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Concours 2013

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Trois jeunes auteurs, trois nouvelles. Un seul thême: " Steampunk ! "


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Table des matières

MARCUS SELDER

G.BEDWIN

SIRIUS NICE ELEVATOR

Salut à toi, heureux lecteur.

Voici le résultat du concours 2013.

A verba futuroruM dévoile trois jeunes et talentueux écrivains qui chacun dans un style très particulier a su nous faire vibrer. Nous espérons qu’ils continueront à lancer des pics verbaux sur la face obscure de la littérature et vous souhaitons une bonne lecture.


Titre : "Concours 2013"

Auteurs : nouveaux talents

Catégorie : Fiction, Policier, Mystère, Fantasy, Aventure

Source : http://www.averbafuturorum.com

ISBN : 978-2-36955-031-0

MARCUS SELDER

GNOME & RHÔNE

À L’IMPOSSIBLE NOUS SOMMES TENUS

Gnome & Rhône. Les prestations que nous proposons sont uniques. Grace à notre procédé parallèle qui nous permet de nous déplacer sans délai et sans escale à travers le monde, nous transportons dans le respect absolu de votre anonymat et du secret, vos colis, vos messages, ou une personne. Nous sommes également en mesure de procéder à des rapatriements urgents, nécessitant la protection rapprochée et l’utilisation de moyens adaptés tels que des armes à feux. Nos délais de réactions seront les vôtres après études nécessairement très précises de vos exigences et de paramètres météorologiques et topographiques indispensables à la sécurité de nos déplacements. Tarifs raisonnables, paiement après réussite de la mission. Nous contacter: Nous allons vous contacter… Vite.

À partir du 1er janvier jusqu’au 1er mars de cette année, laissez au feutre vert votre numéro de téléphone sur l’intérieur de la porte des toilettes des hommes de la gare Santa Apolonia de Lisbonne. Confiance



la présentation

Notre ami Carlos Dasilva alias Joao Dantas de Lima est un fils de famille riche beau et doué, il a vingt et un ans. Ses parents conscients du potentiel ont guidé ses premiers pas vers les meilleures études dispensées uniquement par des professeurs particuliers coûteux mais agréés. Diplômes, permis de conduire, argent de poche, copines consentantes et abondantes, cela va de soi… rien ne manque.

Madame Dasilva mère:

- Eh ben quoi? On n’allait pas se faire chier à l’envoyer chez le gros tas de chouettes copains du privé ni dans le gros et immonde public ça va pas? Mon Carlos ne supporte que le meilleur, il est comme sa maman, il n’aime pas le médiocre, y’a un problème avec le meilleur? Je n’ai pas d’autre gosse, je ne voulais pas être déformée par les grossesses, je voulais être la première de ma famille de bovines génitrices. Ce gamin-là est parfait. Sinon son éducation nous coûte la peau du dos; entre le cheval, le dessin et cette connerie de flûte traversière, ces dépenses somptuaires prennent des allures africaines. D’ailleurs à ce propos, il va arrêter cette pratique de travelo qu’est la flûte traversière, encore une idée de mon mari, je n’aime pas sa façon de prendre sa flûte en bouche, on dirait moi avec son père, pas de mauvaises habitudes! Cependant, ne croyez pas que j’en fasse une tarlouze, loin de là, il pratique le motocross de haut niveau depuis qu’il sait marcher, il court comme un lièvre et mon jardinier qui me sert de tuteur quand mon mari est au taf l’a initié depuis son plus jeune âge au redoutable «Takhinn-Mouapah», techniques de luttes diverses et complètes. Elle se composent de boxe pieds-poings, coudes-genoux, coups de tête, de combat au sol incluant les clés de membres et les étranglements, de l’énucléation avec l’index, du déchaussage progressif des quenottes à coups de talons, du lancer de canette de bière, du maniement du tabouret de chambrée, et du «jo» (manche à balai en japonais).

Takhinn-Mouapah Wikipédia:

Avant de devenir une marque célèbre de GPS, Magellan revint des Molusques, îles régies maintenant par l’Indonésie, avec dans ses malles un lot de techniques ancestrales de différentes luttes venues du monde entier. Transcrites sur papier, gagnées de haute lutte à la canasta, ces savants mélanges de techniques de combats redoutables se transmettent en secret de jardinier en petit fils d’éboueurs depuis cette époque.

