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Confession d'un tricheur

De
191 pages
François, homme calculateur et cynique, est fasciné par la personnalité brillante et l’intelligence intuitive de Simon. Ils se lient d’une amitié intellectuelle, exaltée par les drogues. Leur chemin croise celui d’Alexandra, dont ils tombent tous deux amoureux. S’instaure une relation triangulaire complexe, où séduction, jalousie et amour se mêlent dangereusement. Ce trio fascinant et ambigu explose lorsque François dérobe à Simon son carnet, qu’il utilise pour lui voler ses idées et ruiner sa vie. Mais tandis que le mariage d’Alexandra et de François se prépare, Simon réapparaît… Un roman au style précis et percutant, à la plume acérée d’un auteur à l’esprit cartésien.
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© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-7925-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748179255 (livre numérique) ISBN : 2-7481-7924-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748179248 (livre imprimé)
1 Alexandra me froisse au passage, Chanel, poudre et soie sauvage. Elle retourne à la porte, crie quelques ordres dans le couloir, revient me chercher. « Tu passes à l’habillage », elle me prend la main, ses ongles s’enfoncent, ses muscles se tendent, elle me tire sans effort et je la suis dans ma chambre. Une femme attend, une grosse femme assise sur un tabouret couvert de tissu. Elle détaille mes épaules, mon ventre, mes cuisses, mes mollets, finit par me regarder en face. « Bonjour, monsieur. » Alexandra nous quitte. Je me tiens, sage, face à la couturière. Elle prend des mesures, qu’elle reporte sur un petit calepin fixé sur son avant-bras. Je pense à mes couleurs. Quelques minutes plus tard - j’avais entendu sans réagir la sonnerie de la porte d’entrée -Alexandra-Chanel revient avec Henri. Je l’accueille d’un « monsieur le maire » conventionnel, il me reprend : « allons, François, on se connaît depuis toujours, tes
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enfants seront mes enfants, c’est un vrai bonheur… appelle-moi Henri ! » D’un grand pas il se jette sur moi, me serre dans ses bras. La main de la couturière au ras de mon caleçon me fait trembler. La couturière insiste, vérifie mon tour de cuisse, un aperçu du décolleté d’Alexandra me déride l’entrejambe. Je secoue Henri qui ne me lâche pas, encouragements et félicitations plein la bouche. Alexandra s’interpose, accroche Henri par l’aileron et l’emmène boire un verre au salon d’été. La couturière finit de mesurer. Un coup d’œil professionnel sur la géométrie de mon caleçon : « je vois que monsieur porte à gauche » puis elle se lève et sort de la chambre. Je m’allonge. Le moulin apparaît dans la fenêtre, loin, les arbres se bousculent dans le vent. Encore quinze jours... * Assis en train de chier, j’attends le passage du dedans au dehors, cet entre-deux fugace et dynamique, transition indispensable. * Je me récite des pages du carnet. Je les mâche. Je les déguste. * Les théories mathématiques m’apprendraient à formuler la richesse cachée du monde binaire. J’en lisais déjà les prémisses dans le parcours de l’étron que je
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