Brins d'éternité

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Thibaut n’a rien vécu jusqu’à frôler la mort. Alors que son corps est blotti dans un lit d’hôpital, son esprit va se retrouver sur un sentier en terre battue. Il y rencontrera hommes fatigués et rois déchus, vérités et mensonges, toujours accompagné d’une petite voix douce et sévère. Brins d’éternité est un conte initiatique au charme trouble et à l’intrigue habile. Longtemps institutrice, Christiane Ferrovechio a déjà publié deux romans Mara l’amère et Mnésis.
Publié le : mercredi 4 août 2010
Lecture(s) : 225
EAN13 : 9782304032703
Nombre de pages : 169
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Brins d’éternité Christiane Ferrovecchio
Brins d’éternité

Roman





Éditions Le Manuscrit
Paris
Du même auteur :



Mara, l’amère, Roman, 2008
Mnêsis, Témoignage, 2007
© Éditions Le Manuscrit, 2010
www.manuscrit.com
ISBN : 978-2-304-03270-3 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304032703 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03271-0 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304032710 (livre numérique) Christiane Ferrovecchio




PROLOGUE



Avec Mnêsis, vous avez retrouvé l’accent des
Pieds-noirs d’Algérie.

Mara, l’amère, vous a entraînés dans une
aventure où le bien et le mal se côtoyaient et
peut-être avez-vous été charmés par cette belle
histoire d’Amour.

Avec Brins d’éternité, vous allez voyager dans
des contrées que vous reconnaîtrez sans doute,
mais vous serez en compagnie de personnages
inimaginables...

Je ne vous en dis pas plus...

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Christiane Ferrovecchio




PREFACE





Une réflexion personnelle sur la brièveté de
la vie, la mort inéluctable et, entre ces deux
évidences, la vanité de toutes choses ainsi que
l’état d’urgence dans lequel se trouve notre
Planète m’a donné envie d’écrire cet ouvrage
que je dédie à tous mes Lecteurs.




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Christiane Ferrovecchio






LE SANG, C’EST LA VIE !


La sangsue

C’est mardi, la météo a annoncé :
l’anticyclone continue à se renforcer sur le
proche Atlantique, favorisant de plus larges
éclaircies sur la façade ouest. Les averses se
décaleront vers l’est. Plus au sud, en bordure
des hautes...

En plus c’est la Saint Thibaut, c’est aussi le
cent quatre-vingt-dixième jour de l’année.

Nous sommes en Juillet.

Malgré toutes ces bonnes nouvelles,
Thibaut, l’air renfrogné, la tignasse ébouriffée
comme la cime des arbres sous un vent
d’automne, avale son bol de café. Il a eu du mal
à sortir de son lit et c’est en traînant la savate
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Brins d’éternité
qu’il s’est rendu dans la cuisine de son petit
appartement.
– Ce radioréveil réveillerait un mort, dit-il
tout haut !

Puis, il se met à siffler en allant sous la
douche. Aujourd’hui, c’est sa fête ! La Saint-
Thibaut. Il a décidé de faire un don à
l’humanité. Il va donner son sang. Il s’habille
avec soin.

– C’est la moindre des choses, pense-t-il. Je
vais faire un don mais c’est un présent en
quelque sorte. Autant le faire avec bienséance !
Je suis bien conscient que le sang est une
denrée rare. Donc, c’est précieux ! La science
n’a encore rien inventé qui puisse le remplacer.
Le sang se crée et se renouvelle constamment
dans le laboratoire ultra perfectionné de notre
corps. C’est époustouflant de savoir que tous
nos organes s’attendent à lui, tant pour leur
nourriture et leur oxygène au quotidien que
pour leur protection et l’élimination de leurs
déchets. Je sais aussi qu’une personne au moins
bénéficiera de mon sang. Ce n’est pas non plus
un geste anodin, c’est un engagement !
L’engagement de servir mon prochain dans les
années qui suivent. Je construis ainsi une
passerelle entre la mort et la vie C’est
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Christiane Ferrovecchio
incontestablement un lien avec la vie. Il en est
de même pour n’importe quel don d’organes
d’ailleurs, mais pour l’instant je me contenterai
de donner uniquement mon sang. Je ne suis pas
encore prêt à aller plus loin. Tout cela demande
mûre réflexion. Je ne dis pas que je n’y
réfléchirai pas mais chaque chose en son temps.

Une fois dehors, Thibaut se dirige vers le
parking où est garée la camionnette qui doit
l’héberger le temps d’une pause caritative. Il
passe devant son bureau d’études d’architecte
DPLG.