Notre ami Carlos s’ennuie grave dans son monde de bigorneaux comme le papa pingouin qui s’étiole sur la banquise en rêvant à d’autres décors. Comme un bon garçon conscient de la chance qu’il a d’être né dans une famille aisée d’un pays à l’économie très moyenne, il étudie avec conviction et ne déçoit jamais. Jamais un mouvement d’humeur, aucun mot plus haut que l’autre, il sait qu’il n’en a pas le droit, sa vie est abondance, les gens qui l’accompagnent ne sont là que pour l’aider. Se révolter? Mais contre qui, contre quoi et pourquoi? Même l’avenir est assuré par les relations des parents. Un rêve alors?

Carlos a entendu parler d’une armée en France, une armée composée d’étrangers, une armée d’aventuriers et de repris de justesse, la Légion Étrangère. Le jardinier qui s’occupe de sa mère en l’absence de son père et qui l’instruit en les choses du Tackhinn-Mouapah est un ancien légionnaire. Après la leçon quotidienne, le rustique se lâche et lui parle de ses anciens frères d’armes et ses campagnes à travers le monde, ses anecdotes, ses amours, ses bagarres, sa dure vie de soldat qui ne fait que lui manquer tous les jours de sa vie…

- Raconte-moi encore!

Depuis qu’il a cinq ans il entend les histoires de son maître d’armes, aujourd’hui il est prêt. Prêt à quoi? Prêt à se barrer, tout simplement, tailler la route, faire sa vie ailleurs mais pas ici. Son père lui a dégoté un boulot dans sa boite, un taf étonnamment bien rémunéré pour un débutant, avec grande, mais très grande possibilité d’évolution à moyen terme. Cette place l’attend depuis son diplôme, avec les camarades de classe qu’il aurait dû avoir, enfants de dirigeants - comme lui - mais moins bien-nés pour prétendre quand même à une situation aussi élevée.

Le père:

- Tu iras te présenter lundi matin dix heures à l’adresse que voici, le nom de l’entreprise est Ghore-Mône SA, une boite d’import-export, une filiale de mon entreprise; n’hésites pas à signaler que tu es mon fils à tous les employés que tu croiseras, histoire de te faire haïr tout de suite.

« Une fois ma journée terminée et enfin seul, pensa Carlos, je prendrai le train pour la France et m’arrêterai à Perpignan, de là, j’irai à ce fameux poste d’information de la Légion Étrangère d’où je pourrai m’engager et partir à l’aventure et au danger. Je ne prendrai qu’un simple sac de sport avec un peu de rechange, je ne reviendrai ni à la maison ni à ce travail qui déjà m’exaspère, je vais appliquer un vieux précepte très portugais qui affirme que l’ingratitude est la grandeur des peuples. Comme les femmes ont des montées de lait, je sens monter en moi l’ingratitude, waouh, c’est bon la honte! »

Jour J, heure H. Complètement à l’ouest, Carlos Dasilva arrive au pied d’une tour dans un quartier industriel et cherche un nom d’entreprise qui s’apparente à quelque chose comme «Ghore-Mône».

Ce que ne sait pas notre jeune ami, c’est qu’il s’est complètement gouré d’adresse tellement il n’est pas concentré; il n’a qu’une envie, c’est de prendre son train pour la France et ce sera seulement ce soir. Il cherche, il cherche et il voit sur un post-it mal placé sous les boites aux lettres «Gnome & Rhône». Enfin!

- Me voilà rendu, c’est étrange, rien n’indique l’étage, diantre, ça commence bien, je vais monter et inspecter les portes et couloirs; je finirais bien par trouver.

Dix étages plus tard, rien. Il arrive au niveau de l’échelle rouillée donnant accès au toit. Il se met à marmonner :

« Mais c’est où, “Gnome & Rhône” ? Mince! »

La trappe - trou d’homme - qui permet l’accès au toit s’ouvre brusquement, une voix l’interpelle…

- C’est ici, vous venez pour l’annonce?

- C’est mon père qui m’envoie.

- Ah bon, montez rapidement s’il vous plait, vous fermerez derrière vous!

