaient ainsi depuis des générations,
et je ne vois pas comment elles pourraient changer avec vous », avait-il dit à ses enfants avant
de poursuivre : « Parce que, dès que je mets un enfant au monde, même avant d’atteindre
l’adolescence, il a déjà un penchant mauvais pour l’alcool. Je pense que nous naissons tous
avec et nous n’y pouvons rien. C’est notre sombre destin. C’est malheureux à dire mais c’est la
triste réalité de notre famille. J’ai remarqué que même Claude, notre petit dernier commence
déjà à boire des boissons traditionnelles. Et même, la nuit dernière, il était ivre et il a vomi dans
son lit. Je ne pouvais pas le lui reprocher parce que moi-même je me saoule chaque jour et je
n’arrive pas à contrôler cela. Mais c’est triste de voir un enfant de huit ans qui s’alcoolise ».
Voilà le discours d’un alcoolique chronique. Nous l’avons dit au départ, mais il importe de le
redire : le père de Louis était un phénomène avec une tendance prononcée au défaitisme.
Cette attitude défaitiste c’est ce que j’ai personnellement constaté en Afrique chez beaucoup
de personnes ayant une dépendance à l’alcool. Elles s’imaginent qu’être alcoolique est un
ensorcellement et qu’il n’est pas possible de s’en débarrasser. J’ai même vu des églises dans
lesquelles des pasteurs exorcisaient des personnes alcooliques pour chasser le démon de
l’alcool : « esprit d’alcoolisme, sors de cet homme, sors ! sors ! Au nom de Jésus ! ». Le pauvre
Jésus ! Il en a vu de toutes les couleurs ! Ce qui est curieux, c’est que cet esprit ne sortait
jamais car, juste après ces interminables séances d’exorcisme, les pauvres « possédés »
allaient se désaltérer avec une bouteille de Lotoko, juste une, histoire de se rafraichir !
Notre petit Louis a, tant bien que mal, réussi à monter un à un les échelons de l’échelle
sociale de son village jusqu’à décrocher son diplôme de Baccalauréat en pédagogie générale.
Une bonne carrière d’enseignant s’ouvrait donc devant lui. Le seul problème qu’il avait, c’est
qu’il trainait derrière lui les habitudes de son village et les défauts de sa famille. Son plaisir le
plus grand se trouvait dans l’alcool, c’est là qu’il s’épanouissait. Il était en train de suivre
exactement le chemin de son père. A 21 ans, il était un garçon intelligent mais qui n’arrivait
pas à réaliser tous ses projets parce que la moitié de ses revenus étaient destinés à faire la
fête avec les autres jeunes du village. C’est dans ce contexte que Louis a grandi, il est né avec
des traits d’innocence mais a grandi dans un milieu qui l’a façonné en lui inculquant des
caractéristiques précises des habitants de son village. Il n’était pas né alcoolique, mais au fur
et à mesure qu’il grandissait, il le devenait en copiant les habitudes de ses ainés, en
s’alcoolisant régulièrement. Les habitudes se transmettent très vite, mais surtout les
mauvaises. Louis n’était encore qu’un consommateur simple d’alcool, sans symptôme de
dépendance.
Après ses études, il comprit qu’il n’irait jamais loin dans la vie s’il continuait à fréquenter des
jeunes désœuvrés et alcooliques. Ces jeunes ne l’aidaient pas à avancer et à se réaliser. Il
fallait qu’il prenne conscience de ce fait et qu’il rectifie son tir avant de se retrouver, comme
ses tantes et ses oncles, embourbé dans la boue. Fréquenter des alcooliques peut s’avérer
périlleux pour quelqu’un qui est animé par de bonnes intentions. En fait, le groupe joue un rôle
très important, il remplace parfois le soutien des parents et peut devenir le point de repère
privilégié. Fréquenter un groupe avec ses règles particulières pousse l’individu à adopter uncomportement conforme à la norme de ce groupe pour y être intégré. Ce dernier devient le lieu
d’apprentissage, de façonnement de la consommation, et donc parfois des excès. Les copains
se font complices : les concours et les paris sont lancés et suscitent l’apprentissage de la
9consommation et l’utilisation de l’alcool pour montrer sa force et sa puissance. Louis a donc
compris qu’il valait mieux pour...