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Chromes

De
79 pages
Sept nouvelles traversées par l'imprévisible. Mais qu'est-ce donc que cet inconnu ? Ce qui vous guette au tournant, prêt à fondre sur vous dans quelques secondes, bientôt peut-être, demain sûrement. Ce qu'on espère et qui peut ne jamais venir. Ce qui est déjà passé et qu'on n'a pas reconnu. C'est toujours ce qui vous attend, au bout du moindre voyage. Enfin, c'est surtout celui qui, improbable visage, sera le dernier à vous serrer la main.
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ChromesAline Klems
Chromes
N OUV ELLES© Editions Le Manuscrit, 2003
ISBN: 2-7481-3117-7 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-3116-9 (pour le livre imprimé)



























Éditions Le Manuscrit
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com
L’INCONNU
Elle l’avait aperçu une première fois en traversant
le square. Debout devant un parterre. Grand, à la
limite de la maigreur. Dressé contre le vent dans
son imperméable kaki ouvert, ceinture pendante. Ce
jour-là soufflait un de ces vents plein d’énergie qui
laisse entrevoir le printemps. A peine odorant pour
un nez un peu subtil, mais encore bien décidé à ne
rien céder de sa rudesse, de cette espèce d’aigreur
urbaine qu’il affectionne durant tout l’hiver. Tout à
coup, il traversait le jet d’eau central, emportant dans
un mugissement marin des poignées de gouttelettes
glacées qu’il projetait contre le corps de l’homme
immobile, maculant le tissu de points sombres.
C’était un homme quelconque mais digne, au-
rait-on pensé. Il ressemblait à un employé des mi-
nistères, à quelqu’un qui aurait eu toute sa famille
en province. Qui aurait cessé depuis longtemps d’al-
ler à la messe. Dans sa tête, il devait transporter de
ces lourdes bâtisses de pierre aux volets pleins, de
ces cuisines trop astiquées, de ces pendules qu’on
remonte avec soin. Et peut-être même, de ces pe-
tits bois laissés à l’abandon qu’on ne sait même plus
situer dans le fouillis inextricable des parcelles.
Pourtant, ce qui le distinguait, ce qui le soulevait
loin au-dessus des autres c’était, au beau milieu de
ces courants d’air, l’appel de son bras tendu, de son
visage renversé vers le gris du ciel. C’était cette
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