Sur le toit, Carlos est très intrigué par l’endroit. Ça ressemble à un surplus de l’armée abandonné et laissé aux bons soins d’un aborigène qui s’adresse à lui en gesticulant et se prétend son employeur.

- J’ai besoin d’un collaborateur, ça urge, un gars en qui je dois avoir une confiance absolue, pas un mouton suiveur, un sujet à part entière; présentez-vous; qu’est ce que vous savez faire et uniquement de vos dix doigts, parlez, faites bref.

- Concrètement pas grand chose. Je suis habile à la bagarre, je sais piloter des motos de cross, j’ai des diplômes qui attestent que j’apprends facilement des choses compliquées et que je restitue assez bien ce qu’on m’enseigne. J’aime les roses et les fleurs d’oranger, je m’égosille lorsque j’ai du chagrin, je chausse du quarante-huit et porte des caleçons longs.

« À propos, je suis bien chez Gore-Mône, vous travaillez pour mon père, qu’attendez-vous de moi? Je vais être franc avec vous, je ne vais pas m’éterniser ici, j’ai des projets d’aventures, de voyages et de combats dans les rangs de la Légion Étrangère, et ce dès ce soir. »

- Je bosse pour moi et personne d’autre, ici c’est Gnome & Rhône, je fais du transport parallèle et pour ce que tu viens d’énumérer à propos d‘évasion, pas besoin d’aller en France, je suis en mesure de t’offrir de vivre tes rêves à partir d’ici-même!

- Je crois que je me suis trompé d’adresse, je vais y aller.

- Attends, peut être pas… Écoute et regarde, je vais faire les questions et les réponses. Vois le matériel sur ce toit, la trappe ne peut faire passer que des petits outils et des hommes, vois la moto et interroge toi sur sa place, son usage et surtout comment est-ce possible. Si tu décides de m’assister, je t’emmènerai partout dans le monde, au danger souvent, dans l’illégalité toujours, gagner parfois des sous à faire le taxi et la messagerie. Si tu ne veux pas rentrer chez toi, j’ai tout le dernier étage que je squatte avec ma mère, tu es le bienvenu. Ma mère travaille comme femme de ménage dans des bureaux et dame pipi à la gare de Lisbonne, c’est elle qui récupère le téléphone des clients à contacter dans les toilettes des hommes et qui les efface aussitôt après me les avoir transmis. Tiens, là, tout de suite, on va aller au Japon, on sera revenu dans une heure, le temps de t’expliquer le procédé nécessaire. Viens!

- Je ne vous connais pas et vous me faites déjà confiance alors que vous, vous ne me connaissez pas.

Michel Onfray : Cette phrase est stupide, mais je la laisse dans son jus du matin car elle tient dans la main

- Merci Michel!

Gnome:

- C’est pas vrai, j’ai l’impression de t’avoir toujours connu, si tu es là, ce n’est pas par hasard… je crois au destin et ton destin, c’est moi. Qu’as tu à perdre, qui t’attends, viens, as-tu peur?

- Même pas, je ne sais pas pourquoi.

- Je t’emmène au Japon pour définitivement te motiver sur l’heure, embarque! Tu sais piloter des motos, ce n’est pas mon fort la moto, pilote, toi!

Une heure plus tard…

- Alors, qu’est ce que tu dis de ça?

- Putain, c’est génial, j’y crois pas, je suis ton homme!

- À la bonne heure, au fait, moi c’est Gnome, tu seras Rhône, à partir de tout de suite. En attendant un client, une fois posé ton sac dans ton nouveau chez toi, je te brieferai sur le matos et le minimum de sécurité qui fera qu’on sera crédibles…

- Et quand on n’aura pas de travail qu’est ce qu’on fera?

- Plomberie, carrelage, plâtre, divers travaux de maçonnerie, au black naturellement, je ne paye pas d’impôt; si tu veux je t’apprendrai.

- Ah ouais, bon plan le bagage manuel, je marche!

La mission:
Le contrat immobilier.

Amalia Pereira vient de terminer de brillantes études de commerce, parle trois langues avec une facilité qui agace, traduit simultanément et négocie avec la diplomatie et la gentillesse d’une jeune personne intelligente. Elle vient d’être embauchée à l’essai dans une grande agence immobilière de Lisbonne. Aussi, pleine d’enthousiasme, chose si naturelle chez une jeune, elle se donne sans compter; les clients l’adorent, surtout les asiatiques qui raffolent des blondes bien blanches avec des gros tétés!

