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Chancra

De
121 pages
Le monde de la nuit a une atmosphère pesante et mystérieuse. D'un côté, il y a Samantha, avec son rêve étrange qui la poursuit depuis des années, et qu'elle ne cesse d'appréhender. De l'autre, Squay, qui seul, le soir, débarrasse de la ville, des démons répugnants et dangeureux, échappés de l'enfer, sans que personne ne s'en aperçoive... Quelqu'un semble derrière tout cela, jouant avec leurs nerfs à chaque instant. Et c'est lui, que Squay traque depuis toujours...
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ChancraCarine Piat
Chancra
ROMAN© manuscrit.com, 2003
ISBN: 2-7481-2801-X (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-2800-1 (pour le livreimprimé)Avertissement de l’éditeur
DécouvertparnotreréseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littéraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimé telunlivre.
manuscrit.com
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone:0148075000
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comPRÉFACE
Il est très tard, et il fait assez frais dehors, mais
Sam veut entrer dans ce manoir, qui, elle en est cer-
taine, possède la réponse à ses questions.
Elleouvre legrandportaildeferets’avance vers
laportedelapropriétésisombre. L’intérieurestplus
noir encore, ce n’est pas très rassurant… Elle conti-
nuesonchemin,sansyvoir,ellesesertdesesmains
pour ne pas tomber ou percuter un mur. Ses pas la
mènentversunelumière,dansunede cespièces,au
fond de la maison. La porte y est entrouverte, et
au milieu de la grande salle illuminée, se trouve un
fauteuil, tout poussiéreux. Une voix sefaitentendre
soudain :
« Quand te rendras-tu compteque j’existe ?»
Cette voix masculine est si sévère, Sam s’avance
donc pour faire face à l’homme qu’elle connaît de-
puis si longtemps. Pourquoi chaque fois qu’elle
vient le voir, il lui dit cela…
L’homme est assis dans le fauteuil, les deux bras
posés sur les accoudoirs. Il regarde les flammes
qui se réjouissent dans le foyer. Malgré sa cicatrice
qui barre sa figure, il a le visage d’un ange, c’est
l’hommeleplusbeauetleplusmystérieuxqueSam
« connaisse »
Est-ce le feu dans la cheminée qui donne à ses
yeux la couleur de la braise, ses cheveux auburn
semblentautantteintésde cette dansedeflammes.
7Chancra
Mais dans cet être sans égal, elle ressent la dou-
leur et la tristesse de son âme. Il est toujours assis
danslamêmepièce,danslemêmefauteuil,lesyeux
toujours fixés sur le feu qui brûle, et répétant tou-
jours la même chose…
Maispourquoi? Elles’agenouilledevantluietle
regardeintensément,n’attendantqu’uneréponse.
« Parles-moi, aides-moi à comprendre, pourquoi
ne me regardes-tu pas ? »
Ilnerépondpas,elleal’impressiond’êtreunfan-
tôme, c’est terrible, il a l’air… si triste. Elle décide
de tout tenter pour qu’il la voit enfin. Elle se lève
biendécidée,maisilcommenceàdisparaître,toutse
trouble.
« Non ! Reviens, je dois savoir ! »
Mais il est déjà trop tard, tout est noir, elle ne
tardera pas à se réveiller, comme tous les matins,
depuis douze ans.
Quand elle avait raconté ses rêves à ses amies, à
l’orphelinat, tous commençaient à la prendre pour
unedégénérée, ilssemoquaientd’elleendisantque
c’était ses fantasmes qui étaient trop fort.
Lorsqu’elle était jeune, dans son rêve, elle restait
en dehors du manoir. Elle avait peur d’entrer.
Versquinzeans,elleavaitréussiàsurmontercette
crainte, mais elle avait toujours peur de s’endormir,
connaissant à l’avance, ses rêves. Il faut dire que
cetteéventualitéétaitassezchoquante: chaquesoir,
rêverdumêmelieusousl’apparenced’un«spectre»
Nuit après nuit, année après année, elle s’était
habitué à vivre avec ses cauchemars. Préservant
ces songes, secrets, elle vivait à présent comme
quelqu’un d’ordinaire… Du moins le jour.
