Ce qu'il reste quand on a tout oublié

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Imaginez-vous incapable de vous souvenir de votre identité, incapable de reconnaître les gens qui vous entourent, et même incapable de parler. Être étranger à lui-même est devenu la réalité de Camille. Il comprend tout ce qui se passe autour de lui mais ne peut pas s'exprimer. Du moins avec des mots. Il a aussi du mal à ressentir des émotions comme il en perçoit chez celle qui l'a accueilli dans sa maison. Dans leur maison a-t-elle dit. Pourtant il ne reconnaît rien ici. Qu'importe, elle est gentille et il lui est reconnaissant de l'avoir fait sortir de l'hôpital où tous ces gens lui faisaient peur et l'agressaient. Mais tous ceux qui ont fait partie de son passé ne veulent qu'une chose: essayer de le faire ressurgir. Faire en sorte que le Camille d'avant revienne. Et s'il ne le voulait pas? Et si ce qui comptait pour lui désormais était de vivre le moment présent puisqu'il ne se souvient pas du passé et ne conçoit pas l'avenir? C'est ce que comprennent Jeanne et Yamina, ces deux jeunes filles auxquelles il s'attache et qui lui font faire des progrès énormes. Pourtant, un tel désir peut-il être satisfait dans une société où la survie passe par la maîtrise de codes et de valeurs que Camille ne possède plus? Avec "Ce qu'il reste quand on a tout oublié", Michel Ponte réussit le pari magistral de nous faire entrer dans la peau de ce personnage attachant et profondément humain. Nous découvrons avec lui son passé, sa vie, ses goûts et partageons ses interrogations, parfois sans réponse. Un ouvrage empli d'émotion et de sincérité qui n'a de cesse de nous placer face à nos certitudes sur la vie pour nous montrer que la souffrance n'est pas toujours là où nous aurions pu le croire.
Publié le : vendredi 21 février 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342019643
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342019643
Nombre de pages : 100
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Nul Homme n’est une île, Roman, Persée, 2007 (épuisé) Bella ciao, Roman, Jets d’Encre, 2008 Le Risque Zéro n’existe pas, Nouvelles, Jets d’Encre, 2008 (épuisé) Ce qu’il reste quand on a tout oublié, Roman, Publibook, 2009 (épuisé) Barricades mystérieuses, Théâtre, Jets d’Encre, 2009 Un peu plus tard que d’habitude, Poèmes illustrés, Jets d’Encre, 2012 Vivre avec son temps, Nouvelles, Jets d’Encre, 2013
Michel Ponte CE QU’IL RESTE QUAND ON A TOUT OUBLIÉ
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0119357.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
On parle toujours de l’en-soi et du pour-soi, mais on ne parle jamais du chez-soi.
Gaston Bachelard : conversations radiophoniques
Pour Jacqueline que nous n’oublierons jamais.
1 JE VOUS AI DÉJÀ DITQUE JE NE SUPPORTAIS PASque vous me regardiez ainsi madame. Que puis-je faire de plus puisque vous ne pouvez pas m’entendre. Vous dites que les sons ne sortent pas de ma bouche. Pourtant moi, je m’entends. Je m’entends vous dire: «On a volé tout mon langage». Est-ce à cause de ce handicap que vous ne me comprenez pas ? Votre sourire est si charmant quand vous me regardez. Je vois vos lèvres qui remuent. Parfois j’entends des sons qui me parais-sent familiers. Je me dis alors que cette voix ne m’est pas inconnue. Vous-même dites que nous nous connaissons. Que nous avons été très proches. Mais pas plus. Ne croyez pas, madame, que je n’ai pas une idée de la raison qui vous fait taire. Je vois très bien ces hommes en blouses blanches qui vous expliquent ce qu’il faut faire. Et ne pas faire. Si je le sais madame, c’est que je vois leurs mouvements à travers la vitre dépolie derrière laquelle ils vous parlent. C’est les au-tres. Et quelques mots me restent de leur conversation. Et vous les écoutez avec une telle attention. Vous faites preuve de la même attention quand vous me parlez et que vous at-tendez une réponse, qui ne vient pas. Parce que je ne peux pas vous la donner cette réponse. Je ne la connais pas. Vous comprenez ?J’ai peur pour vous, madame. Ces hommes m’effrayaient. Ils m’ont tellement questionné. Comme les autres. Ma tête! Elle me fait mal quand ils m’interrogent. « Quel est votre nom ? Votre âge ? Que faites-vous ici ? Ré-pondez ! »Mais là c’est très flou dans mon esprit. Votre
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CE QU’IL RESTE QUAND ON A TOUT OUBLIÉ
douceur est d’un tel contraste avec ces moments que j’accepte de vous suivre quand les hommes en blouses blan-ches me le demandent. Pour rentrer, disent-ils. Je préfère partir vers un monde inconnu que de subir ces traitements. J’ai peur, vous comprenez ? Peur qu’ils recommencent. Que pleuvent les questions. Celles qui font mal comme les coups, les insultes, l’enfermement. Non, ça, je ne peux plus le sup-porter. J’ai peur pour vous, surtout quand vous me dites « Veux-tu rentrer à la maison avec moi ? » J’ai peur quand le gros homme vous prend par le bras et vous dit de faire at-tention à vos paroles. Qu’il ne faut pas aller trop vite. Qu’il faut éviter les émotions violentes. Alors je lui ai sauté dessus. Il a fallu me maîtriser, ont-ils dit. Comme s’ils voulaient s’excuser. Pas auprès de vous, ni même de moi. Auprès d’un de leurs chefs, je suppose. Un chef qui leur faisait peur. Car eux aussi connaissent la peur. Ils me font mal de nouveau. Et quand je vois la seringue, je crie. Je veux vous protéger de leur violence. Vous êtes très courageuse. Vous prenez ma défense contre ces hommes. Vous me dites, madame des choses étranges. Vous me dites de ne pas avoir peur. Que personne ne me fera de mal tant que vous êtes là. Vous êtes douce. J’en ai besoin. Vous me demandez si je veux vous suivre. Bien que je ne vous connaisse pas, je fais signe que oui avec la tête. Signe que j’accepte mon sort. Auprès de vous. Vous avez remporté une bataille. Vos yeux le disent. Tout votre corps l’exprime, par votre démarche, vos mou-vements de cou, la position de vos épaules.
Nous sommes arrivés en voiture à votre demeure. Le voyage fut court. Je regardais les paysages, surtout urbains, qui nous entouraient. Dans votre quartier il y a des villas. J’ai l’impression de les avoir déjà toutes vues tant elles se res-semblent. Ces maisons en meulières évoquent des souvenirs d’enfance. Mais lesquels? Quand nous sommes entrés chez
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