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Deux avions se croisent en plein ciel quelque part au dessus du pôle Nord ; lun transporte un professeur améri cain brillant, spécialiste de Jane Austen, qui arrive dune grande université de la côte Pacifique, lautre, un professeur anglais un peu médiocre qui vient dune université des Midlands et na dautre titre de gloire que de savoir concocter des épreuves dexamen. Ils ont décidé déchanger leur poste pour une durée de six mois.
Cest avec ce roman que David Lodge a inauguré sa série désormais célèbre quil poursuivra avecUn tout petit mondeetJeu de sociétéet dans laquelle destins et chemins se croisent et sentrechoquent dans un humour subtil.
« Un suspense cocasse, une satire divertissante dont personne ne sort indemne. » (Aleth PaluelMarmont,Cosmopolitan)
« On se plie de rire, on en pleure. » (Monique Gehler,LÉvénement du jeudi
David Lodge
Changement de décor
Traduit de langlais par Maurice et Yvonne Couturier
Rivages
Retrouvez lensemble des parutions des Éditions Payot & Rivages sur payotrivages.fr
Texte intégral
Titre original : Changing Places(Martin Secker et Warburg)
© 1975, David Lodge © 1990, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française © 1991, Éditions Payot & Rivages pour lédition de poche © 2010, David Lodge pour la préface © 2014, Éditions Payot & Rivages pour la présente édition 106, bd SaintGermain  75006 Paris  ISBN : 978-2-7436-2788-1
À Lenny et Priscilla, Stanley et Adrienne, et à tous mes nombreux amis de la Côte Ouest.
Bienvenue au campus !
Un texte inèdit de David Lodge Traduit par Maurice Couturier
Lecampus novel, ou roman universitaire, est un phénomène littéraire essentiellement angloaméricain. Le premier exemple fut américain,The Groves of Aca demede Mary McCarthy (1952), suivi en Angleterre par le roman de Kingley Amis,JimlaChance(1954), quelques années avant que le mot «campus »désigne le territoire enclos dune université ou dun collège universitaire, lieu rêvé pour servir de cadre à une his toire. (Lune des raisons pour lesquelles il y a très peu decampus novelssur le continent européen, cest que les universités y sont moins coupées, sur le plan archi tectural et social, de leur environnement.) Il y avait eu des romans sur la vie estudiantine avant les années cinquante, bien sûr, mais fait nouveau avec lecampus novel, lhistoire était centrée sur la vie même des pro fesseurs. Le genre continua dévoluer à mesure que lenseignement supérieur se développait aprèsguerre, et de plus en plus de romanciers, ou de romanciers en herbe, commencèrent à occuper des postes dans les universités, comme ce fut mon cas. Je ne pense pas que beaucoup se soient mis en tête décrire
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uncampus novelcomme on pourrait entreprendre un roman policier, ou nimporte quelle autre forme de fiction possédant des conventions et des formules toutes faites. Nous essayions de donner une forme littéraire à des idées et à des expériences vécues dans le milieu universitaire, et cherchions des variations nouvelles par rapport à des romans similaires. Loin de moi lidée décrire une trilogie universitaire met tant en scène les mêmes personnages et une université fictive des Midlands. Cest ce qui arriva pourtant, sous leffet de trois sources dinspirations distinctes.
En janvier 1969, je quittai mon poste de maître de conférences à lUniversité de Birmingham pour ensei gner six mois durant en tant que professeur associé à lUniversité de Californie à Berkeley. Jemmenai ma femme, Mary, et mes trois jeunes enfants. En 1965, époque où javais une bourse Harkness, nous avions passé un été idyllique à San Francisco, juste de lautre côté de Bay Bridge par rapport à Berkeley, mais le climat idéologique sur les campus avait considéra blement changé partout en Europe et en Amérique. La révolution des étudiants, inspirée par lesèvène 1 mentsde mai 1968 à Paris, était en marche. Cette annéelà, lUniversité de Birmingham connut une manifestation plutôt sage à lautomne ; loccupation des bâtiments administratifs par des militants étu diants avait cependant traumatisé de nombreux collè gues plus âgés. À Berkeley, je découvris quelque chose qui ressemblait bien plus à une révolution en marche, révolution motivée par lopposition à la guerre du Vietnam et par la contreculture hippie du Flower Power, née à San Francisco. Pendant que jétais làbas, la lutte commença à se focaliser sur un projet visant à transformer une partie
1. En français dans le texte.(N.d.T.)
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de lespace universitaire en Parc pour le Peuple. Les autorités réagirent en appelant les forces de maintien de lordre. De violentes confrontations eurent lieu entre les manifestants et la police, des hélicoptères envoyèrent du gaz lacrymogène sur le campus, et la garde nationale fut appelée en renfort. Plusieurs per sonnes furent blessées et même emprisonnées, mais le rapprochement que lon fit avec loccupation de Prague par les chars russes au même moment était extravagant. Des libertés politiques fondamentales étaient en jeu, et il régnait une atmosphère carnava lesque dans le charivari des protestations. Cétait un conflit culturel et générationnel que jobservais avec un vif intérêt tout en gardant mes distances, tel un correspondant de guerre. Jétais à la fois intrigué et amusé par le contraste entre les vies universitaires américaine et britannique  lesprit de compétition et le professionnalisme de lune faisant ressortir le carac tère plus humain et dilettante de lautre. Je me promis dutiliser cette observation une fois de retour chez moi  dans un roman comique, comme tous lescampus novelstendent à lêtre, qui explorerait le décalage entre dune part, les idéaux élevés des institutions universitaires et dautre part, les failles humaines et les excentricités de leurs membres. Cependant, plusieurs romans publiés auparavant par de jeunes écrivains britanniques évoquaient leur expérience de professeurs associés dans les univer sités américaines, dontStepping Westwardde mon ami et ancien collègue à lUniversité de Birmingham, Malcolm Bradbury. Ma façon de traiter ce sujet allait devoir posséder une dimension nouvelle. Tout en y réfléchissant, il mapparut quaucun roman, à ma connaissance, navait mis en situation un universitaire
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