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Comment réussir sa vie sans être une rock star

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« Comment réussir sa vie sans être une rock star » est un ensemble de trois longues nouvelles tournant autour de cette thématique :


Que signifie réussir sa vie en ce début de XXIème siècle ? La réponse est ici !

« Tout le monde peut changer sa vie » est le premier texte de ce recueil, structuré comme un court roman.

Alexandre et Nadège ont fui Paris pour racheter une ruine au fin fond de l 'Ardèche. Leur projet : retaper la bâtisse pour créer des chambres d'hôtes. Mais le manque d'argent et la précarité de leur situation vont amener le couple au bord de la rupture. Alors que Nadège travaille ponctuellement à la ville voisine, pour gagner un peu d'argent, Alexandre s'affaire dans son chantier qui peine à avancer. Un homme au bras en écharpe vient frapper à sa porte. Il lui propose une importante somme d'argent si le jeune homme accepte d'aller " creuser un trou ". Alexandre sent bien que l'affaire est plus que douteuse, mais a-t-il les moyens de refuser ? L'enfer commencera sitôt qu'il donnera son accord.

« Les plus belles victoires se forgent au cœur de la défaite » est une nouvelle qui met en scène un sportif de haut niveau dont l'obsession est de gagner l'or olympique.

« Comment réussir sa vie sans être une rock star », dernière nouvelle du recueil qui lui donne son titre, place le lecteur dans la peau de Jean-Louis Leroy, un homme d'une cinquantaine d'années qui, dans sa jeunesse, s'est longtemps rêvé en rock star. Le rêve est passé et il lui faut désormais composer avec un quotidien difficile, les ennuis de santé de sa femme et des enfants au chômage. Jean-Louis pourrait s'accommoder de son existence " s'il n'y avait pas cousin Thomas. " Seulement voilà, il y a cousin Thomas et son insolente réussite : musicien de studio, il est réclamé dans le monde entier. La présence de cousin Thomas lors une fête de famille donne lieu à des scènes aussi cocasses que cruelles pour Jean-Louis. Sans compter que cousin Thomas tente toujours de le convaincre que la seule chose qui compte dans l'existence, " c'est la performance ". Comment réussir sa vie sans être une rock star est la question que se pose Jean-Louis. Surprenant, le dénouement lui apportera une réponse pour le moins inattendue.


