Comme un cheval sauvage... (Harlequin Prélud')

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Comme un cheval sauvage..., Brenda Mott

Depuis l'accident qui avait brisé ses rêves de championne d'équitation, Caitlin était devenue aussi farouche qu'un cheval sauvage. Jamais elle n'aurait imaginé s'ouvrir de nouveau aux autres - et encore moins se laisser de nouveau séduire par un homme. Pourtant, Alex avait réussi ce miracle : l'approcher, la mettre en confiance. Et Hallie, sa petite fille de douze ans, fascinée par le cheval de Caitlin, y avait beaucoup de contribué. Hallie, une petite fille fragile, qui avait vécu la tragédie de perdre sa mère et qui, comme Caitlin, ne se laissait pas approcher facilement. Hélas, alors que le soleil semblait briller sur leur vie à tous trois, Caitlin venait de découvrir une autre tragédie : Hallie était anorexique - et Alex ne s'était rendu compte de rien...

Publié le : mardi 1 mai 2007
Lecture(s) : 71
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262477
Nombre de pages : 352
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Prologue

— Sois prudente sur la route, Caitlin. Il commence à neiger.

Sur ce dernier conseil, Shauna ouvrit la porte à son amie et la referma à demi pour empêcher le froid de pénétrer dans la maison.

— Ne t’inquiète pas, je ferai attention, dit Caitlin. Et toi, n’oublie pas : rendez-vous à 18 heures pile à la salle de sport. Il nous faut une dernière séance d’entraînement avant mon départ pour la fac.

— J’y serai, promit Shauna en riant.

Caitlin lui fit un geste d’adieu, puis se dirigea vers sa Jaguar bleue stationnée devant l’écurie non loin du jardin. Une fois la voiture engagée dans l’allée de gravier, elle mit le chauffage à fond d’une simple pression sur son porte-clés. Le mois de février, au Colorado, s’accompagnait parfois de chutes de températures extrêmement brutales, et cela semblait être le cas ce soir. Caitlin regretta de ne pas avoir pensé à prendre un manteau en quittant la maison en début d’après-midi. Elle aurait dû se douter qu’un soleil incertain, et une température à peine au-dessus de zéro, n’auguraient rien de bon. Mais cela n’avait aucune importance. Sa Jaguar était équipée d’un bon système de chauffage, et son pull à manches longues lui tiendrait assez chaud.

Elle glissa un disque dans le lecteur CD, puis mit ses essuie-glaces en route, tandis que l’ouverture du Mariage de Figaro résonnait dans la voiture. Les flocons avaient gagné en volume et en force, si bien qu’elle dut allumer ses phares. Lorsqu’elle atteignit la route à quatre voies, la neige tombait déjà de façon très abondante. Elle avait espéré rentrer chez elle avant que les routes ne deviennent impraticables, mais le ranch se trouvait à dix kilomètres de chez les Meyer, et la neige commençait à coller à la chaussée. Soudain, sa voiture se mit à tanguer. Elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur mais ne vit rien. Le comportement anormal des roues lui indiquait pourtant qu’il y avait un problème, et elle s’arrêta sur le bas-côté de la route.

Elle découvrit avec consternation que son pneu gauche arrière était à plat. Elle commença à regretter de ne pas avoir écouté Dillon, le jour où il lui avait proposé de lui apprendre quelques notions de mécanique, et surtout de lui montrer comment changer une roue. L’inquiétude de son grand frère lui avait alors paru tout à fait superflue, car elle estimait que sa carte de membre du club automobile la couvrirait en cas d’imprévu. Mais tandis qu’elle restait là, plantée sous la neige, elle réalisa qu’il était peu probable que le club puisse lui envoyer un dépanneur, et elle se mordit les doigts d’avoir négligé les conseils de Dillon. Vu les difficultés de circulation dans Deer Creek, elle risquait d’avoir à attendre des heures avant l’arrivée d’un dépanneur. Et la perspective de rester bloquée dans sa voiture, au bord d’une autoroute de montagne, n’était pas des plus rassurantes.

Pour comble de malchance, elle avait oublié son téléphone mobile à la maison !

Elle hésita un moment entre l’idée de retourner en ville à pied, à la recherche d’une cabine téléphonique, ou bien de prendre son mal en patience, en espérant qu’un bon samaritain finirait par passer. Elle n’eut pas le temps de réfléchir davantage, car elle aperçut une Chevrolet Blazer qui sortait du virage, à faible allure, venant de la même direction qu’elle, et qui se mettait à ralentir, pour finalement rouler au pas. Soulagée, Caitlin fit de grands signes au chauffeur. Cependant, à l’instant où la voiture s’arrêtait derrière la sienne, la jeune femme réalisa soudain qu’elle se trouvait dans une situation de grande vulnérabilité, et fut aussitôt sur ses gardes. Mais elle se détendit très vite en découvrant que l’unique occupant du véhicule était une femme du même âge qu’elle.

Elle n’eut pas le temps d’amorcer un mouvement vers la Chevrolet, car une autre voiture de sport surgit à son tour du virage, en faisant de grandes embardées. Le véhicule franchit la ligne jaune discontinue, puis revint en marche arrière vers le bas-côté, sur la Chevrolet.

Caitlin se figea, horrifiée.

La voiture de sport heurta la Chevrolet dans un crissement assourdissant, et Caitlin essaya tant bien que mal de s’écarter pour éviter les deux véhicules qui arrivaient sur elle. Elle eut l’impression de voir un film au ralenti : la Chevrolet se mit à déraper pour plonger dans le ravin en contrebas, tandis que l’autre véhicule se mettait à chasser et venait heurter la voiture de Caitlin.

Son esprit embrumé lui dicta de se jeter dans le ravin plutôt que de se faire écraser. Mais la Jaguar la heurta avant qu’elle ait eu le temps de se mettre à l’abri, et la projeta, non pas dans le ravin, mais dans la direction opposée, sur la chaussée. Caitlin entendit un bruit strident de freins, et une douleur terrible la transperça tout entière. Puis ce fut le néant.

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