Bouquet de fleurs

De
Publié par

Faire de sa petite robe à fleurs un souvenir très particulier, se perdre dans un labyrinthe d'ocres tentures, utiliser au mieux un visiophone, passer un été bien plaisant sans sortir de chez soi, attendre l'aventure au bord d'une autoroute, ou bien en vivre une imprévue en plein ciel, recruter le meilleur agent intérimaire ou inventer sa propre vision de la fidélité : de jolies héroïnes aux noms fruités et fleuris vont vous guider !
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 54
EAN13 : 9782748109924
Nombre de pages : 93
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Avertissement de l’éditeur
manuscrit.com - maison d’édition francophone - a
pour vocation de réunir les conditions idéales pour
que tous les manuscrits trouvent leur public.
Pour ce faire, manuscrit.com s’est doté du plus grand
réseaudelecteursprofessionnels: composédelibraires
et de critiques, il est entièrement voué à la découverte
et à la promotion d’auteurs de talents, afin de favoriser
l’édition de leurs textes.
Dans le même temps, manuscrit.com propose - pour
accélérer la promotion des oeuvres - une diffusion
immédiate des manuscrits sous forme de fichiers
électroniques et de livres imprimés. C’est cette édition
quelelecteuraentrelesmains. Lesimperfectionsqu’il
y décèlera peut-être sont indissociables de la primeur
d’une telle découverte.
manuscrit.com
5 bis rue de l’asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comBouquet de fleurs© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0993-7 (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0992-9(pourle livre imprimé)Claudine Rose
Bouquet de fleurs
NOUVELLELAPETITEROBECapucineavaitunepetiterobequ’elleaimaitparti-
culièrement. Ellen’avaitriend’extraordinaire,pourtant,
mais elle lui allait bien. Noire à petites fleurs, ses fines
bretellesmettaientenvaleursesrondesépaulesdorées.
Capucine habitait à Cayenne, en Guyane, un des
raresdépartementsfrançaisoùlatempératurenedescen-
daitjamaisen-dessousdevingtdegrés. Celaconvenaitau-
tantautempéramentdeCapucinequ’àsonplaisirdepor-
tersarobeàn’importequelmomentdel’année.
Sapetiterobelasuivaitdanstoutessesactivités: elle
virevoltait au rythme du zouk, elle laissait sur son corps
son empreinte de bronzage, elle sentait le tiponch aussi
souvent que des odeurs masculines diverses. Jamais les
mêmes. De délicieux effluves de tabac, de sueur et de
sperme. Capucinefinissaitparsavoirles dissocier. Cha-
cun de ces parfums appartenait à un registre particulier.
Lespermeenparticulieravait,enplusdecesublimegoût
d’eaudemer,uneodeurspécifiqueàchacun. Elleaimait
autantlescréolesoulesbrésiliensquelesmétropolitains,
les jeuneshommesdedix-septansqueceuxdequarante,
et se créait ainsi un large répertoire dans sa bibliothèque
olfactive et gustative.
Cematin-làelleétaitenrouteverslaplage,avecun
homme.
Elleavaitdansélaveilleavecuncréoledecettebelle
couleurnoirbrillantqu’elleaimaittant,au106,uneboîte
deCayenne. Elleavaitfeintnepassavoirdanserafinqu’il
luimontrelesmouvements,lesmainsposéessursesfesses
pour les faire onduler. Elle dansait si mal que la pres-
sion des mains se faisait de plus en plus ferme et qu’elles
l’enserraient commeunétau,descendantdeplusenplus
bas. Sarobeétaitd’uneétoffesifinequ’illuisemblaitque
ceslargesmainsétaientposéesdirectementsursapeau. Il
n’avait pas pu ne pas se rendre compte qu’elle ne portait
rien dessous. Il l’avait serrée très fort contre son bassin,
afin de l’entraîner dans son mouvement. Elle sentit très
8Claudine Rose
vitesonexcitation,etprétextasamaladressepoursefrot-
terplusencoreàcontre-courantcontrecettemerveilleuse
protubérance qui ne cessait d’enfler. Son désir à elle at-
teignit des sommets lorsqu’il posa ses lèvres sur son cou.
Ill’entraînadansunrecoindelaboîteetlaplaquacontre
lemur. Ilhaletaitfortetsesmainsglissaientsursescuisses
avec impatience. Ils dansaient toujours, mais elle avait
posé ses mains sur son membre le plus vivant et en res-
sentit un plaisir intense. Elle aimait tant les queues qu’il
luisuffisaitdelestoucherpourjouir. Luiavaitdécouvert
avecdélicecedontil sedoutaitsansoserycroire: ellene
portaitpasdeculottesouslapetiterobe. Ilintroduisitdes
doigtsexpertsdansl’endroitleplusmouillédeCapucine,
etmêmedansceluileplusétroit. Elleseretintpournepas
crier. Ils n’étaient pas seuls, tout de même. Ils dansaient
encore. Peut-êtrepersonnenedevinaitleursactivités.
Mais si. Cet homme là-bas, que Capucine aperçut
soudain,lesobservaitavecfièvre. Elleleregardaitbienen
face lorsqu’elle prit entre ses mains le phallus de l’autre
pourlecaresserpuisl’introduireenelle. Toutlerestese
passasansqueCapucinenequittadesyeuxl’autrehomme,
au fond de la salle, assis devant son rhum, et qui l’obser-
vait. Elle eut soudain l’envie irrésistible de sentir et de
goûter le rhum dans la bouche de cet autre homme. Elle
jouitàcemoment-là,enmêmetempsquesondanseurqui
faillits’écrouler. Ilavaitunebelleodeurdesueuretsasève
n’étaitpasmalnonplusmaisc’étaitlerhumlà-basqu’elle
désiraitmaintenant. Ellevitqu’ilfumait. Quelbonheur!
Elleadoraitl’odeurmêléedurhumetdutabac. Sonpar-
tenaire actuel s’accrochait tant à sa robe qu’elle craignit
qu’il ne la déchire. Elle le repoussa sans ménagement et
s’approcha de l’autre qui se leva, lui prit la main et l’en-
traîna dehors.
Il faisait presque jour. Il la poussa dans sa voiture
et,enprenantlevolant,dit: «allonsàlaplage». C’était
un"métro"(ainsiappelait-onlesblancsvenantdemétro-
pole). «Bien, pensaCapucine,changeonsunpeu».
9

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.