Cahiers numéro 18

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Giraudoux dans les lumières de 89 avec deux versions inédites du Régicide
Publié le : jeudi 9 novembre 1989
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246787785
Nombre de pages : 246
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I
JEAN GIRAUDOUX
Le Régicide
première et deuxième versions
inédites
Textes établis, présentés et annotés
par
GUY TEISSIER
« La mort est si ancienne qu'on lui parle latin. »
Ce travail est dédié à la mémoire de
HENRI SAUGUET
président des Amis de Jean Giraudoux
Présentation
En décembre 1904 Giraudoux – qui venait d'avoir vingt-deux ans – publiait dans un petit journal d'étudiants marseillais son premier essai littéraire : « Le dernier rêve d'Edmond About »...
En janvier 1906, dans le numéro 71 d'Athéna, signant du pseudonyme « Jean-Emmanuel Manière » qu'il utilisa par la suite encore, il regroupait sous le titre « Trois fragments » de très courts textes. Et avec cette même signature, l'Ermitage publiait quelques mois plus tard (le 15 décembre 1906) une nouvelle intitulée : « De ma fenêtre », que dans Provinciales, recueil paru en 1909 chez B. Grasset, Giraudoux fera figurer précisément comme texte initial d'ouverture
1.
Ainsi, entre deux voyages en Allemagne (du 5 août au 17 septembre 1906, pour une « formidable randonnée » de grand tourisme; du 24 mars au 16 avril 1907, en séjour studieux à Berlin), l'étudiant Giraudoux – ayant obtenu sans éclat son diplôme d'études supérieures en juin 1906 – préparait l'agrégation d'allemand et faisait son stage au lycée Janson-de-Sailly – sans grande conviction : tout en commençant à penser à la carrière diplomatique, il amorçait, modestement, son activité d'écrivain...
Du récit publié dans l'Ermitage, Giraudoux soigneusement conserva les brouillons et les versions successives : à travers ces témoins se révèle une genèse inattendue et plutôt surprenante.
« De ma fenêtre », dans sa rédaction définitive (celle de l'Ermitage aussi bien que celle de Provinciales), détaille avec minutie les états d'âme douillets d'un jeune garçon malade, et décrit sur le mode impressionniste, à travers ce qu'il voit de sa chambre, un menu drame de la vie provinciale que l'on devine, lointain, à peine esquissé. Or, les premières ébauches dévoilent que tout autre était le projet, plus dramatique et surtout plus ambitieux, profondément lié à une réflexion sur l'Histoire (en particulier celle des années troublées de la Révolution française) et la Politique : il fut abandonné au bout de la seconde rédaction, sans laisser de trace dans le texte final; rien d'autre que deux brouillons sauvés du feu ou de la corbeille à papier...
Le dossier manuscrit des avant-textes est constitué par quatre versions.
Les deux premières présentent le même titre : « Le Régicide ». Les deux suivantes s'intitulent « Le Père Voie ». L'étrange « Régicide » a été remplacé par ce personnage, plus épisodique, de vieux villageois qui restera dans la version définitive – même si elle ne porte plus en titre son nom.
Les troisième et quatrième versions proposent un schéma narratif déjà très similaire à celui du texte définitif, et l'on constate assez peu de différences dans la rédaction.
En revanche, les deux premières versions – par leur sujet, par la forte caractérisation du personnage principal (le vieillard y éclipse l'enfant) et par l'ensemble du propos – apparaissent totalement différentes, au point que les coïncidences textuelles avec « De ma fenêtre » sont rares et limitées, tout spécialement dans la première rédaction ébauchée.
Après réflexion et étude, nous avons choisi de reproduire intégralement
2les deux premières versions, en dépit d'un certain nombre de passages identiques ou fortement similaires, au moins à première lecture : car la trame événementielle ne semble pas varier profondément d'une version d l'autre.
Pourtant une lecture plus attentive note à partir de nombreuses modifications sur des détails infimes un glissement significatif : par petites touches le portrait du Régicide s'altère, se déforme, et, parallèlement, le discours sur la Révolution, les considérations sur la mort du Roi, la République, changent de tonalité...
Note sur le manuscrit
La première version est constituée par trois feuillets doubles, de papier ligné à marge rouge, de format 11,30 cm x 17, 40 cm, rédigés recto et verso, sur les quatre faces.
La seconde version consiste en une série, au départ continue, de 25 feuillets, de papier blanc, au format 18 cm ×23 cm : certains feuillets ont été incorporés à la troisième version, avec les corrections requises (feuillets 2, 4 – haut de page, 5, 17 – haut de page, 19, 20, 21).
La rédaction à l'encre noire se trouve en général uniquement au recto ; seuls les feuillets 1, 2, 6 et 18 sont rédigés recto et verso.
1 Sur les débuts de Giraudoux en littérature, on se reportera aux éditions critiques dans Œuvres romanesques complètes,
t. I, à paraître en 1990 dans la Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard. Et plus spécialement aux Notices établies par G. Teissier pour « Premier rêve signé » et par C. Weil pour Provinciales et « Premiers écrits ».
2 Nous avons seulement procédé dans la seconde version à une longue coupure. Voir la justification p. 51.
Annotations
Pour ces deux versions successives qui présentent donc à la fois de nombreux éléments communs et des différences significatives, nous avons adopté un système modulé d'annotations.
– En bas de page
1. signalés par l'appel °
les passages, mis entre crochets, qui présentent une totale conformité ou une très grande similitude avec le texte définitif de Provinciales. Sauf l'exception, unique, du « Petit Duc », p. 47 : il s'agit de renvois à la première nouvelle du recueil « De ma fenêtre », notée par le sigle DMF. Nous donnons d'abord la référence de la Bibliothèque de la Pléiade (Œuvres romanesques I), puis celle de l'édition courante Grasset.
2. signalées par un appel de lettre en italique
quelques descriptions des manuscrits qui présentent un intérêt.
Pour faciliter la lecture, la transcription des textes a en effet gommé toutes les aspérités dans la rédaction de ces pages qui ne sont que des brouillons. Nous avons cependant, dans le texte même,
indiqué la présence de « blanc », parfois sur plusieurs lignes : ainsi s'expliquent de brusques ruptures dans la continuité du récit (cette technique se retrouve dans les manuscrits ultérieurs de Giraudoux) : des épisodes – ou des remarques – se succèdent, parfois sans liaison logique, surtout dans la première version qui n'est qu'une ébauche.
– A la fin de chaque version
3. signalées par des chiffres arabes
quelques notes pour expliquer la genèse du texte, en éclairer le sens, à l'exception cependant de toute mention en rapport, direct ou indirect, avec la Révolution française et le régicide.
– Après les deux versions
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