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COMMENT RÉUSSIR SA VIE SANS ÊTRE UNE ROCK STAR NOUVELLES
©Éric Scilien
Bookless-Editions
Tous droits réservés
Novembre 2016 Photo de couverture : Pixabay Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou rep roduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement d e l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux term es des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
SOMMAIRE
Tout le monde veut changer de vie
Les plus belles victoires se forgent
au cœur de la défaite
Comment réussir sa vie sans être
une rock star
TOUT LE MONDE VEUT CHANGER DE VIE
« Satan lui-même se déguise en ange de lumière. »
Lettre de PAUL aux Corinthiens (La Bible)
1 - J’y vais. A ce soir ! murmure Nadège sur le seuil de la porte.
Il est tôt, le soleil du petit matin inonde la pièce en chantier d’une clarté lumineuse. Je suis assis en débardeur devant mon bol de café noir, les épaules nouées par des journées trop longues, la tête encore dans l’étau du manque de sommeil.
Depuis que le réveil a sonné, Nadège n’a pas dit un mot.
- Tu ne m’embrasses pas ?
Je la vois hésiter.
- Si.
 C’est moi qui me lève et vais vers elle. Elle s’es suie furtivement une larme au coin des yeux.
- Qu’est-ce qui se passe, Nad ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Rien.
- Si, je vois bien.
J’essaie de la prendre dans mes bras mais elle se dérobe.
- Laisse-moi !
- Dis-moi au moins ce qu’il y a.
Elle évite de me regarder dans les yeux.
- Allez ! Je t écoute.
Ça sort d’un coup :
- Il y a que j’en ai vraiment marre ! Tu te rends compte de la vie qu’on mène ?
- Je sais, c’est pas facile mais…
- Mais quoi ? Au départ, on venait ici avec notre p rojet de chambres d’hôtes mais pas seulement. On voulait aussi faire un enfant, tu te souviens ? Ça fait un an déjà. Et tu remets toujours à plus tard !
- Moi aussi je veux qu’on ait un enfant, Nad. Tu le sais bien. Ce n’est simplement pas le moment. Ce serait ingérable avec tout le boulot qu’on a…
- Alex, il faut que tu regardes les choses en face. On est en train de se planter. C’est beaucoup trop grand pour nous, on n’y arrivera pas !
- Ne dis pas ça. On va y arriver.
 Nadège passe une main dans ses cheveux. Je la vois prendre sur elle pour ne pas se
laisser submerger par l’émotion – à moins qu’elle n e résiste à l’envie de m’arracher les yeux.
- Je préfère te le dire tout de suite, je ne passerai pas un autre hiver dans ces conditions.
- Je sais.  Nous avons débuté les travaux à l’automne de l’ann ée dernière. La bâtisse s’avérant inhabitable en l’état, nous avons fait l’acquisitio n d’une petite caravane d’occasion, le temps des travaux. Ce que je n’avais pas prévu, c’é tait la rudesse de l’hiver. J’étais loin d’imaginer que le thermomètre descendrait si bas, r égulièrement en dessous de zéro. Avec des pics à – 20° et des amas de neige poudreus e de plusieurs mètres de haut. J’avais beau enfiler plusieurs pulls sous ma veste de survêtement, je pelais. Et la doudoune de Nadège ne l’empêchait pas de grelotter presque continuellement.
 Tous les jours, la Burle, le vent froid venu du No rd façonnait le paysage en passant à travers les parois de la caravane et l’épaisseur de nos vêtements pour nous glacer jusqu’aux os. Sans compter que la caravane ne s’est pas révélée en aussi bon état que le prétendait son ancien propriétaire. Très vite, le système de chauffage n’a plus fonctionné que par intermittences. La nuit, nous nous sommes retrouvés plusieurs fois à claquer des dents sous une pile de duvets. Au début, on s’accom modait. On renfilait des pulls. On faisait l’amour sous les couvertures et puis on s’endormait l’un dans l’autre. C’était le début de l’aventure, on était bien ensemble, confiants. S ûrs de nous et de notre avenir. Mais l’inconfort, à la longue ça devient pesant.
Quand l’eau a gelé dans le réservoir et qu’il n’a plus été possible de prendre de douche, il a fallu se résoudre à se laver à la bassine, avec l’eau de la bouilloire. A ce moment, j’ai vraiment cru que Nadège allait péter un câble. J’ai dû lui promettre de remettre très vite en état la salle de bain de la maison, j’en ai fait ma priorité. Absolue.
Elle a tenu bon.
 Comme nous nous trouvions à l’écart des grands axe s, pendant plusieurs mois se déplacer en voiture est devenu franchement compliqué. Nadège ne voulait plus conduire.
 J’ai eu l’opportunité de gagner un peu d’argent en faisant des extras sur Privas. Je rentrais au milieu de la nuit au cœur d’un déluge de pluie et de neige. A vingt à l’heure et dans l’obscurité totale des routes secondaires livrées à la vindicte des éléments naturels. Je retrouvais Nadège angoissée, calfeutrée dans not re caravane sans chauffage, minuscule et fragile îlot de lumière perdu dans le noir au milieu d’un océan neigeux.
 Depuis l’arrivée du printemps, c’est Nadège qui s’ y colle. Ce qui me permet de me consacrer au chantier. - Nad, je te l’ai dit ! Je vais faire réparer le chauffage dans la caravane, je te le promets.
- Et après, ça changera quoi ? Tu ne crois pas qu’o n ferait mieux de tout laisser tomber, revendre ce qu’on peut et reprendre notre vie d’avant ? D’accord, on perdra de l’argent et alors ? On est jeunes, on a du temps devant nous…
- Attends Nad, comment tu peux dire ça ? Avec tout le mal qu’on s’est donné, on ne peut pas lâcher maintenant. Il faut qu’on s’accroche, qu ’on croie en nous. Nos emprunts courent sur des années, si on devait tout arrêter… je ne veux même pas l’envisager !
Nadège baisse les yeux en se mordant les lèvres. Se retient manifestement pour ne pas
pleurer.
- Et puis ce projet, c’est notre rêve à tous les deux, non ?
- Pour moi ce qui compte, c’est qu’on soit ensemble. Et mon plus grand rêve, c’est qu’on ait un enfant, tu le sais ! Après, s’installer ici ou ailleurs ce n’est pas le plus important.
