Ciel austral

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Une sarabande infernale de personnages, où l'action se précise, comme dans un cercle vicieux. Elisabeth Mac Donald aime les hommes autant qu'elle en a peur, il y a une raison à cela... Marlène, sa voisine, lui fait endosser un meurtre à sa place, par haine et jalousie, pour lui voler son prétendant, l'avocat Jim Mackrain. Du début de sa rencontre avec Ted Person, un Français muni de faux papiers d'identité, qui débarque en Australie, jusqu'à son implication dans cette affaire criminelle, (elle s'acharnera sur la cadavre de Richard Wilfrid, qui l'avait mise enceinte et lui préféra Rébecca), Elisabeth attendra sa sortie et gardera l'espoir, grâce au soutien moral de l'homme qui l'aime, malgré la finalité d'un destin tragique...
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 108
EAN13 : 9782748172065
Nombre de pages : 195
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Ciel Austral
Bernard Tellez
Ciel austral
ROMAN
Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
© É ditions Le Manuscrit, 2006 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@ manuscrit.com ISBN : 9782748172065 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748172065 (fichier numérique) ISBN : 274817206X (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748172065 (livre imprimé)
Il faisait plutôt frais, ce jourlà, je m’en souviens encore. Le vent marin injectait des vagues blanches jaunâtres qui venaient se fracasser sur la plage, ou sur la jetée. Il n’y avait pratiquement personne sur l’étendue de sable… C’était une des semaines à l’orée des vacances scolaires, probablement, un mercredi, car des gamins jouaient au cerfvolant sous l’œil perspicace d’un adulte qui surveillait leur manège d’un air doctrinal. La plage de sable était immense, assez éloignée de la lagune, à marée basse. A part le groupe d’enfants d’une dizaine d’années, ils étaient quatre ou cinq, qui dirigeaient le cerfvolant, l’adulte planté sur le sable qui suivait son évolution dans le ciel, en s’efforçant de leur prodiguer des conseils, nous étions à peu près seuls, la fille et moi. J’essayais de me concentrer sur le livre que je tenais dans les mains… Il m’arrivait de lire l’E tranger, en cellule, traduit en anglais, et ça devenait « The outsider ». J’aime les livres que je connais quasiment par cœur dans leur langue d’origine, ce qui m’oblige à me familiariser avec la traduction en langue étrangère, à remettre à neuf certaines connaissances. Aujourd’hui, je suis en Australie, dans la banlieue de Melbourne… Les flamants roses apparaissent en silhouette sur la lagune, assez loin de la plage, face à l’océan Indien… J’ai abandonné le bouquin, assis, les bras noués autour des genoux, afin d’observer le point de vue, dans le déferlement de la ligne d’horizon. Je n’ai pas revu la mer depuis des années… E n permission de sortie, en France, astreint à rentrer au plus vite, le dimanche matin, on m’attendait làbas, rue de la Santé… Des cons… Un ami m’a procuré un faux passeport, je me
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trouve désormais dans l’hémisphère sud, là où les gens vivent la tête en bas, paraîtil. Melbourne… J’y ai vécu vers les années quatrevingt, j’étais immigrant, alors… Mon nom est Ted Person, je suis né à Los Angeles, le… etc, etc… La fille en maillot deux pièces, doit être assez grande, un mètre soixante quinze, mince, mais bien roulée. « Un canon… », me disje… E n cellule, derrière le miniécran de télé, on se branlait, parfois, à trois, quand il y en avait une de trop belle. La fille parait fascinée par les vagues. Ses cheveux blonds coupés milongs volètent légèrement sous la brise. Le livre à la main, je m’approche : – E xcusezmoi, pourriezvous me dire l’heure, s’il vous plaît ? E lle ne veut pas se retourner, d’abord. Ma présence la gêne, c’est compréhensible, à cause de ma voix étouffée par le vacarme de la mer où les mouettes criaillent. Je n’ose répéter ma question. E lle sent ma présence, peutêtre perçoitelle l’ombre portée de mon corps sur le sable, à l’endroit où je me trouve ? Ses yeux m’ont frappé tout de suite, les yeux les plus grands, les plus bruns que j’ai jamais vus, des yeux immenses qui cherchent quelques chose, peutêtre à saisir le vol des mouettes dont les cris discordants déchirent le ciel, à les surprendre dans leur envol, quitte à les figer sur place, un dixième de seconde, afin que la vie un instant s’arrête, qu’elle puisse jouir à loisir de cet instantané seul perceptible pour elle, son désir fugace d’immobilité… « Le jour où la terre s’arrêta… », je
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