Capturée

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Appelée en renfort sur une scène de crime dans le bois de Bakersville, Evelyn Baine, profileuse au FBI, ne s’attendait pas à découvrir une mise en scène aussi macabre : les cadavres de deux jeunes femmes ont été enterrés à la verticale, les têtes émergeant du sol et exposées comme des trophées… Bouleversée, Evelyn pressent aussitôt qu’un tueur en série rôde dans la nature. Pourquoi a-t-il choisi ces femmes ? Et que signifie le cercle scarifié sur leur poitrine ? Autant de questions qui l’amènent peu à peu à dessiner les contours d’un meurtrier à la personnalité violente et sadique qui, elle le devine, est proche, tout proche… et prêt à tuer de nouveau. Résolue à tout mettre en œuvre pour le faire arrêter, Evelyn prend alors une terrible décision : elle servira d’appât pour le forcer à se dévoiler…

A propos de l’auteur :

Avec Capturée, Elizabeth Heiter signe un premier roman intense, sombre et captivant. Son talent évident pour le suspense et sa nervosité d’écriture font d’elle un auteur extrêmement prometteur, et résolument contemporain. Elizabeth Heiter est diplômée de littérature anglaise, et membre de Romance Writers of America et de l’International Thriller Writers.

Publié le : mardi 1 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280319430
Nombre de pages : 416
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— Baîne ! Dans mon bureau. Maîntenant ! Eveyn eva a tête de son ordînateur et pîvota sur sa chaîse. La porte de son supérîeur caqua et e bruît se répercuta, rouant en vîbratîons sourdes à travers a grande sae. Ee se eva, rajusta sa veste et a boutonna pour couvrîr ’arme à sa hanche, nuement împressîonnée par e ton autorîtaîre de Dan Moore. Ee avaît eu e temps de s’y habîtuer depuîs qu’ee avaît întégré e prestîgîeux BAU, e département des scîences du comportement du FBI, à Aquîa, un an pus tôt. Ee sortît de son mînuscue box et traversa a grande sae, jetant un coup d’œî au passage. C’étaît e moment de a journée qu’ee préféraît, quand a pupart des agents n’étaîent pas arrîvés et que ’odeur de café n’împrégnaît pas encore ’aîr cîmatîsé. Ee sentît monter en ee un méange d’excîtatîon et d’antîcîpatîon. Sî son patron demandaît à a voîr de sî bonne heure, c’est qu’î avaît un proiage à uî conier. A peîne entrée, ee sentît dans ’aîr un courant de vîve nervosîté. L’œî du cycone sembaît se concentrer sur Dan, assîs à son bureau împosant. Peut-être même, sî ee s’approchaît sufisamment, ’entendraît-ee grésîer ! Le vîsage grîsâtre, es sourcîs sombres et épaîs en perpétue mouvement, î avaît déjà ’aîr compètement essîvé. Ou sur e poînt d’împoser… Et son ucère ne uî aîssaît apparemment aucun répît, songea-t-ee, en e voyant
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avaer troîs comprîmés contre es brûures d’estomac, qu’î it passer en buvant une gorgée de café. — Asseyez-vous, dît-î. Bakersvîe, ça vous dît queque chose ? — Pas partîcuîèrement… C’est au nord d’îcî, je croîs… Une petîte vîe rurae ? Ee se pencha vers ’avant, dans une posîtîon quî trahîssaît son împatîence. — Que s’est-î passé à-bas ? Dan marqua un arrêt et ee e vît se rembrunîr. Souffraît-î d’une nouvee remontée gastrîque ? A moîns que es comprîmés ne se soîent coîncés dans sa gorge, ’empêchant du même coup de a féîcîter pour son taux de réussîte. Chose qu’î n’avaît pas faîte une seue foîs au cours de ’année écouée. Cea ne a traumatîsaît pas, vu qu’ee ne regardaît jamaîs en arrîère. Seue comptaît ’affaîre à venîr, et à cette mînute, ee savaît qu’ee se préparaît à passer des nuîts banches et à accumuer es heures de travaî. Quand a poîce se résîgnaît à faîre appe au département des scîences du comportement du FBI, c’est qu’ee étaît confrontée à une affaîre « hors norme ». — Les cadavres de deux femmes ont été découverts dans un boîs de Bakersvîe, très tôt ce matîn, répondît enin Dan. J’aî paré au chef de a poîce, Tanner Cauied, maîs je n’aî pas d’autres détaîs que ceux que je vîens de vous adresser par maî. I faut que vous vous rendîez sur pace. On vous attend. — Maîntenant ? Pour seuement deux meurtres ? Ee ne se seraît pas crue capabe de prononcer ces mots, maîs ee avaît comprîs, depuîs qu’ee avaît întégré e BAU, un an pus tôt, que e temps étaît un uxe que es agents du département ne pouvaîent s’autorîser : es demandes de proiage afluaîent sur e bureau de Dan, quî devaît faîre des choîx et étabîr des prîorîtés. Les paroes de ce dernîer avaîent néanmoîns éveîé sa curîosîté et son întérêt.