Michel Onfray:

- Brune et velue aurait été plus convaincant, surtout pour une portugaise!

- Merci Michel!

Jolie et intelligente, c’est décidément trop pour le troupeau de nuisibles quadragénaires qui lui servent de collègues, ou plutôt de simples relations de travail imposées par la boite.

- Il faut laisser sa chance aux jeunes, pas la leur donner, on ne peut tout de même pas tout leur mettre dans le bec, nous qui avons eu si peu!

C’est donc en conformité que tous les matins depuis deux mois, on laisse de petits travaux de traduction et de paperasses à notre Amalia, il faut bien commencer. La valeur n’attend pas le nombre des années, c’est le père Corneille qui l’a dit, Corneille, le dramaturge pas le chanteur, j’entends. Néanmoins, le staff de commerciaux de la boite ne l’entend pas de cette oreille, ça jalouse sec! On la trouve un peu jeune, prétentieuse, avide et vulgaire comme cette cuistre de Lara Fabian, on l’aimerait mieux borgne et mongolienne, parce qu’on trouve toujours des qualités ou une beauté intérieure aux bancales, z’avez qu’à demander à Laurène!

Michel Onfray :

- Putain de facho!

- Merci Michel!

Par contre, on trouvera formidable et bouleversant, un trisomique que l’état exige d’embaucher et qui triera des étiquettes rouges et pas jaunes. La jeune Amalia se remémore quelquefois, en rentrant chez elle, le doux temps de l’insouciance, à l’école de commerce de Lisbonne, d’ailleurs elle en sanglote d’émotion, toute seule dans sa kitchenette de débutante dans la vie, qui doit en chier salement sa race avant de mériter un regard compatissant d’un de ses aînés (Attention, c’est le passage Cosette!)

Eh oui, la miss, si le simple talent suffisait, ça se saurait!

La période de Noël approchant, une affaire juteuse est proposée à un ancien par le patron de l’agence:

- Licurgo, je m’adresse à vous comme le plus expérimenté et aussi le plus ancien de la maison, il s’agit de fourguer des locaux neufs à un bandit local en Angola, au centre de la capitale. Il me faut un diplomate: j’ai pensé à vous, car vous représentez la magnificence de la culture portugaise, dites moi oui!

- Franchement non, patron, Noël approche, je voudrais ne pas manquer l’anniversaire de la naissance du Christ, faire baptiser mon dernier fils par la même occasion; ma fille vient de se convertir à l’islam, on circoncit son fils le lendemain de Noël en même temps qu’on excise sa fille cadette, alors vous voyez, votre bandit, il peut aller au diable!

- En effet, dites donc, c’est fou ce que les fêtes religieuses ralentissent la bonne marche du monde.

- Par contre, dit Licurgo, la petite Amalia est just-baptised, et pas pratiquante du tout, elle est un peu mal vue par les autres à cause de ça; je propose comme ça en passant, afin qu’elle fasse un peu ses preuves, surtout en matière de disponibilité, qu’il serait de bon ton de l’envoyer tester sa loyauté en même temps que ses compétences, hmmm?

- Puissamment raisonné, je vais de ce pas la stresser et la mettre sous tension, j’en profiterai pour lui gonfler la patate sur son avenir dans la société, ainsi que l’honneur qui lui est chu d’une mission de mouise pareille.

Le patron se fige devant son miroir et prépare le faciès qui doit convaincre et impressionner la jeune Amalia. Eugène - le patron s’appelle comme ça, sans doute en remerciements de l’accueil reçu en France par son grand-père… - une fois sa réplique sue - on transpire beaucoup à Lisbonne... presque autant que dans les Mystères de paris -, convoque sa jeune collaboratrice (puisqu’à présent, elle est collaboratriceà temps complet), et lui tint à peu près ce langage, comme disait le fameux fabuliste portugais Joao Della-Fontana.