8CHAPITRE 1
Sam ouvrit les yeux. était-ce jeudi ou vendredi ?
Jeudi !
Dans quelques jours, elle fêterait ses vingt-cinq
ans, et elle avait invité tous ses amis à participer
au bal costumé que Mélanie et elle-même avaient
organisé.
« Ses amis »
Enfant, elle n’en avait pas, mais aujourd’hui, on
aurait pu dire qu’ellerattrapait le temps perdu !
Elle devait poursuivre son travail, ça faisait trop
longtemps qu’elle était sur ce tableau, mais l’inspi-
ration lui manquait en ce moment. Elle n’avait pas
la tête à peindre, ni à rien d’autre d’ailleurs.
Elle pressentait un bouleversement dans sa vie.
Ces pensées lui faisaient si peur, il fallait qu’elle
cesse de se torturer l’esprit, et qu’elle se mette vrai-
ment à dessiner.
Il était dix heures. Depuis combien de temps
était-elle devant la toile ? En tout cas assez long-
temps pour avoir mal à la tête. Le dessin représen-
taitunmoulinbaignantdansl’airdelaprovince,les
peintures et les coups de crayons étaient bien épar-
pillés, mais l’œuvre ne donnait pas l’impression de
vivre, et cela déconcertait Sam.
La sonnette retentit, enfin un peu de repos. Elle
posasespinceauxetessuyasesmainssursontablier
9Chancra
dont on ne se rappelait plus la couleur d’origine, le
temps avait fait son œuvre.
Le visiteur impatient frappait à la porte.
« Oui, j’arrive, ne t’emballes pas ! »
Elle ouvrit alors. C’était Mélanie, sa meilleure
amie. Ellevenaitlavoirpratiquementtouslesjours.
C’était une fille qui possédait une envergure excep-
tionnelle,trèsénergiquecompréhensive,justeunpeu
plus grande que Sam, elle avait les cheveux assez
longs,colorésengris,(uneerreurdeteinturequelui
avaitproposéeSam),desyeuxvertsetfrancsquilui
donnaient un air autoritaire. Avec elle, Sam avait la
sensation d’avoir une grande sœur.
Malgré quelques différents, Mélanie et Sam
étaientvraimenttrèsproches. Ellesseconnaissaient
depuisl’orphelinat. Mélaniesavaitlesproblèmesde
Sam et l’avait souvent aidé, soutenu dans des mo-
mentspénibles,c’estainsiqu’ellesétaientdevenues
très attachées l’une à l’autre.
Ellesetenaitàl’entrée,lesbrascroisés,unpanier
dans une main, le regard interrogateur.
« Ne me dis pas que tu as oublié !
- Oublié, heu !… Quoi donc ? »
Ellelevalesbrasenl’air,lesyeuxtournésversle
ciel avec un profond soupir enchaîné au geste.
«Tuesincroyable! Notrepique-nique,tutesou-
viens ? ! On est censé aller faire les boutiques au-
jourd’hui, pour acheter les cotillons, et ensuite on
devait manger dans le parc central !
- Oh oui, excuses moi ! J’étais plongé dans ma
toile, alors je n’y pensais plus… Mais on y va tou-
jours, rassura-t-elle, je vais me changer et je suis à
toi ! »
Mélanie regardait son amie s’éloigner en courant
et fermer la porte derrière elle. Elle se mit face au
tableau, les sourcils froncés.
10Carine Piat
«Tunem’as pasdisquec’étaitun manoirquetu
voulais peindre ?! Cria-t-elle à l’égard de Sam.
-Oui,maisjedoism’yrendreavantdelepeindre,
jeprendraiunephotodubâtiment,lorsquejel’aurai
trouvé, envoya t-elle de la chambre où elle se chan-
geait.
