Chrysalis

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_ Madame, avant que vous ne fassiez quoi que ce soit, je dois d'abord vous expliquer certaines choses et ...Germaine lui enfonça violemment le canon du fusil dans le ventre: Ferme-la SS de mes deux ! Tu parleras quand je te le dirai. En attendant, tu vas ouvrir les caisses et pas d'entourloupette, sinon tu vas rejoindre tes sous-fifres !Raymond ! Reste pas là comme un gland ! File lui un coup de main, il a pas l'air dégourdi. Si tous les généraux sont de ta trempe, la guerre va pas durer bien longtemps..._ Archéologue... Je suis archéologue, pas soldat._ Et moi je suis la vénus de Milo ! Allez au boulot !
Publié le : jeudi 16 juin 2011
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EAN13 : 9782748122589
Nombre de pages : 151
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Chrysalis
Ludovic Coué
Chrysalis
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2748122593 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748122585 (pour le livre imprimé)
ÉditionsLe Manuscrit 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
Une mouette légère, silhouette blanche dans l’azur, plane audessus de la mer. Son vol silencieux et rapide la porte jusqu’au port où semblent paresser les voiliers dans la chaleur de l’aprèsmidi, dans le sud de la France. Elle se dirige vers la digue où deux hommes pêchent et parlent.
 L’automne, c’est la saison la plus chiante de l’an née ! Tu ne trouves pas Michel ? Tu passes de l’été avec ses journées longues, chaudes et ensoleillées à des jours merdiques et humides qui rafraîchissent en te collant la goutte au nez en même temps que la boue aux godasses. Et puis c’est la saison de la rentréeDéjà tout gosse ça me fichait le bourdon. Les achats pour l’écoleLe cartableLes bonnes résolutions qu’on te souhaite vivement d’adopter pour l’année scolaire qui va commencer. Les filles qui s’habillent plus long. Les pantalons en velours, les feuilles qui jaunissent, les averses froides qui frappent aux fe nêtres, le chauffage dans les voitures. On commence à se peler les noix
 Tiens, tu fais bien de parler de noix, Luc. Parce que tu commences à me les casser avec tes pleurni cheries. Là on est dans la force de l’âge, trente ba lais, en plein été, à peine début août. Profitesen, dé gustes. Et puis tu sais bien que je n’aime pas qu’on
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me tienne le crachoir quand je pêche ! C’est déjà pas bien drôle de ne rien prendre depuis deux heures, je ne vais pas en plus me farcir les états d’âme de mon sieur qui nous fait une déprime automnale précoce.
 T’as pas de cœur frangin ! Tu ne comprends rien à rien. Je ne déprime pas, je pense à voix haute, c’est tout. Ecoute Mich, ça fait deux plombes qu’on s’emmerde à tremper un asticot pour des prunes ; alors forcément je gamberge, vu que j’ai que ça à faire. Et là, j’ai simplement pensé à l’automne qui allait bientôt arriver.
 T’es vraiment pas croyable ! On n’est pas bien là ? Peinards, on pêche, c’est les vacances, les bières sont au frais dans la glacièreTu veux quoi de plus ? Cent balles et un nuts ?
 Non, j’dis pas. Je pense seulement que ça devrait être comme ça toute l’année.
 L’été toute l’année ?
 Ben ouais !
 Tu ne crois pas qu’on finirait par se lasser si on avait le même temps tous les jours ? Les saisons ça nous change les idées. L’automne c’est aussi les champignons, les noisettes, les châtaignes, la chasse, c’est pas si mal.
 C’est aussi la gadoue, les grèves, la reprise du boulot, les impôts, les gnards qui peuvent plus sortir à cause de la pluie et puis les gens font la tronche
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 Les gens ? Toi tu fais la tronche !
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 Mais moi je suis comme tout le monde ! Ou plutôt, tout le monde est comme moi ! T’es le seul à ma connaissance qui trouve chouette la fin de l’été. C’est pas commun !
 Je n’ai pas dit que c’était chouette, j’ai dit qu’il n’y avait pas de quoi déprimer. Surtout à cette pé riode de l’année ! Il est quand même copieux ton spleen ! Ca n’empêche que moi aussi, j’aime l’été. Me balader en short les joyeuses à l’aise, le bronzage qui remplace la mine de déterré, j’approuve ! le petit matin déjà chaud qui t’invite à boire ton café sur la terrasse, je suis plutôt pour ; je confirme ! Mais une ambiance chaude toute l’année, moi je vois que Ta hiti pour trouver ça. Le seul inconvénient c’est qu’il fait nuit à dixhuit heures, alors toi qui pleures sur les jours qui raccourcissent, évidemment t’es servi.
 Aaah ça fait rien, Tahiti ! Rien que de dire ce nom là, ça me fait du bien.
 Eh bien, toi tu coûtes pas cher à soigner ! tu es la vérole du corps médical ! T’en vantes pas, ils te feraient un procès. Et tu sais, les toubibs, ils gagnent toujours leur procès.
 Faux !! il me semble bien que le docteur Petiot s’est fait raccourcir
 Très drôle. En fait, c’est vrai qu’on serait plutôt cool à Tahiti. Toute l’année en savates, short et polo ; on ne peut pas dire que ce soit la ruine en fringues.
 Ouais, c’est pas comme le prix du voyage ! La vache ! Une plaque ! Sans parler des frais.
 Quels frais ?
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 Les passeports, les vaccinations, plus l’installa tion une fois sur place. Et puis, les vahinés, si ça se trouve, elles ont des besoins qui coûtent la peau du cul !
 Il n’y a pas de raison pour que les femmes soient différentes làbas. La mode, c’est comme les mor pions, ça ne connaît pas les frontières !
 Amen !
 C’est vrai, il faut de l’oseille pour y allerEt on en a pas.
 Et on en a pas ! Alors vaut mieux ne plus y pen ser, sinon on finirait par attraper un coup au moral.
 On a pas d’oseille mais on pourrait en avoir
 Comment ça ? On pourrait en avoir ?
 Eh bien, si la vieille Germaine venait à casser sa pipe, on toucherait le gros lot, sûr.
 Quel gros lot ? Arrête ! La tante, elle n’a rien à se mettre sur le dos, elle pleure toujours misère, elle a toujours habité dans une vieille bicoque à moitié en ruine ! Même du temps où tonton était encore vivant, rien qu’à l’écouter, on lui aurait refilé cent balles. Tu vas voir que quand elle va canner, on va hériter de ses dettes. C’est prévu par la loi ! Non seulement elle ne nous a jamais rien filé, même pas un bonbon quand on était morpions, mais en plus, quand Madame va tirer sa révérence, il va encore falloir que les deux couillons de service crachent au bassinet du ministère des finances ! On va casquer oui !
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