- Je vous envoie en Angola, à Luanda, négocier la vente de locaux administratifs à des bandits locaux très dangereux et très motivés. Tirez-en un prix plus que raisonnable et faites honneur à notre maison. Un bon conseil, réussissez: il y va de votre place chez nous, sans oublier l’éventuelle appréciation parallèle téléphonique négative sur le marché du travail que je vais vous faire si vous foirez votre coup. Ça vient de nous tomber dessus, vous êtes la dernière arrivée dans la boite, ça pouvait pas mieux tomber, de plus, avec les événements de guerre civile actuels, je vous souhaite bien du plaisir! Avec les soucis de grèves d’avion, de guerre, de fréquentations de bandits dangereux, je pense que vous ne serez pas ennuyée avec votre cycle, ce mois- ci! Ah ah! Folle jeunesse, je vous envie! Nous sommes le 22 décembre, le 26, c’est terminé. Ah ah, ne dépensez pas trop, vous n’avez ni le choix, ni de questions, vous pouvez disposer! Ah oui, si vous réussissez, vous prenez la place du gros con qui a si bien suggéré votre candidature, vous avez ma parole. Dieu vous garde, Amalia!

- Merci de votre confiance, monsieur.

- Bien dit, jeune fille, je vous laisse… les vêpres !

Il est déjà dix-huit heures, une journée de perdue, pense-t-elle. Mais avant de rentrer, elle décide de réserver une place en classe très économique, direction Luanda, capitale de l’Angola. Malheureusement, la madame des renseignements de l’aéroport a bien précisé et confirmé que tous les vols pour l’Angola étaient suspendus jusqu’à nouvel ordre. Pas de charter non plus, ce serait trop simple: la madame, elle a conseillé la voie maritime.

- Trop long, pas efficace, pense Amalia.

Nos cinquante cinq kilos d’héroïne pure commencent salement à paniquer...

Michel Onfray : une paille peut-être ?

-Merci Michel

Le temps presse, elle décide de prendre contact avec le client en question, mais pas en PCV. Elle décrétera un petit délai, le temps que les choses se tassent disait Staline… On laisse couler un peu d’eau sous les ponts, on se redonne rendez-vous, et puis, on renégocie, et si possible par téléphone, on ne va quand même pas faire des kilomètres pour si peu! Pas idiote, la pupuce!

Forte de ce qu’elle vient de se convaincre, elle téléphone au client en question, déballe d’un trait ce qu’elle vient de penser, et se voit répondre d’une voix à la limite de l’insolence:

- Je crois que ça va pas être possible, chère mademoiselle, je vous passe mon patron, patientez, je vous prie…

Le patron en question agrippe le combiné et se lâche:

- Écoutez bien, mon enfant, vos locaux m’intéressent. Soit vous vous déplacez pour me les vendre, et accessoirement en tirer un bon prix, que je vous fixerai, bien entendu, et ça se passera bien, ou alors je me les approprie! C’est moi qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays de merde, et ce depuis quelques semaines, vous avez dû en entendre parler. Le coup d’état, les réquisitions, les abus etc. C’est moi! Mais je vous offre un scoop, ça va se tasser dans les jours à venir, un collègue à moi va être mis en place au gouvernement par mes soins, un socialiste, il s’appelle Leonel Jospinao, un pantin de gauche, qui a fui la France pour une triste affaire de déprime politique. Là, en ce moment, il est chez moi, il finit de cicatriser au niveau du visage, il y avait du boulot, je ne m’étends pas. Ce type est incroyable, il est capable de vous foutre un pays dans la mouise aussi sûrement qu’une royaliste. Pour mes affaires, il est parfait; seulement voilà, il sera sec et en place dans trois jours, pas après, sinon on aura la communauté internationale sur le râble, en même temps que des troupes fraîches en casque bleu, quelle horreur! Je ne vous explique pas le manque à gagner!

« Bref, j’ai besoin d’acheter en urgence vos locaux, les gens que je placerai ont besoin de bâtiments neufs et modernes, vous voyez! Bon, j’abrège, vous êtes là dans deux jours et on fait affaire, vos problèmes de cul et d’avions supprimés ne sont pas des paramètres, débrouillez-vous! »

- Mais Monsieur, vous ne préférez pas attendre un peu? Après Noël, ça vous irait?

- Vous êtes sourdeet conne ou simplement mal comprenante et malentendante? J’ai dit deux jours...