Changement de décor

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Deux avions se croisent en plein ciel quelque part au-dessus du pôle Nord ; l'un transporte un professeur américain brillant, spécialiste de Jane Austen, qui arrive d'une grande université de la côte Pacifique, l'autre, un professeur anglais un peu médiocre qui vient d'une université des Midlands et n'a d'autre titre de gloire que de savoir concocter des épreuves d'examen. Ils ont décidé d'échanger leur poste pour une durée de six mois. C'est avec ce roman que David Lodge a inauguré sa série désormais célèbre qu'il poursuivra avec Un tout petit monde et Jeu de société et dans laquelle destins et chemins se croisent et s'entrechoquent dans un humour subtil. "Un suspense cocasse, une satire divertissante dont personne ne sort indemne." (Aleth Paluel-Marmont, Cosmopolitan) "On se plie de rire, on en pleure." (Monique Gehler, L'Événement du jeudi)
Publié le : mercredi 23 avril 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743627874
Nombre de pages : 395
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Deux avions se croisent en plein ciel quelque part au dessus du pôle Nord ; lun transporte un professeur améri cain brillant, spécialiste de Jane Austen, qui arrive dune grande université de la côte Pacifique, lautre, un professeur anglais un peu médiocre qui vient dune université des Midlands et na dautre titre de gloire que de savoir concocter des épreuves dexamen. Ils ont décidé déchanger leur poste pour une durée de six mois.
Cest avec ce roman que David Lodge a inauguré sa série désormais célèbre quil poursuivra avecUn tout petit mondeetJeu de sociétéet dans laquelle destins et chemins se croisent et sentrechoquent dans un humour subtil.
« Un suspense cocasse, une satire divertissante dont personne ne sort indemne. » (Aleth PaluelMarmont,Cosmopolitan)
« On se plie de rire, on en pleure. » (Monique Gehler,LÉvénement du jeudi
David Lodge
Changement de décor
Traduit de langlais par Maurice et Yvonne Couturier
Rivages
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Texte intégral
Titre original : Changing Places(Martin Secker et Warburg)
© 1975, David Lodge © 1990, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française © 1991, Éditions Payot & Rivages pour lédition de poche © 2010, David Lodge pour la préface © 2014, Éditions Payot & Rivages pour la présente édition 106, bd SaintGermain  75006 Paris  ISBN : 978-2-7436-2788-1
À Lenny et Priscilla, Stanley et Adrienne, et à tous mes nombreux amis de la Côte Ouest.
Bienvenue au campus !
Un texte inèdit de David Lodge Traduit par Maurice Couturier
Lecampus novel, ou roman universitaire, est un phénomène littéraire essentiellement angloaméricain. Le premier exemple fut américain,The Groves of Aca demede Mary McCarthy (1952), suivi en Angleterre par le roman de Kingley Amis,JimlaChance(1954), quelques années avant que le mot «campus »désigne le territoire enclos dune université ou dun collège universitaire, lieu rêvé pour servir de cadre à une his toire. (Lune des raisons pour lesquelles il y a très peu decampus novelssur le continent européen, cest que les universités y sont moins coupées, sur le plan archi tectural et social, de leur environnement.) Il y avait eu des romans sur la vie estudiantine avant les années cinquante, bien sûr, mais fait nouveau avec lecampus novel, lhistoire était centrée sur la vie même des pro fesseurs. Le genre continua dévoluer à mesure que lenseignement supérieur se développait aprèsguerre, et de plus en plus de romanciers, ou de romanciers en herbe, commencèrent à occuper des postes dans les universités, comme ce fut mon cas. Je ne pense pas que beaucoup se soient mis en tête décrire
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uncampus novelcomme on pourrait entreprendre un roman policier, ou nimporte quelle autre forme de fiction possédant des conventions et des formules toutes faites. Nous essayions de donner une forme littéraire à des idées et à des expériences vécues dans le milieu universitaire, et cherchions des variations nouvelles par rapport à des romans similaires. Loin de moi lidée décrire une trilogie universitaire met tant en scène les mêmes personnages et une université fictive des Midlands. Cest ce qui arriva pourtant, sous leffet de trois sources dinspirations distinctes.
En janvier 1969, je quittai mon poste de maître de conférences à lUniversité de Birmingham pour ensei gner six mois durant en tant que professeur associé à lUniversité de Californie à Berkeley. Jemmenai ma femme, Mary, et mes trois jeunes enfants. En 1965, époque où javais une bourse Harkness, nous avions passé un été idyllique à San Francisco, juste de lautre côté de Bay Bridge par rapport à Berkeley, mais le climat idéologique sur les campus avait considéra blement changé partout en Europe et en Amérique. La révolution des étudiants, inspirée par lesèvène 1 mentsde mai 1968 à Paris, était en marche. Cette annéelà, lUniversité de Birmingham connut une manifestation plutôt sage à lautomne ; loccupation des bâtiments administratifs par des militants étu diants avait cependant traumatisé de nombreux collè gues plus âgés. À Berkeley, je découvris quelque chose qui ressemblait bien plus à une révolution en marche, révolution motivée par lopposition à la guerre du Vietnam et par la contreculture hippie du Flower Power, née à San Francisco. Pendant que jétais làbas, la lutte commença à se focaliser sur un projet visant à transformer une partie
1. En français dans le texte.(N.d.T.)
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de lespace universitaire en Parc pour le Peuple. Les autorités réagirent en appelant les forces de maintien de lordre. De violentes confrontations eurent lieu entre les manifestants et la police, des hélicoptères envoyèrent du gaz lacrymogène sur le campus, et la garde nationale fut appelée en renfort. Plusieurs per sonnes furent blessées et même emprisonnées, mais le rapprochement que lon fit avec loccupation de Prague par les chars russes au même moment était extravagant. Des libertés politiques fondamentales étaient en jeu, et il régnait une atmosphère carnava lesque dans le charivari des protestations. Cétait un conflit culturel et générationnel que jobservais avec un vif intérêt tout en gardant mes distances, tel un correspondant de guerre. Jétais à la fois intrigué et amusé par le contraste entre les vies universitaires américaine et britannique  lesprit de compétition et le professionnalisme de lune faisant ressortir le carac tère plus humain et dilettante de lautre. Je me promis dutiliser cette observation une fois de retour chez moi  dans un roman comique, comme tous lescampus novelstendent à lêtre, qui explorerait le décalage entre dune part, les idéaux élevés des institutions universitaires et dautre part, les failles humaines et les excentricités de leurs membres. Cependant, plusieurs romans publiés auparavant par de jeunes écrivains britanniques évoquaient leur expérience de professeurs associés dans les univer sités américaines, dontStepping Westwardde mon ami et ancien collègue à lUniversité de Birmingham, Malcolm Bradbury. Ma façon de traiter ce sujet allait devoir posséder une dimension nouvelle. Tout en y réfléchissant, il mapparut quaucun roman, à ma connaissance, navait mis en situation un universitaire
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