Cécile de France

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J'ai désiré faire revivre ces personnages oubliés de l'Histoire, et en particulier ceux liés à l'établissement du Royaume franc de Jérusalem. J'ai essayé de rappeler leurs passions, leurs souffrances et leurs joies. En arrière-fond, il y a la guerre endémique, suivie de réconciliations, d'alliances et de contre-alliances entre les Francs, les Arabes, les Turcs, les Byzantins et les Arméniens. Il y a aussi l'opposition, l'incompréhension des croisés fraîchement débarqués, qui ne comprennent pas l'entente (précaire) de leurs compatriotes établis depuis plusieurs années et leurs voisins musulmans ou chrétiens orthodoxes , plutôt que de les seconder, ils dénoncent leur "indolence", et par leur maladresse, remettent en question le fragile équilibre du royaume de Jérusalem.
Publié le : mardi 21 juin 2011
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EAN13 : 9782748125986
Nombre de pages : 421
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Cécile de France
Elyane Gorsira
Cécile de France Les Reines de Jérusalem et les Princesses de Terre-sainte
Roman
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-2599-1 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-2598-3 (pour le livre imprimé)
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TANCRÈDE DEHAUTEVILLE
e Au milieu du X siècle il y avait en Normandie près de Coutances, un seigneur bien connu pour son courage et son originalité, il se nommait Tancrède de Hauteville et avait passé sa jeunesse tumultueuse à voyager par delà les mers, héritier en cela de ses an-cêtres les Vikings. Lui qui se trouvait face à la mer océane avait porté ses yeux vers celles du Levant, la Méditerranée bien sûr mais aussi et surtout celles longeant les golfes se découpant aux dentelles des îles grecques ou latines, mers Tyrrhénienne, Adria-tique, Ionienne, Égée, mer de Candie et enfin celles ouvertes à toutes les aventures et aux quêtes fabu-leuses lHellespont,la Propontide, le Pont-EuxinLà, au soleil des îles et sur les traces des Argonautes se trouvaient des terres à aimer et à conquérir et quand tel Ulysse il revint en son village natal, il se maria deux fois et eût quinze enfants dont douze fils. Combien de fois lors des veillées hivernales alors que la mer battait les falaises et que le vent senga-geait par rafales sur les prés salés, les enfants ravis écoutaient les prouesses de leur père et de ses compa-gnons darmes, ses aventures outre-mer, ses pèleri-nages en Terre-sainte et lexploit inoubliable de leur compatriote Rainulphe. En 1016 en effet, Rainulphe était parti avec une quarantaine de pèlerins normands visiter le tombeau du Christ, cétait la coutume de-e puis le IV siècle de faire ce pèlerinage. Alors quil
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pérégrinait il rencontra des Sarrasins encerclant la ville de Salerne, en accord avec son petit groupe il les contraignit brutalement à lever le siège et arriva à les mettre en fuite. Quarante Normands contre toute une armée ! La prouesse avait soulevé lenthousiasme des foules et le duc de Naples émerveillé par cet ex-ploit, lui avait offert le duché dAmalfi. Au récit de ces merveilles les fils de Tancrède, ceux de sa première épouse, Guillaume surnommé plus tard, « Bras de fer », Drogon, Onfroi, Godefroy, 1 Serlon et ceux de la seconde, Robert que lon avait 2 appelé « le Guiscard », Mauger, Guillaume, Alve-rède, Humbert, Tancrède et Roger le benjamin le fu-tur et terrible Roger de Sicile, ne pensaient quà guer-royer dans ces pays du Levant, tant pour le Christ que pour eux-mêmes. Ils voulaient également goûter les saveurs des beaux fruits inconnus de leur contrée et aussi les faveurs des filles aux yeux de velours. Partir ! Quitter le château familial qui nétait que ruines et où ils végétaientla famille nétait guère riche et leur père revivant à travers eux ses exploits passés, les incitait à retrouver les lieux merveilleux de sa jeunesse, douze garçons, pour continuer ses rêves de conquêtes et les réaliser cette foisCe quils firent, au-delà de ses espérances les plus folles. Ses fils sen allèrent donc par delà les mers, conqué-rir des îles et des terres ruisselantes de beauté. Il eut un arrière-petit-fils enfin, qui porta le même prénom que lui Tancrède, il avait hérité de toutes les qualités de sa famille et de sa race, courage frisant la témérité, intelligence, générosité et beauté, sa mère Emma de Hauteville était la fille du Guiscard.