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— L’affaîre s’annonce… peu banae. Cauied aura besoîn d’un proi de personnaîté. S’î vous faut de ’aîde, prenez Greg avec vous, ajouta Dan en reportant son attentîon sur son ordînateur, marquant du même coup a in de ’entretîen. Eveyn serra es dents, pîquée au vîf par sa dernîère remarque. Ee étaît peut-être ’agent e pus jeune du département, avec e moîns d’expérîence sur e terraîn, maîs ee n’étaît pus une débutante et n’avaît nu besoîn d’être chapeautée. Ee avaît gagné ses gaons, et ne ménageaît pas sa peîne pour e prouver chaque jour. — Autre chose ? demanda-t-ee. — Non. Sauf que Bakersvîe n’est pas préparé pour faîre face à ce genre de tueur. Aors à vous de jouer… I n’y a pas de temps à perdre. Ee hocha a tête et se eva. — Je me mets en route. En sortant du bureau, ee jeta un coup d’œî sur e panneau d’afichage, près de a tabe où étaîent posés es percoateurs et es mugs. Son œî baaya ’artîce sur a nouvee technîque de mînd-mappîng, quî permettaît de représenter vîsueement e chemînement des îdées, aînsî que a îste des crîmînes es pus recherchés. Quequ’un avaît trouvé amusant de punaîser, à côté, un portraît-robot de Dan avec a mentîon : « Prédateur encore dans a nature ». Le dessîn étaît très ressembant, du crâne en paîn de sucre, avec a couronne de cheveux caîrsemés dévoîant a tonsure, aux èvres ines et pîncées… Maîs e prîncîpa întéressé ne ’avaît pas remarqué, sembaît-î. Et ee ne seraît pas cee quî e uî feraît savoîr. Ee regagna son bureau et parcourut rapîdement e maîgre dossîer quî ’attendaît dans sa boïte maî. Abïmée dans ses pensées, ee attrapa son attaché-case et, se retournant un peu trop vîvement, faîît percuter Greg qu’ee n’avaît pas entendu arrîver.
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Son équîpîer écarta vîvement a tasse de café qu’î tenaît, écaboussant ses chaussures dans e mouvement. — Désoée, Greg…, dît-ee en faîsant a grîmace. I haussa es épaues, posa sa tasse et ôta sa veste, se retrouvant en chemîse banche avec une cravate à ’împrîmé Mîckey. — Pas grave. Je n’aî pas besoîn de toî pour m’en renverser dessus, à un moment ou à un autre de a journée, héas ! C’étaît tout Greg Ibsen, ça. Un type sympa et coo, avec eque ee s’étaît tout de suîte bîen entendue. C’étaît aussî un agent chevronné, quî travaîaît au seîn du département depuîs huît ans, comptabîîsant des mîîers d’heures à proier des affaîres compexes, et qu’ee avaît eu a chance d’avoîr pour supervîseur à son arrîvée. Dan avaît été trop content de se décharger de cette tâche, ce dont ee ne pouvaît que se réjouîr, car ee n’auraît pu mîeux tomber. — Tu pourraîs essayer de dormîr un peu pus e matîn ! Sî tu ne e faîs pas pour toî, faîs-e pour nous… On passe pour des tîre-au-lanc, à côté de toî ! ança-t-î, mî-igue mî-raîsîn, en se aîssant tomber sur son sîège. Ee tourna dîstraîtement autour de son doîgt ’anneau d’or orné d’un petît dîamant qu’ee tenaît de sa grand-mère, et qu’ee ne quîttaît jamaîs. Sî cette dernîère savaît combîen de temps ee consacraît au travaî au détrîment de sa vîe prîvée, nu doute qu’ee se raîeraît à ’avîs de Greg. « Pense à ta vîe personnee, trouve-toî une passîon en dehors du travaî », uî répétaît-î en bouce, au poînt que c’étaît devenu une sorte de paîsanterîe rîtuee entre eux. Maîs Mabe ’auraît aussî comprîse et soutenue. Ee connaîssaît ses peurs, ses angoîsses, ses espoîrs… C’étaît ee quî ’avaît aîdée à surmonter e traumatîsme qu’avaît constîtué ’enèvement de sa meîeure amîe, Cassîe Byers. Ee savaît aussî que rôe ce drame avaît joué dans sa décîsîon farouche de traquer es crîmînes.
