Comme une perle en son écrin...

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Mère et grand-mère comblée, lorsque Gilberte évoque ses souvenirs, c'est à partir de ses dix-huit ans. Que s'est-il passé avant? Mystère d'autant plus grand qu'elle ne pleure jamais, ne sait pas pleurer... Pourtant, c'est une femme aimante et sensible. On entre peu à peu dans sa famille. On y rencontre des personnages touchants ou drôles. Le lecteur y éprouvera souvent le bonheur de sourire, l'émotion qui lui fera essuyer quelques larmes... De quoi porter cette histoire en soi longtemps, de la relire sans doute...
Publié le : jeudi 3 décembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342045529
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EAN13 : 9782342045529
Nombre de pages : 150
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À tous les miens.
Jules avait à peine deux ans lorsqu’on repêcha le corps de son père ma-rinier. S’il lui arrive encore de se pencher sur des photos craquelées de cette époque, il lui faut bien convenir qu’il n’en a rien gardé en mémoire. Souvenir de l’appartement de grand-mère Thérèse, où ils habitèrent en-suite quelque temps, sa maman et lui. Au contraire de Grand-mère Thérèse qu’une tristesse perpétuelle sem-blait ronger de l’intérieur, sa mère fait toujours preuve d’une belle humeur. Envers et contre tout, ses jolis yeux bleus rieurs attestent un optimisme permanent. Jules fut un bon élève, collégien et lycéen studieux. Sa mère s’étant juré de le pousser aussi loin que possible en dépit de ses maigres ressources, il est devenu un jeune homme posé, jovial et de bon caractère, qui se destine à l’enseignement du français, la plus belle des langues en perdition juge-t-il. Face à un avenir aussi prometteur, son enthousiasme et son courage sont grands.
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1 Entre deux gorgées de thé, regard noir absent, Gilberte sou-riait à quelque lointain épisode de sa vie. Ses visiteurs n’étaient plus que silhouettes confuses aux voix cotonneuses sans timbre. Blottie dans son fauteuil, elle avait pris soin en s’asseyant de bien placer au bas du dos le coussin ferme et plat censé soutenir des lombaires parfois défaillantes. Coussin devenu peu à peu un objet quasi transitionnel. Même lorsque ses vertèbres se te-naient à carreau, oubliant de se rappeler à son souvenir, elle le trimballait avec elle comme un bambin son doudou. Toujours et partout, pour le cas où… Sauf aux toilettes bien sûr, où son fils promettait depuis deux ans d’installer des poignées de rele-vage dont elle ne voulait pas. « Et puis quoi encore, tu me soupçonnes d’être en état de déliquescence ? », ronchonnait-elle faussement offusquée, sachant de toute manière que la chose ne serait pas réalisée de sitôt ; elle connaissait trop bien son Geof-froy qui, à l’instar de son défunt père, pratiquait couramment la procrastination domestique. Ce qu’elle ne lui reprochait d’ailleurs pas, remettre aux lendemains à venir lui ayant maintes fois évité de commettre des erreurs. C’était bien assez que sa belle-fille Aurélie se précipite trop souvent, sans aucune ré-flexion préalable, dans l’accomplissement d’un acte ou d’une démarche que l’on venait d’envisager vaguement. Que de mala-dresses elle commettait, au nom du sempiternel « Pourquoi remettre à demain ce que tu peux faire dès aujourd’hui. » ! Cependant, la vieille dame admettait volontiers que le tempé-rament fonceur et vaillant d’Aurélie avait aussi du bon, ayant
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COMME UNE PERLE EN SON ÉCRIN...
rendu bien des services au couple. En somme, ils se complé-taient et, à sa connaissance, se disputaient rarement. Ce n’était pas comme elle avec son Ferdinand, surtout au début de son travail en mer, qui impliquait des périodes de séparations inter-minables durant lesquelles il assurait ses quarts de surveillance sur un gigantesque pétrolier. Quant à elle, après avoir été vendeuse dans une boutique « Pré et Post Maman », elle s’était convertie en courtière dans une agence immobilière où elle réussit assez bien mais elle était fréquemment en rendez-vous à des heures incongrues, devant se tenir à la disposition de potentiels acheteurs. Les enfants déjeunant à la pouponnière ou à l’école maternelle, Ferdinand trouvait souvent leur logis désert lorsqu’il rentrait pour deux ou trois jours de repos. Après un coup d’œil au programme de menus travaux à exécuter en urgence durant son séjour, qui l’attendait bien en évidence sur la table du living, il profitait de cette accueillante solitude pour rendre visite à la petite amie que lui attribuait une discrète rumeur et dont elle avait en vain tenté de trouver quelque preuve. Après dîner, les enfants couchés, on s’abreuvait à voix retenue de reproches ou de mots câlins, c’était selon, on pratiquait l’amour puis la joute sans issue de la jalousie, puis encore l’amour, le tout durant une bonne partie de la nuit. Épuisant Ferdinand… Le lendemain, avant de partir pour l’agence, Gilberte brandissait la liste oubliée. « Oui, de-main », disait-il du ton d’un homme affairé et sincèrement désolé, prétextant un impératif rendez-vous avec le directeur d’exploitation de l’Entrepôt. Elle savait que c’était faux, le directeur en question n’ayant que faire du chef d’équipe Souquier dont l’importance était très relative. Cependant, le regardant déambuler dans leur apparte-ment chevelure brune ébouriffée, regard bleu de flibustier pétillant d’une perpétuelle gaîté, stature athlétique adaptée à son poste de chef de quart sur un géant des mers, elle pensait à leurs belles années du début et se sentait toute remuée… Gilberte
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