1. Les trois filles de Tancrède de Hauteville et de sa seconde épouse, étaient Fressende, mariée à Richard dAversa, Emma (dont la petite-fille, Sibylle de Conversano épouserait Robert Courteheuse duc de Normandie), et Fressendine. Voir lIndex des personnages et le tableau généalogique en fin de volume. 2. Guiscard signifie lavisé, le rusé.
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LA CROISADE DESNORMANDS DESICILE
Le jeune Tancrède avait tout juste vingt ans lorsquil entendit pour la première fois parler de lost de Notre Seigneur, cétait à Amalfi à la fin de lété 1096, la famille de Hauteville au grand complet était en train dassiéger la ville qui venait de se révolter, quand elle vit passer les premiers contingents de pèlerins francs partant embarquer pour Constantinople. Bohémond se distinguait de très loin par sa haute taille, lélégance de son allure, la largeur de ses épaules et lincroyable blondeur de ses cheveux ; son regard était décidé et volontaire, dun coup dil il analysait une situation et avait la faculté de pouvoir presque instantanément la résoudre. Il ne portait pas ses quarante ans loin de là et son charisme allié à son dynamisme le faisait vénérer de ses guerriers, voyant une telle multitude dans le petit port de la ville re-belle, il abandonna un instant le siège pour se ren-seigner auprès de son neveu : « Oh Tancrède, descends de ta tour, demande à ton frère den prendre la direction et va donc voir un peu ce qui se passe là-bas ! » Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois, ce siège lagaçait il avait limpression dy perdre son temps, il abandonna donc la place, après avoir donné ses instructions à Guillaume de deux ans son cadet
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et se perdit bientôt dans la foule des pèlerins qui en-vahissait les quais. Il était aussi séduisant que Bo-hémond, cette caractéristique en fait appartenait à tous les membres de la famille de Hauteville, tant les hommes que les femmes étaient réputés pour leur beauté, la blondeur de leurs cheveux et la clarté lim-pide de leurs yeux saccommodaient parfaitement au teint halé quils avaient acquis en ces régions, lorsquil revint faire part à son oncle de ce quil avait appris, il était enthousiaste : « Ces gens de France mont dit quils sen allaient à Jérusalem, pour y délivrer le tombeau de notre Sire de la gent païenne. - Délivrer, comment cela délivrer ? Et pourquoi maintenant ? - Nas-tu pas entendu parler du concile de Cler-mont ? - Comme tout le monde Tancrède, le saint-père y a excommunié le roi Philippe pour adultère. - Ce nétait pas cela le plus important ! À lissue de ce concile, ma-t-on dit, le pape Urbain est sorti de la ville, a escaladé un grand tertre et de là, a appelé la foule à prendre la croix. - Ce ne sera pas la première fois que lon va péré-griner ! - Mais cest bien la première fois mon oncle, quune immense armée de France, de Lorraine, de Provence et aussi de Normandie ira en Terre-sainte en passant par Constantinople, afin de solliciter de lempereur son appui ou plutôt non, mais les avis sont contradictoires, il paraîtrait que cest lempe-reur qui aurait écrit au comte de Flandre et au pape lui-même pour laider à lutter contre les Sarrasins. - Alexis demande notre aide ? On aura tout vu ! - Pas la nôtre mon oncle, mais celle des Francs de Gaule et de Lorraine. - Hum ! Dis-moi un peu mon neveu, comment sont-ils habillés ces pèlerins ?
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