- Ecoute, on va…
- Non, je n’ai plus le temps de discuter. Il faut que j’y aille, sinon je vais être en retard.
 Elle s’échappe. Elle est déjà au bout des planches qui délimitent vaguement une allée jusqu’à sa voiture quand elle ajoute, sans même se retourner :
- Il ne manquerait plus que je me fasse virer !
- On reparlera de tout ça ce soir, Nad.
Mais Nadège ne m’écoute plus. Je la regarde monter dans sa Fiat Uno, une voiture à la carrosserie hors d’âge et au moteur souffreteux, près de la caravane où nous passons nos nuits. C’est ainsi que nous vivons depuis un an. En transit. La maison n’est pas encore habitable – on ne dort pas dans une salle de bain, la seule pièce à peu près terminée. Nad ne m’avait pas laissé le choix, elle n’aurait pas supporté plus longtemps de se laver dans une bassine.
Je lui fais un dernier signe de main.
Dans le vide.
Elle est partie.
 Debout sur le seuil, je suis du regard le trajet d e la Fiat Uno. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse au détour du petit bois, en contrebas. Le silence retombe sur l’horizon vallonné de prairies et de forêts, à perte de vue. Je croyais avoir trouvé notre petit coin de Paradis, ici. En pleine Montagne ardéchoise, à l’écart du Monde. Ça me plaît, oui. Mais ne va pas sans inconvénient. Nous sommes loin de tout - aucun endroit où acheter un paquet de clopes ou une baguette de pain à moins de dix kilomètres à la ronde. Et au niveau boulot, c’est la même chose. Nadège a eu de la chance de trouver quelques semaines de travail à Au benas. Sûrement grâce à sa polyvalence - femme de chambre, serveuse. Elle donne aussi un coup de main en cuisine.
La fraîcheur du petit matin me donne la chair de poule, je rentre à l’intérieur. Je retrouve mon bol de café, un nœud au creux du ventre. Un caf é, une clope. Une roulée, la première de la journée. Goût acre du tabac blond.
Nadège a raison sur un point - on ne tiendra pas indéfiniment sur ce rythme. Moi aussi, je suis crevé. Coucher vers deux ou trois heures du ma t’, lever à sept – même avec la volonté d’y arriver, au bout d’un moment, ça commen ce à tirer dur. Sans compter que refaire une maison de cette taille du plancher au grenier s’avère plus compliqué que je ne pensais. Hier, j’ai passé des heures à repeindre le s plafonds du premier, j’ai le cou endolori et les épaules contractées.
 Je me sens mal dans ma peau, énervé. Les choses ne vont pas comme je voudrais. Si j’essaie d’être objectif, je dirais que la situatio n n’est pas catastrophique - mais qu’elle risque vite de le devenir. Nos réserves d’argent s’ épuisent. Et il reste des tonnes de choses à faire en termes de travaux.
Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir commis d’erreur.
 Si. Un peu quand même. Avec le recul, je m’aperçoi s à quel point j’ai sous-évalué l’ampleur de la tâche. J’ai pêché par impulsivité, excès d’optimisme.
Comme souvent.
Comme toujours, en fait. Je suis trop impulsif, d’un bloc. Quand je me mets une idée en tête, je deviens pire qu’un chien qui s’accroche à son os. Et qui refuse obstinément de le lâcher. L’Ardèche, c’est moi qui ai convaincu Nadèg e. Autant dire que si échec il doit y avoir, il pèsera sur mes épaules.
2  Allez, au boulot ! Vu tout ce qu’il y a à faire, j ’ai l’embarras du choix. Je mène plusieurs chantiers de front – les plafonds et le papier pein t du premier, le carrelage du rez-de-chaussée. Ce qui agace Nadège :
« Comment ça se fait que tu commences tout sans jamais rien terminer ? ! »
« Je te rappelle avoir fini la salle de bain. Je préfère fonctionner comme ça. »
C’est un choix délibéré. Si je faisais les choses les unes après les autres, je visualiserais trop bien ce qui me reste à faire.
Et j’aime autant éviter. Ce matin, je commence par jeter un œil à l’étage, sous la charpente. Il se trouve qu’une partie de la toiture est abîmée. Et qu’hier soir, il a plu à gros bouillons.
 Les couvreurs du coin m’ont répondu qu’il me faudr ait patienter. Ils ont tous des engagements un an à l’avance.
 Pour la toiture, il a fallu parer au plus pressé. Pour éviter les infiltrations, j’ai installé un système provisoire de bâches. En espérant que ça tienne.
Ça tient. Pour le moment.
 Dans le grenier, j’ai abattu des cloisons sans avo ir pris le temps de déblayer. A terme, l’espace pourrait être aménagé en salle de détente. Avec billard ou home-cinéma, l’idée reste à creuser. Il faudra voir au niveau des coûts.
En attendant tout est resté en l’état, dans le désordre et la poussière. En voulant aller trop vite, je marche sur du vieux bois - un clou long co mme le doigt crève la semelle de ma chaussure et s’enfonce profondément au creux de mon pied, la surprise se mêle à la douleur et m’arrache un cri !
 Je m’assois, enlève péniblement ma chaussure. Ça p isse le sang et pour couronner le tout, le clou est rouillé.
Je désinfecte comme je peux. Dans la salle de bain, je trouve un fond de flacon d’alcool à 90°. Je verse tout sur la plaie. Avec de l’adhésif de chantier et un kleenex plié en quatre imbibé de Mercurochrome, je bricole un pansement de fortune.
Ça ira bien. En milieu de matinée, retour au chantier du rez-de-chaussée, notre future salle à manger. Je refais le carrelage, ce qui nécessite enlever l’ancien au préalable, terne et vieillot. Le problème, c’est que les carreaux ont été directemen t collés sur la dalle. Du coup, les retirer au marteau-burin s’avère à une vraie galère. Difficile ne pas abîmer la dalle, alors que les carreaux se cassent en mille morceaux en so ulevant de petits nuages de poussière.
La sonnerie de mon portable m’interrompt. J’hésite, je finis par répondre.
- Salut Alex, c’est Christophe. Je te dérange ?
- Non… enfin si. Je bosse, là. Je refais le carrelage de la pièce principale.