Comme un adieu dans une langue oubliée

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Mémorialiste de lui-même, Guy Dupré signe ici un livre inclassable et éblouissant. Sont-ce les archives du siècle ? Des mémoires ? Un récit ? Une auto-fiction ? où il lève le rideau sur le spectacle de sa vie. Né à Fécamp de papa normand et de maman nippone, éprouvant encore les crispations de la faim et les frustrations de la guerre, Guy Dupré, éditeur chez Plon et journaliste à Paris-Match, pourrait se définir, selon sa formule, comme "un agent de destruction dans une société pourrissante". Déjouant les contraintes de la chronologie, s'amusant à mêler les visages des femmes aimées et les figures revisitées de l'histoire littéraire, il dresse un théâtre d'ombres vivantes. Voici Jean Cocteau, "tout en mains, fanons et tendons". Voici Bernanos, en exil brésilien, réclamant l'aumône à son éditeur, la femme-enfant Lise Deharme, André Breton à l'âme expatriée, Gracq en sédentaire, Gabriel Marcel et sa tablette Ouija, l'avocat Stephen Hecquet dont un "monsieur muscle" a sculpté le visage. Le noir et blanc de la première guerre mondiale s'anime. Les chevaux piaffent, et à l'arrière, Marcel Proust, raconté (imaginé, plutôt) par Guy Dupré. A côté de la littérature, sa passion, l'anti-conformiste Dupré parle aussi de l'histoire tragique : celle d'Hiroshima, par exemple, ou de Dien Biên Phu, qui le hante. Sens du portrait. Erudition où rien ne pèse. Jubilation de l'histoire, traversée, fouillée, revue. Les personnages de Guy Dupré vivent au présent perpétuel, de l'Indochine à Verdun, des salons aux charniers, comme si la mémoire les avait gardés farouchement intacts.
Publié le : mercredi 7 février 2001
Lecture(s) : 76
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246400196
Nombre de pages : 288
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Mémorialiste de lui-même, Guy Dupré signe ici un livre inclassable et éblouissant. Sont-ce les archives du siècle ? Des mémoires ? Un récit ? Une auto-fiction ? où il lève le rideau sur le spectacle de sa vie. Né à Fécamp de papa normand et de maman nippone, éprouvant encore les crispations de la faim et les frustrations de la guerre, Guy Dupré, éditeur chez Plon et journaliste à Paris-Match, pourrait se définir, selon sa formule, comme "un agent de destruction dans une société pourrissante". Déjouant les contraintes de la chronologie, s'amusant à mêler les visages des femmes aimées et les figures revisitées de l'histoire littéraire, il dresse un théâtre d'ombres vivantes. Voici Jean Cocteau, "tout en mains, fanons et tendons". Voici Bernanos, en exil brésilien, réclamant l'aumône à son éditeur, la femme-enfant Lise Deharme, André Breton à l'âme expatriée, Gracq en sédentaire, Gabriel Marcel et sa tablette Ouija, l'avocat Stephen Hecquet dont un "monsieur muscle" a sculpté le visage. Le noir et blanc de la première guerre mondiale s'anime. Les chevaux piaffent, et à l'arrière, Marcel Proust, raconté (imaginé, plutôt) par Guy Dupré. A côté de la littérature, sa passion, l'anti-conformiste Dupré parle aussi de l'histoire tragique : celle d'Hiroshima, par exemple, ou de Dien Biên Phu, qui le hante. Sens du portrait. Erudition où rien ne pèse. Jubilation de l'histoire, traversée, fouillée, revue. Les personnages de Guy Dupré vivent au présent perpétuel, de l'Indochine à Verdun, des salons aux charniers, comme si la mémoire les avait gardés farouchement intacts.
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