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Comment dit-on amour ?

De
83 pages
Comment dit-on Amour à une gitane qui vous empêche de mourir en paix ? A une femme refusant de vieillir ? A une jeune fille amoureuse d’un chat ? A un beau musclé ? A un mendiant slave ? A une jeune fille rêvée ? A une femme que l’on quitte ? A un homosexuel ? A une enfant ? A des adolescents turbulents ? Au temps qui passe ?Avec humour, avec tendresse, avec plaisir, avec ironie, avec tolérance, avec mystère, avec lyrisme, avec lucidité, avec simplicité, avec confiance, avec espoir, et avec beaucoup d’amour.
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Comment dit-onamour ?
NOUVELLE© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1097-8 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-1096-X (pour le livre imprimé)Avertissement de l’éditeur
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comLA LUNE ET LE PENDU
Dans des reflets de lune, le pendu, rompant l’im-
muable harmonie du chemin, se balance au bout de
sa corde. Passe un vieux gitan accompagné d’une
jeune fille.
Le vieil homme se met à quatre pattes sous le
penduetlesoulève,lafillecoupelacordeàl’aidedu
grand couteauqu’elle portetoujours à la taille, dans
salargeceinturedetissu,puistousdeuxpoursuivent
leurrouteetleurconversationjusqu’aucampement.
Désœuvré, le pendu leur emboîte le pas.
Au camp, on fait la fête, on mange, on boit, on
danse. Pas en l’honneur du pendu, non, c’est un
soir comme les autres, un soir de joie. Le pendu
fait comme tout le monde, il mange, il boit. Mais il
n’a pas envie de danser. Une question le tourmente.
Pourquoi l’a-t-on dépendu ? Alors, il demande au
vieil homme :
-Pourquoivousêtes-vousmisàquatrepattessous
moi ?
-Pourvoussoulever. Mesbrasn’ontpluslaforce
nécessairepourporterunhomme devotre poids.
Lependu,insatisfaitdelaréponse,s’adressealors
à la jeune fille :
- Pourquoi avez-vous coupé la corde ?
- Parce que vous étiez sur notre chemin.
Et, elle ajoute d’une voix cruelle :
7Comment dit-on amour ?
- Ici, nous n’aimons pas les étrangers qui nous
barrent la route. Seulement ceux qui viennent nous
voirdanser. Ceuxquifontundétourpournousvoir.
Tous le regardent. Le pendu ne sachant plus que
dire s’adresse à eux :
- Comment puis-je vous remercier ?
Le vieux répond d’une voix sans réplique :
-Buvez, mangez, dansez.
Il y a un instant de silence. Puis, faute de nou-
velles questions, la fête, un instant interrompue, re-
commence de plus belle. Le pendu mange avec bon
appétit et boit beaucoup.
Tard dans la nuit - la jeune fille avait disparu -,
le pendu prend encore un verre pour se donner du
courageet,lorsquepluspersonnenes’occupedelui,
il s’assure de la présence de sa corde et veut quitter
le camp. Le vieux souriant et silencieux est sur son
passage, il fait un simple signe du doigt, désignant
une roulotte. Le pendu y pénètre sans frapper à la
porte.
La jeune fille l’attend, assise au bord du lit. Le
penduvoit lecouteau sur l’oreiller etdemande :
- Pourquoi votre couteau ?
Pour toute réponse, elle le prend dans ses bras,
lui ôte ses vêtements et, lorsqu’il est nu, l’oblige à
s’étendre. Puis,elleprendl’armecommeunefemme
amoureuseprendlesexedesonamant,délicatement,
avec amour, sans la violence du désir ou de la pas-
sion, et dénoue lentement, de la pointe du couteau,
la ceinture qui maintient sa robe. Enfin, comme si
la chute dutissuchatoyant avait emporté larugosité
desavoix,ellerépondtendrementàl’inquiétudedu
pendu :
- Pour le cas où vous me barreriez la route.
Etsoncorpsdevientlerefletdelalunesurlalame
nue.
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