Clair-obscur pour violons

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Le différence est-elle un obstacle à l’amour ? A Valenciennes, Claudie, jeune femme d’origine modeste se bat pour trouver un emploi. Yohann, aveugle de naissance, est premier violon de l’orchestre philharmonique de Paris. Il se rend à Lille pour assister à la Fête de la musique, elle y suit une formation professionnelle. Ces deux êtres que tout semble séparer se rencontrent sur un quai de gare et sont aussitôt emportés par la magie d’une passion transgressive. Ecrit dans une langue intime, Clair-obscur pour violons est aussi le roman d’un Lille vivant et secret où les amants se cherchent.
EAN13 : 9782304034288
Nombre de pages : 148
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Titre
Clair-obscur pour violons
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Titre Odette Czysz
Clair-obscur pour violons
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit, 2010 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-03428-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304034288 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03429-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304034295 (livre numérique)
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Les yeux du coeur
« Chercher le bonheur dans la vie, c’est là le véritable esprit de rébellion. » Henrik Ibsen (1828-1906)
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Les yeux du coeur
UNE RENCONTRE
Dans le bus qui la menait de Condé à la gare de Valenciennes, Claudie réfléchissait. Tel le boxeur, empruntant le couloir qui le conduit au ring et se conditionnant pour le match à venir, elle préparait son mental. Ce concours, elle devait le gagner. Le QCM et le commentaire de texte en représentaient la première phase. Viendrait ensuite l’entretien déterminant son profil psychologique et enfin le point sur ses compétences. Claudie était encore loin du but ; pourtant, elle faisait partie de ces filles battantes et voulait ce travail plus que tout. Pour chasser le stress qu’elle devinait poindre doucement, le regard perdu dans le vague, elle se mit à jouer au jeu favori de sa petite enfance. Il était pour elle comme un tranquillisant qui calmait ses angoisses. Le jeu consistait à ne penser à rien, à permettre à son esprit de vagabonder, à se laisser surprendre par une image, à mémoriser le premier mot d’une affiche publicitaire sur un mur, une voiture ou une enseigne, puis à happer au vol un autre mot. Son cerveau faisait le reste
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Clair-obscur pour violons
du travail. Sur un panneau, un visage dont on ne voyait que les yeux agrandis : les yeux… Plus loin, une publicité pour la fête de St-Valentin avec un gros cœur rouge : Cœur. Voilà, cela donnait :LES YEUX DU CŒUR. C’était joli, ça sonnait bien. Elle recommençait ainsi jusqu’à en avoir la tête vide. Il en ressortait parfois des groupes de mots anachroniques ou drolatiques, mais il est arrivé quelquefois que naissent ainsi des juxtapositions très poétiques. On approchait de la gare, encore le pont Jacob à passer et elle y serait. Le train pour Lille partait à 7 h 59. Il lui restait suffisamment de temps pour prendre son billet et descendre sur le quai. Une voix annonça bientôt dans le haut-parleur un message qui résonnait dans tout le hall de la gare. « Le TER en provenance de Jeumont desservant St-Amand, Orchies, Templeuve, Lesquin et Lille-Flandres entre en gare, quai B. Veuillez vous éloigner de la bordure du quai s’il vous plaît. » Elle prit place dans le premier wagon des secondes classes, juste près de la fenêtre. On devinait à peine le paysage de la campagne dans l’aube naissante. Peu à peu, le soleil éclairait les villes traversées et les réverbères s’éteignaient un à un comme autant de lucioles éphémères. Juste après l’arrêt d’Orchies, un cabinet de biens immobiliers vantait l’ouverture d’un prochain
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