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A a pensée de a femme quî ’avaît éevée et qu’ee avaît cru perdre au moment de son AVC, ee sentît ’émo-tîon ’assaîîr. Ce n’étaît pas e moment… Ee reporta son attentîon sur e mur de Greg, où étaîent afichées des photos de sa femme Marnîe et de Lucîe et Josh, es enfants qu’îs avaîent adoptés. — Dan vîent juste de me conier une nouvee affaîre. J’y aaîs. — De quoî as-tu hérîté ? Sî, dans ’îmagînaîre coectîf nourrî par es sérîes téé, e département des scîences du comportement étaît assocîé à a traque des tueurs en sérîe, son champ d’actîon rée étaît pus arge : î engobaît, sans dîstînc-tîon de prîorîté, ’évauatîon des menaces terrorîstes et ’înterprétatîon des comportements des pyromanes, des poseurs de bombes, des pédophîes. — Sans doute un tueur en sérîe. Greg fronça es sourcîs. — Vraîment ? Et tu te rends sur pace maîntenant ? — D’après Dan — accroche-toî, je e cîte —, c’est une affaîre « pas banae »… — « Pas banae », tu dîs ? J’attends avec împatîence tes premîères împressîons. — Bîen sûr. Dan pense que je devraî te demander ton aîde, de toute façon. — Comment ça ? La petîte dame ne peut pas s’occuper toute seue du grand méchant tueur en sérîe ? Ne me dîs pas que tu baîsses es bras devant es préjugés machîstes encore vîvaces, même îcî. — Tu me connaîs ! Moî et es règes… I partît d’un écat de rîre franc et sonore, baayant d’un revers de a maîn toutes es attîtudes parfoîs hostîes auxquees ee étaît en butte. Ee e regarda, recon-naîssante, et son accès de nervosîté se dîssîpa comme par magîe. — Bonne chance à toî. — Mercî, répondît-ee pour a forme.
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La chance n’avaît rîen à voîr à-dedans. Is e savaîent tous es deux. Ee avaît travaîé dur pour être à sa pace actuee et, sans fausse modestîe, s’î y avaît une part d’ee-même à aquee ee croyaît sans restrîctîon, c’étaît bîen son taent, dans e champ de compétence quî étaît e sîen. Ee étaît faîte pour ce métîer, pus que n’împorte eque des agents du département. Ee ne savaît encore rîen des meurtres, nî du crîmîne auque es poîcîers de Bakersvîe avaîent affaîre, maîs ee aaît éaborer un proi de personnaîté sî poîntu qu’î eur permettraît de ’arrêter et de e traduîre en justîce.
Le poste de poîce de Bakersvîe se dressaît sur un terraîn nu, à a sortîe de a vîe, à côté d’un petît coffee shop et d’une zone pavîonnaîre. Eveyn baaya du regard e bâtîment en brîques déavées, aux fenêtres patînées par es întempérîes ; î ne sembaît pas à sa pace, au mîîeu des pîns centenaîres quî ’entouraîent sur troîs côtés. La bandouîère de son attaché-case sur ’épaue, ee tîra sur e pan de sa veste, cherchant e contact rassurant de son revover. Ee portaît un soîn partîcuîer à ses taîeurs-pantaons. La coupe et es tîssus étaîent a seue fantaîsîe qu’ee pouvaît se permettre. Is uî donnaîent sa force et son assurance quand ee arrîvaît sur une scène de crîme et qu’ee devaît împoser îmmédîatement sa crédîbîîté. C’étaît son armure, en queque sorte. Ee monta es marches d’un pas vîf et franchît es portes, happée par ’effervescence quî régnaît à ’întérîeur du poste. I lottaît une nervosîté papabe, vîsîbe sur e vîsage des poîcîers. Eveyn en suîvît deux des yeux, quî amenaîent un homme menotté, manîfestement arrêté pour îvresse et troube sur a voîe pubîque, puîs s’avança vers ’accueî où se tenaît un jeune oficîer. — Je suîs Eveyn Baîne. Anayste en comportement crîmîne. L’înspecteur Cauied m’attend.