- Mais tu crois vraiment qu’il existe ? »
Samétaitjustederrièreelle,etsemettantfaceàla
peinture à son tour, répondit d’un air pensif :
« J’en suis sûre. »
Mélanie la dévisagea, sans rien dire. Elle se de-
mandait qu’elle ferveur animait son amie, pourquoi
voulait-elle autant trouver ce château si inquiétant,
avait-elledit,etlefantômequiyhabitait? Toutcela
n’était-ce pas qu’un rêve ?
Mais elle ne voulait pas blesser Sam, alors un
grand sourire étirasonvisage etelles’exclama :
« Bon onsela faitcettejournée «break» ?! »
Et, enchaînant le geste à la parole, elle entraîna
Sam en dehors de son sanctuaire.
Mélanie appelait toujours les journées où elle
se détendait en dehors de chez elle, les journées
« breaks. » Cela se produisait au moins une fois
par mois. Elles en avaient besoin autant l’une que
l’autre. Mélanie, qui avait juste un an de plus que
Sam, était maman de deux magnifiques enfants,
dont Sam était la marraine. Des enfants très sages,
mais un peu turbulents, avec un mari souvent de
mauvaise humeur, Mélanie faisait ressortir le côté
urgent de ses petites journées d’escapades, qui lui
faisait faire un peu le vide dans son esprit.
Quant à Sam, à force de rester enfermer devant
ses tableaux, et à tourner en rond entre ménage et
rêve, elle ne savait plus où donner de la tête. Elle
avait connu des hommes, mais les relations ne mar-
chaient jamais, peut-être parce qu’aucun n’était le
11Chancra
bon. Tous,tôtoutard,ressortaientleursmauvaiscô-
tés, et, tout lemonde le sait, il n’y a rien de plus dé-
cevant, que de voir quelqu’un changer…
En ce qui la concernait, elle se faisait une assez
mauvaise image du sexe opposé, du moins pour ses
dernières expériences, et elle s’était promise, de ne
jamais s’engager. Tous étaient cruels et égoïstes au
boutd’uncertaintemps. Malgrélespremièresappa-
rences,lesfleurs,lesrendez-vousgalantsetles«ma-
mours»,ilsn’étaientpasplusquedesmonstres,car
un jour ou l’autre, ils se déchaînaient. Le plus sou-
vent,ilsétaientalcooliques,bornésetjaloux,lessar-
casmes et les cris de paranoïaques schizophrènes et
les charmeurs amoureux qui se volatilisaient après
quelques mois de passion intense.
Décidément,ellen’avaitaucunechanceenamour.
Ellepouvaitlireàtraversleursâmes,toujoursdéce-
vantes, que la confiance n’était pas un atout.
Seull’hommedesesrêvesrestaitmystérieux,au-
cunevibrationneluivenait,ellen’avaitaucuneidée
surcequ’ilpouvaitpenser,sonregardétaitsoucieux,
c’étaitlaseulechosequilecaractérisait,aucunenote
ne sonnait faux dans sa voix ; mais, existait-il vrai-
ment ? N’était-ce pas son inconscient qui l’avait
créé,pourqu’ellenesesentepastropseule. Unrêve
penchésurlaréalité,quiluidonnaitunpeud’espoir
lorsqu’elle s’éveillait chaque matin.
Elle n’avait aucun but précis dans la vie. Elle
ne cherchait pas à se trouver un autre homme pour
partager sa vie, elle savait très bien qu’elle pouvait
vivresans,deplus,ellesesentaitpluslibreets’était
remisedesadernièredéception. Ellesavaitquepour
avoir des enfants, il fallait former un ménage bien
solide,pourl’heure,seulessespeinturescomptaient.
Là aussi, par moment, elle y perdait goût.
Elles’attachaitdeplusenplusàcerêve,maisson
imagination ne risquait-elle pas de lui faire perdre
tout sens de la réalité ?
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