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« Capitaine, activez le propulseur de secours. Nous manquons de puissance. Nous risquons de ne pas pouvoir nous extraire de l'atmosphère terrestre. Faites quelque chose, vite ! J'essaye, je ne fais que ça. Je ne sais pas d'où vient le problème. C'est la cata. Même en simulateur on a jamais été confronté à une telle avarie. Priez le bon Dieu pour qu'on s'en sorte, et ne lésinez surtout pas là dessus. La communication avec le centre de contrôle est rétablie Capitaine. Ok, branchez moi sur canal d'urgence. J'ai besoin de n'importe quelle idée, aussi farfelue soit-elle. Ici le contrôle terrestre. Suivez nos instructions à la lettre. Vous n'avez que très peu de temps devant vous... ».
C'est ainsi qu'a débuté la première mission spatiale habitée, dont l'objectif était d'atteindre l'étoile Alpha Centauri. Incluse dans le programme «Hawking »,nommé ainsi en référence au génie scientifique qu'est Stephen Hawking, celui-ci vise à coloniser certaines parties de l'espace afin d'assurer au mieux l'avenir de l'Homme. Les crises écologiques, énergétiques, démographiques... Cela fait beaucoup de choses pour ce petit astre qu'est la Terre. Aussi, c'est grâce à une collaboration internationale, regroupant une multitude d'organismes à buts non lucratifs que l'opération a pu voir le jour. Des organisations scientifiques indépendantes, des groupes environnementaux, mais aussi, des associations d'astronomes de tous horizons. La volonté de tous était de trouver une solution viable et réellement envisageable devant permettre à l'humanité de sauver sa peau au cas où un désastre d'envergure cataclysmique se produirait ici bas. Une idée qui a tout de suite trouvé son public et qui ne mit que peu de temps avant d'être discutée de façon sérieuse et censée.
Bien sûr, dans un premier temps, de nombreuses options furent toutes étudiées avec un soin particulier. Mais les impératifs techniques, budgétaires et surtout technologiques eurent vite fait d'en mettre une quantité non négligeable de côté. Et contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, envisager la colonisation d'une planète située à quatre années lumière de la Terre fait office « d'idée réaliste et réalisable » selon le comité d'experts chargé de la sélection finale. Le choix de la destination finale de la mission, Alpha Centauri, ne doit, lui non plus, rien au hasard. C'est suite à la réception de signaux radio, identifiés comme étant une tentative de communication de la part d'une intelligence extra-terrestre, que le choix de la planète d'accueil fut officialisé.
« Cafonctionne, la situation semble se stabiliser. On commence à retrouver un peu de punch au niveau du propulseur principal. L'allumage du propulseur tertiaire devrait nous sortir d'affaire. Mais d'où venait ce problème bon sang ? D'après nos capteurs il s'agirait d'une pièce défectueuse. Probablement un joint dont l'étanchéité laissait à désirer. Par chance, nous avons pu ajuster certains paramètres afin de palier à cet incident. Vous êtes sérieux ? Un joint défectueux ?! Nous avons risqué notre vie à seulement quelques dizaines de kilomètres de la Terre à cause d'un simple joint défecteux ?! Qu'est-ce que ça va être quand nous croiserons Pluton alors ?... »
La mission est prévue pour durer environ quatre-vingt ans. Quatre cents cinquante personnes ont pris place à bord duStellar Explorer, dont une majorité d'enfants et de jeunes adultes, l'objectif
Clément HOURSEAU / Univers Parallèle - Histoire diffusée sous licenceCreative Commons BY-NC-ND
étant clairement de mener à bon port la population la plus grande possible. D'autant plus que nombre de passagers de la première heure ne seront probablement plus là pour assister à ce débarquement historique. Ce sont alors les enfants et petits enfants de ces derniers qui auront la lourde tache de coloniser et peupler cette nouvelle Terre, dont le nom définitif n'a pas encore été décidé. Mais en attendant, tout reste encore à faire. Y compris la gestion des nombreux autres obstacles qui menacent de surgire sur la trajectoire duStellar Explorer. Parmi lesquels une énorme masse blanchâtre, apparemment animée, qui se rue à vitesse très élevée en direction du vaisseau. Elle est apparue totalement à l'improviste. L'équipage de bord n'a tout simplement pas eu le temps de la voir arriver. Seules plusieurs manœuvres d'urgences ont permit d'échapper à la vindicte de cette chose, qui par bonheur a décidé de pas engager le combat. Des dégâts mineurs sont pourtant à déplorer.
« Je veux un état des lieux immédiat, et que ça saute. Tout de suite Monsieur... Il semble que nous déplorions quelques avaries, en général assez minimes. La seule inconnue, que nos capteurs sont incapables d'analyser, réside dans la composition chimique de la substance visqueuse dont nous sommes désormais entouré. C'est à dire ? A priori il n'y a rien de grave. Elle n'apparaît pas comme corrosive ni comme dangereuse. Mais ce ne sont que des constatations, aucunement des faits scientifiques. D'accord. Suivez tout ceci de très près, et à la moindre suspicion alertez-moi sans perdre de temps. Bien Monsieur. »
Ce fut là l'une des plus périlleuses situations rencontrées au cours de ce fantastique voyage à travers la galaxie. Néanmoins, d'autres imprévus sont toujours possibles, comme c'est le cas après soixante sept années de voyage.