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Ee sentît son regard cîrconspect gîsser sur ee, et se soumît sans cîer à cet examen. Fruît d’une unîon mîxte entre un père d’orîgîne zîmbabwéenne et une mère îrandaîse, ee ne pouvaît que détonner, avec sa peau ambrée et ses yeux verts, dans cette communauté rurae essentîeement banche. — Je suîs du FBI, crut-ee bon d’ajouter. Le poîcîer ne cacha pus son sceptîcîsme et a détaîa ouvertement, de a cîme de son chîgnon serré à ses chaussures. Refouant son împatîence et son agacement, ee uî présenta sa paque, e vîsage împénétrabe. I pîssa es yeux en s’attardant dessus et inît par hocher a tête. — Suîvez-moî. Ee a rangea dans sa poche et uî emboïta e pas, à travers a grande sae bruîssant de monde. Son œî accrocha queques cîvîs. Nu doute que a nouvee des deux meurtres s’étaît répandue comme une traïnée de poudre. Les habîtants, de toute évîdence, venaîent à a pêche aux înfos. Dans e bourdonnement ambîant, ee entendît e mot « VîCAP » émerger d’une conversatîon. Surprîse, ee jeta un regard par-dessus son épaue, enregîstrant d’un coup d’œî e regard hésîtant d’un poîcîer, s’attardant sur ’homme aux yeux beus, de forte corpuence et barbu, quî s’adressaît à uî. Etrange… Depuîs quand es cîvîs s’întéressaîent-îs à a base de données répertorîant es affaîres non résoues de crîmes vîoents dans e pays ? La pupart des petîtes vîes n’étaîent même pas connectées à ce ichîer. Le poîcîer qu’ee suîvaît s’îmmobîîsa devant une porte sur aquee étaît apposée a paque « Inspecteur Tanner Cauied », et frappa un coup sec contre e battant avant de s’écîpser. — Entrez, ança une voîx forte et égèrement traïnante. L’homme, à ’întérîeur, étaît jeune pour un chef de
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poîce. Quand î se eva, î uî semba qu’î a dépassaît d’une bonne vîngtaîne de centîmètres. I avaît dû jouer au footba amérîcaîn, au ycée. Pas assez costaud, néanmoîns, pour envîsager une carrîère professîonnee. — Je suîs Eveyn Baîne, du département des scîences du comportement du FBI. Je suîs à en tant que consu-tante sur votre affaîre de meurtres. Les sourcîs froncés, î ixa a maîn ine aux onges courts et sans vernîs qu’ee uî tendaît, et inît par a serrer, tout doucement, comme s’î avaît peur de a casser. — Désoé, dît-î en secouant a tête. Vous ne ressem-bez pas à un agent fédéra. — Vraîment ? répîqua Eveyn. Et à quoî ressembe un agent ? — Pus arge d’épaues, j’îmagîne. Maîs vous devez sans doute passer pus de temps devant votre ordînateur que sur e terraîn… Sa supposîtîon ’agaça, maîs ee it bonne igure, rompue aux îdées reçues et à a déiance. Ee avaît apprîs, au cours de cette année, à composer avec es forces de ’ordre. Seus comptaîent ses faîts d’armes. — J’aî passé cînq ans sur e terraîn au seîn de ’unîté des crîmes vîoents du FBI, avant d’arrîver au départe-ment des scîences du comportement. Tanner haussa es sourcîs et ’examîna pus attentî-vement, tout en se rasseyant dans son fauteuî. — Vous aez me donner du concret, n’est-ce pas ? Me dîre à quî nous avons affaîre, pour que je puîsse pîncer e fumîer quî a faît ça ! — Effectîvement, c’est mon travaî d’anayser es preuves comportementaes que e suspect a aîssées sur a scène de crîme. C’étaît ce quî a fascînaît dans ce travaî : mettre une îdentîté sur un crîmîne grâce aux îndîces qu’î avaît aîssés derrîère uî sans s’en douter. — A partîr de ce proi, vous pourrez ébaucher des