– En fait, c’est bon d’habiter près de son
lieu de travail, pense-t-il. Pas besoin d’auto.
Comme j’ai une âme d’écologiste, ça me
convient parfaitement. Si seulement je pouvais
rencontrer l’âme sœur, je serais vraiment le plus
heureux des hommes. Bonne situation, bonne
santé, pas mal de ma personne, un ventre plat
bien musclé, un peu hâbleur c’est vrai mais qui
est sans défaut ? C’est pas faute d’avoir cherché
pourtant, mais ça ressemble drôlement à une
annonce matrimoniale, mon p’tit pote, se dit-il,
tout en éclatant de rire dans la rue. Dois-je en
arriver là pour rencontrer la femme de ma vie ?
dit-il doucement d’un ton dubitatif tout en
esquissant une moue de dépit. Non, ce n’est pas
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Brins d’éternité
possible, continue-t-il sur le même ton. Il y a
bien eu mes copines de fac mais ça n’a pas
donné grand chose. J’étais trop jeune et rien n’a
abouti. Maintenant que je suis arrivé à la force
de l’âge, il est temps de m’installer dans une
relation durable. Je vais y penser sérieusement.
Et puis, j’en ai marre d’être seul. Les copains, la
fête, la bringue même, c’est bien joli, mais ça ne
peut durer qu’un temps. Je vais penser tout
bonnement au mariage ! Avec une femme et
deux ou trois gosses, je serai à l’abri de la
solitude. Allez mon p’tit père, se dit-il, il faut te
jeter à l’eau !

Ce soliloque le conduit vers la camionnette
dans laquelle il entre après avoir heurté de sa
main la portière.

– Bonjour tout le monde, lance-t-il à la
cantonade. Quelle belle journée n’est-ce pas ?
dit-il. Un bol d’air pur vous ferait le plus grand
bien, mesdemoiselles, continue-t-il en
s’adressant au personnel soignant. En fait, l’air
de cette camionnette est confiné, se dit-il tout
bas. Je ne vais pas faire long feu ici ! Les
infirmières ne sont pas mal pourtant ! Surtout la
brune, elle me plairait bien ! Le donjuanisme de
Thibaut fait surface.
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Christiane Ferrovecchio
– Je ne vais pas me mettre à draguer
maintenant, alors que je viens juste de prendre
de bonnes résolutions, pense Thibaut.
Une voix aiguë le sort de ses pensées
bienveillantes.

– Quel est votre groupe sanguin lui
demande une infirmière ou une femme
médecin ? allez savoir ! Cette jeune femme ne
s’est même pas présentée. Pourtant elle lui
demande d’une façon abrupte son nom, son
prénom, son âge et son adresse c’est pour le
suivi de votre dossier ajoute-t-elle tout en
s’asseyant devant une petite table. Avec son
stylo à bille elle commence à remplir la fiche de
Thibaut.
– Je suis du groupe O Facteur rhésus positif
répond Thibaut. Puis avec un regard sous-
entendu, il ajoute d’un ton goguenard : je sais, je
sais, c’est le groupe des donneurs universels !
Mais la jeune femme feignant d’ignorer sa
réponse continue :
– Etes-vous en bonne santé ? Quels sont les
médicaments que vous prenez actuellement ?
Avez-vous encore vos Parents si non, de quoi
sont-ils morts ?
– Mais c’est un véritable interrogatoire ! Il
ne manque que les menottes ! On est dans une
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ambulance ou dans un poste de Police ici ?
demande Thibaut.
– On ne va pas vous torturer. Nous avons
besoin de tous ces renseignements pour
pouvoir utiliser au mieux votre don de sang, lui
répond la préposée en lui désignant une chaise
longue en Skaï rouge recouverte d’un long drap
en papier blanc.
Thibaut, s’allonge sur ce siège, à demi
rassuré.
– C’est vous la sangsue dont on parle dans
tout le quartier ?
– Non, je ne suis que son assistante. Je
m’appelle Dypha, c’est tout simplement un
diminutif de Delphine ! Attention, je vais vous
piquer ! Fermez votre main sur la petite balle
jaune et jouez avec elle en la pressant et en la
relâchant tout doucement, sans à-coup.

Elle vient d’enfoncer, dans la veine de
Thibaut, l’aiguille d’une seringue reliée à un
mécanisme qui semble brasser tout son sang.

– Il est rouge vermeil, c’est une très belle
couleur ! ça m’étonnerait qu’il soit refusé !
Maintenant, pensez à quelque chose d’agréable
et puis au bon déjeuner qui va suivre.
– Vous parlez de mon sang comme si c’était
un vin du meilleur cru !
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