Alors que les explorateurs de l'espace vaquent à leurs occupations aujourd'hui devenues de véritables habitudes, une nouvelle situation d'urgence extrême est sur le point de se nouer. A maintenant treize« petites » années de leur destination finale, les colonisateurs se retrouvent une nouvelle fois face à l'inconnu le plus total. Après avoir survécu aux passage dans l'héliopause, qui demeurait jusqu'alors comme une énigme insoluble. Après avoir transpercé, non sans mal, la ceinture de Kuiper. Après avoir échappé à une nébuleuse dont l'existence n'avais alors jamais été envisagée, constituée de gaz dévastateurs et prénommée « nébuleuse de l'escalier»... voici que le Stellar Explorercapte, pour la première fois, des signaux d'origine indéterminée. Leur consistance est inconnue. Composé de grésillements, d'interférences, parfaitement différentiables du bruit de l'espace, il pourrait peut-être s'agir de communications extra-terrestres. Des communications identiques à celles perçues sur Terre par le passé, et à l'origine de la mission en cours de réalisation. Les ingénieurs de bord sont immédiatement mis à contribution pour tenter de détecter tant leur provenance que leur signification. Par un hasard extraordinaire, ils ne vont mettre que quelques jours, si l'on peut encore parler de jour lorsqu'on se trouve perdu aux confins de l'espace, pour les traduire. Il en ressort que ces signaux semblent être une sorte de message de bienvenue à l'égard de ces lointains visiteurs. Un message interprété par l'équipage comme étant «positif »et «de bonne augure » pour la suite du programme « Hawking ».
Suite à l'analyse de cette communication, divers points relais, disséminés à plusieurs emplacements dans l'espace sont détectés par les radars et les analystes. A partir de là, il sera vraisemblablement
Clément HOURSEAU / Univers Parallèle - Histoire diffusée sous licenceCreative Commons BY-NC-ND
possible d'apporter une réponse à cette civilisation extra-terrestre. La première forme de vie intelligente, et même forme de vie tout simplement, dont la découverte par l'Homme est désormais confirmée. Le plus exceptionnel dans tout ceci est que les instruments de triangulation spatiale par le vide indiquent que le point d'émission de ces « anomalies» n'est autre... qu'Alpha Centauri elle-même. Car un doute substantiel persistait à ce niveau là. Si il était évident que les signaux venaient de cette zone géographique, rien ne permettait d'affirmer qu'ils venaient d'une planète plus que d'une autre. Il s'agit là d'une occasion exceptionnelle de prendre contact avec les habitants d'un autre monde. D'autant plus que l'Homme cherche a atteindre cet idéal depuis plus de cent ans, sans, à ce jour, le moindre résultat tangible.
« Vous pensez que leur accueil sera amical lorsque nous poserons le pied sur leur planète ? Je n'en ai aucune idée. Mais rien que de penser à la découverte que nous venons de faire, je me dis que quoi qu'il arrive, nous avons enfin la preuve irréfutable que l'humanité vient de franchir un cap exceptionnel. Ca avait été envisagé comme étant possible, c'est aujourd'hui la réalité. Oui mais si il nous arrive quoi que ce soit, la Terre n'aura jamais la confirmation de l'existence de cette civilisation aliene. Rassurez-vous quartier maître. L'ensemble de nos données sont transmises directement à la Terre. Seulement, à terme il leur faudra environ quatre-vingt ans avant de les recevoir. Mais tôt ou tard, si notre civilisation ne s'auto-détruit pas entre temps, ils auront ces informations. »
Le voyage terminé, quatre-vingts ans après avoir débuté, leStellar Explorerpeut enfin se poser sur sa planète de destination, à quatre années lumière de son point de départ. Ayant résisté à toutes sortes d'éléments dont la nature imprévisible et incontrôlable les rendait encore plus dangereux, le vaisseau et son équipage abordent tranquillement et sans pression la fin de leur périple à travers les étoiles. Malheureusement pour eux tous, une turbulence, d'une intensité telle que rien ne peut lui résister, frappe l'engin de plein fouet, et ce dans une ambiance très particulière. En effet, les paroles de l'antique tube « Capitaine Abandonné » résonnent tout bonnement dans les entrailles du vaisseau en perdition. Le tout alors même que les communications avec les extra-terrestres se poursuivent tant bien que mal. Les grésillements et interférences de leurs messages continuent de se ruer droit sur les équipements de communication de la navette.
Et alors que la situation semblait s'améliorer quelque peu, voici qu'une certaine avarie fait de nouveau parler d'elle. Concernant un simple joint, elle entraîne une perte totale de la puissance des réacteurs, causant la chute inéluctable et la perte totale duStellar Explorer...
« Fais attention, tu vas tout me casser. E.T téléphone maison... Arrêtes de m'embêter, ou je vais le dire à maman. Les enfants arrêtez de vous chamailler ! Mélina, n'embêtes pas ton frère. Et toi Thiago, vas me ranger ces légos. Il est l'heure de passer à table. Mais maman... je viens juste d'arriver sur la planète d'E.T. et Mélina a tout cassé ma fusée. Elle a survécu aux léchouilles de Maurice, aux escaliers, et elle a même capté les grésillements du téléphone portable de papa. Ramasses-moi toutes ces pièces, et vient à table. Tout de suite ! Pffff... un jour j'irais dans l'espace... et je trouverais la planète d'E.T. »
Clément HOURSEAU / Univers Parallèle - Histoire diffusée sous licenceCreative Commons BY-NC-ND
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