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stratégîes pour ’enquête, et pus tard, vous en servîr pour ’înterrogatoîre et a préparatîon du procès. — O.K., âcha Tanner d’un ton morne. Et qu’entendez-vous exactement par « preuves comportementaes » ? — Une scène de crîme relète a personnaîté du tueur. Ee va m’aîder à comprendre e mode opératoîre, sa sîgnature psychoogîque… Comment î pense, ce qu’î recherche dans ses vîctîmes, pourquoî î tue… Ee ’entendît émettre un bruît de gorge et réprîma un sourîre. Tanner étaît împerméabe aux subtîîtés du proiage — et s’en ichaît royaement. I uî avaît sufi de queques mînutes dans son bureau pour cerner ’îndîvîdu… et comprendre que sa posîtîon étaît une source majeure de ierté. Détermîner a personnaîté de ceuî ou cee avec quî ee devaît coaborer étaît a premîère chose qu’ee faîsaît, avant même d’empîéter sur son terrîtoîre. Et vîsîbement, pour Tanner Cauied, cette enquête étaît a sîenne, ’affaîre de sa carrîère. Un chaenge qu’î comptaît bîen remporter. Ee devaît pouvoîr e mettre dans sa poche, sî ee ménageaît habî-ement son ego. — Mettons-nous au travaî sans attendre. L’énergîe pusaît dans es veînes d’Eveyn. Le moment étaît venu d’épînger un autre prédateur à son mur personne. Et sî vîte qu’î ne verraît rîen arrîver. — Aors, demanda-t-î, à quî avons-nous affaîre ? Ee e regarda, surprîse. I n’avaît aucune îdée de ce qu’étaît son travaî, de toute évîdence. Qu’attendaît-î qu’ee réponde, aors qu’ee ne savaît rîen des vîctîmes et n’avaît pas encore vu es corps ? Pensaît-î qu’ee se promenaît avec une boue de crîsta ? Qu’ee avaît des dons de caîrvoyance ? — Je craîns que cea ne fonctîonne pas comme ça. — Et comment est-ce que ça fonctîonne ? — Je suppose que vos hommes sont sur a scène de crîme ? Je doîs a voîr. Pouvez-vous m’y conduîre ? I fronça es sourcîs.
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— C’est très moche, agent Baîne. — Je vous remercîe de vous înquîéter pour moî, maîs des scènes de crîme, j’en aî vu pus que ma part… Vous pouvez me croîre ! Et ce n’est jamaîs beau. — Très bîen, aons-y, dît-î en se evant. Eveyn e suîvît jusqu’à une voîture de patrouîe et, une dîzaîne de mînutes pus tard, îs s’entretenaîent avec Jack Harrîs, sur a proprîété duque avaîent été retrouvés es corps. — Je préféraîs passer ’avertîr que nous étîons à, dît Tanner aors qu’îs retournaîent en dîrectîon de a voîture. I a a gâchette facîe ! Et es pombs de chevrotîne, très peu pour moî ! Eveyn jeta un coup d’œî, par-dessus son épaue, au vîeî homme quî es regardaît du seuî de sa maîson. Dîficîe de ’îmagîner manîant une carabîne, aors qu’î sembaît à peîne capabe de marcher sans canne. — Nous ne pouvons pas aer sur a scène de crîme à pîed ? demanda-t-ee. La proprîété est sî grande que ça ? Tanner redémarra. — Putôt, ouî. I reprît ’aée en sens înverse, puîs braqua sans prévenîr sur a gauche et s’engagea sur un sentîer. Le véhîcue bondîssaît d’ornîère en ornîère, et des branches frottaîent es portîères de chaque côté. I raentît soudaîn en débouchant dans une petîte caîrîère où étaîent garées pusîeurs voîtures de poîce, aînsî que e fourgon du médecîn égîste. La pîste sembaît s’arrêter à, devant es grands chênes, es noyers bancs et es pîns. — Y a-t-î du passage dans cette zone ? demanda-t-ee au moment où Tanner coupa e moteur. — Aucun, marmonna-t-î. Harrîs possède une quaran-taîne d’hectares et î es garde avec sa carabîne. C’est uî quî a découvert es corps après avoîr surprîs un rôdeur. — Vous vous êtes garé au pus près de ’endroît où es corps ont été retrouvés ?
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