Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 11,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Cataonie

De
120 pages
« Monsieur, vous êtes un sot ! » ne manque pas de s’exclamer le meilleur ami de monsieur B... à l’énoncé de ses lubies : connaître en toute certitude le nombre de mots composant son dernier roman ou retrouver la chute d’une blague parue dans un numéro abîmé de Placid et Muzo. La sottise n’est pas le seul trait remarquable de ce curieux personnage. Sa fatuité est telle qu’il est prêt à toutes les extrémités pour s’attirer les faveurs des puissants de ce monde, notamment le magnat de la presse du Grand Shawinigan. Quant à son pouvoir de séduction, aucune femme sensée ne saurait y résister.
Irrévérence, manipulation des codes, univers décalé, on reconnaît bien dans Cataonie la griffe de François Blais. L’absurdité des situations dans lesquelles il plonge son personnage est proprement hilarante.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Patti Smith - Duetto

de nouvelles-lectures

Philippe Sollers

de le-magazine-des-livres

CATAONIE
Du même auteur :
Iphigénie en HauteVille,roman, L’instant même, 2006 (rééd. poche 2009). Nous autres ça compte pas,roman, L’instant même, 2007. Le Vengeur masqué contre les hommesperchaudes de la Lune, roman, Hurtubise HMH, 2008. Vie d’AnneSophie Bonenfant,roman, L’instant même, 2009. La nuit des mortsvivants,roman, L’instant même, 2011. Document 1,roman, L’instant même, 2012 (rééd. poche 2013). Prix littéraire de la Ville de Québec et du Salon international du livre de Québec. La classe de madame Valérie,roman, L’instant même, 2013. Sam,roman, L’instant même, 2014.
FRANÇOIS BLAIS
Cataonie nouvelles
Illustration de la couverture : Iris Boudreau Mise en page : CompoMagny enr. Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : Distribution du Nouveau Monde © Les éditions de L’instant même, 2015 L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015
ISBNPDF 9782895028710
L’instant même remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
Encore estil constant que, parmi les [Cappadociens proprement dits ou] Cappadociens parlant la même langue, les Anciens distinguaient expressément les Cataoniens comme formant une nation à part, une nation différente de la nation cappadocienne, et que, quand ils énuméraient les peuples de cette partie de l’Asie, ils faisaient suivre les Cappadociens des Cataoniens, et les Cataoniens immédiatement des peuples d’au delà de l’Euphrate, considérant apparemment comme une dépendance de la Cataonie la Mélitène ellemême, laquelle se trouve située entre la Cataonie et l’Euphrate sur les confins de la Commagène et forme aujourd’hui juste un dixième de la Cappadoce par suite de la dernière division de cette contrée en dix stratégies ou préfectures. Strabon,Géographie,Livre XII.
Combien ?
ertains romanciers se font un devoir d’inscrire à la fin queCles dates du début et de la fin de la rédaction. Par exemple :  de leur ouvrage, comme si cela pouvait intéresser qui  que ce soit, le lieu où ledit ouvrage fut composé, ainsi «SaintGeorgesdeChamplain, octobre 2012février 2013». Je ne sais pas pour vous, mais ce«février 2013»me laisse toujours perplexe. Pour«roegsedaSniteGinhaClamp» et«octobre 2012», pas de problème : on sait toujours où on se trouve quand on écrit, et on sait quand on commence. Mais à quel moment estil licite de clamer :«Voilà, mon ouvrage est fini»? Quand on tient son premier jet ? Quand, après quelques mois de réécriture, le manuscrit est prêt à être soumis à un comité de lecture ? Quand le travail éditorial est achevé ? N’en sachant rien, je me garde de faire publiquement état de mes progrès. Toutefois, en mon for intérieur, j’estime que le plus gros du travail est accompli quand je suis arrivé au bout du premier jet. C’est vers les premiers jours du printemps que je mis le point final auxTourments de Serge,mon dernier roman. Comme il arrive toujours dans ces caslà, j’étais dans un état second, comme au sortir d’un rêve, un peu mélancolique mais tout de même content d’en avoir fini, d’avoir enfin tiré ce monstre du
7
Cataonie
néant où il se trouvait encore trois ans plus tôt. Je savais qu’il me faudrait relire le manuscrit jusqu’à l’écœurement, polir mes phrases, débusquer les moindres erreurs, éliminer les redites, etc. Mais je verrais cela plus tard. Pour le moment, je sentais que je devais me changer les idées, aussi invitaije Firmin à aller boire un verre dans notre mastroquet favori. Après que nous fûmes convenus du rendezvous, je pris mon chapeau, mes gants et ma canne, et je sortis de chez moi pour la première fois depuis des semaines. Arrivé le premier au débit de boissons, je commandai une consommation et tuai le temps en feuilletant l’hebdo local. Firmin n’avait jamais été un garçon très ponctuel, aussi j’eus le temps de lire le canard en entier avant son arrivée, y compris les petites annonces. Là, parmi les habituels chats perdus, âmes esseulées, appartements à louer et offres de service en tous genres, se trouvait l’annonce qui allait causer ma perte. Le message était ainsi conçu :A. Houle, compteur de mots. Je compte les mots pour vous dans les principaux formats de fichiers électroniques. Tarif : 1 $ les 300 mots. Possibilité de prix forfaitaire pour textes de plus de 25 000 mots.Nonobstant son caractère farfelu, cette annonce me frappa, car elle me ramenait à mes préoccupations du moment. En effet, après avoir terminé mon manuscrit, j’avais consulté les statistiques fournies par mon logiciel de traitement de texte pour apprendre que mon roman comportait exactement 99 874 mots. Ainsi donc, je ratais la barre des 100 000 par seulement 126 mots. Trouvant cela un brin fâcheux, je m’étais dit que, du moment que l’Art n’en souffrait pas, il devait bien y avoir moyen de gonfler un peu mon texte. Ainsi, le reprenant du début, je l’avais saupoudré de quelques centaines de mots supplémentaires (il fallait tenir compte de l’inévitable dégraissage qui surviendrait pendant le processus éditorial), allongeant une description ici, ajoutant une incise là. À l’origine,
8