Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Conséquences lyriques

De
341 pages
De Los Angeles à Montréal, en passant par Paris, Conséquences lyriques, est un roman savamment déconstruit, pour ne pas dire cubiste, et constitué de six groupes de personnages. L’histoire étant un assemblage de faits divers, et le lecteur est appelé à tisser les liens selon les indices soigneusement distillés par l’auteur.
Pour son premier roman chez Québec Amérique, Pierre Yergeau se livre à un exercice de haute voltige qui questionne les mécanismes de la création et qui a l’américanité en trame de fond. Nous sommes toutefois en désaccord avec le narrateur du roman, qui stipule que « Un livre devrait se terminer par la mort de son auteur » !
Dans ce roman, vous êtes invités à suivre les péripéties d’un chasseur d’extraterrestres, d’une journaliste spécialisée dans les faits divers et dont le père ressemble à s’y méprendre à John Wayne, d’un policier, d’un ex-mannequin Calvin Klein amateur d’enterrements, d’une grosse dame de plus 300 livres et de son jeune fils, d’un scénariste québécois qui a des conversations avec un alligator qui aime les bonbons, et, en prime, de l’énigmatique Gomme, degré zéro du personnage. Même Céline Dion fait son apparition dans ce cortège pour le moins hétéroclite ! Et votre travail de lecteur consiste à déterminer qui sert d’inspiration à qui ? Bonne chance !
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Champion et Ooneemeetoo

de editions-prise-de-parole

Chloé Tome 1- Comme une cage grande ouverte

de les-editions-quebec-amerique

Requiem pour une rock star

de la-courte-echelle

Extrait de la publicationLittérature d’Amérique
Collection dirigée par
Isabelle Longpré
Extrait de la publicationDu même auteur
La Cité des vents, L’Instant même, 2005.
Les Amours perdues, L’I 2004.
Banlieue, L’Instant même, 2002.
La Désertion, L’I 2001.
Du virtuel à la romance, L’Instant même, 1999.
La Recherche de l’histoire, L’I 1998.
Ballade sous la pluie, L’Instant même, 1997.
L’Écrivain public, L’I 1996.
1999, L’Instant même, 1995.
La Complainte d’Alexis-le-trotteur, L’Instant même, 1993.
Tu attends la neige, Léonard ?, L’I 1992.
Extrait de la publicationConséquences lyriques
Extrait de la publicationCatalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales
du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Yergeau, Pierre
Conséquences lyriques
(Littérature d'Amérique)

ISBN 978-2-7644-0762-2 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-1021-9 (PDF)
ISBN 978-2-7644-2262-5 (EPUB)

I. Titre. II. Collection: Collection Littérature d'Amérique.
PS8597.E73C66 2010 C843'.54 C2010-941047-5
PS9597.E73C66 2010
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par
l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour
l’édition de livres – Gestion SODEC.
Les Éditions Québec Amérique bénéficient du programme de subvention
globale du Conseil des Arts du Canada. Elles tiennent également à
remercier la SODEC pour son appui financier.
L'auteur remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec pour
son soutien financier lors de la rédaction de ce roman.
Québec Amérique
e329, rue de la Commune Ouest, 3 étage
Montréal (Québec) Canada H2Y 2E1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010
eDépôt légal : 3 trimestre 2010
Bibliothèque nationale du Québec
Bdu Canada
Projet dirigé par Isabelle Longpré
en collaboration avec Normand de Bellefeuille
Mise en pages : Karine Raymond
Révision linguistique : Diane-Monique Daviau et Céline Bouchard
Direction artistique : Isabelle Lépine
Adaptation de la grille graphique : Célia Provencher-Galarneau
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
© 2010 Éditions Québec Amérique inc.
www.quebec-amerique.com
Extrait de la publicationPierre Yergeau
Conséquences lyriques
roman
QUÉBEC AMÉRIQUEExtrait de la publicationÀ Bill et à son alligator Barbara,
pour m’avoir hébergé à L.A.
pendant que je déprimais.
Extrait de la publicationExtrait de la publicationLos Angeles 2009
Extrait de la publicationExtrait de la publicatione tournage s’est déplacé vers la banlieue de Los Angeles, Ldans un de ces quartiers éloignés du littoral où les
centres commerciaux ressemblent à des ruines mayas.
Dans ces vastes marchés publics, les vieillards se perdent.
On peut voir vingt vies par seconde défiler dans un
état second. Les familles errent de boutique en boutique,
s’assoient un instant autour de bassins où des pièces de
monnaie scintillent sous une eau limpide. Des offrandes
aux dieux de la chance et du rêve américain.
Il y règne une puissante impression de tranquillité et
de paix. Dans une vitrine, un mannequin au visage
plâtré, au regard vide, ouvre les bras. Éparpillés autour de
ces centres, les bungalows s’étalent comme un alphabet
en caractères gras.
On aperçoit des voitures qui se déplacent avec
lenteur, et des chats éclopés. Dans les arrière-cours, il y a du
sable blondissant et des balançoires pour des enfants qui
ne sont pas nés.Cette vie de possession donne le vertige à
quiconque a tourné le dos à ses plaisirs. Encore aujourd’hui il
subsiste quelque chose du temps disparu, malgré les
rénovations, les câbles électriques enfouis sous terre, les
nouvelles maisons. Des fantômes, des phrases sans
contenu, des ensommeillements en quittant la chambre
pour prendre le petit-déjeuner. Un débordement
silencieux. Des bruits de mastication et des rires qui agacent.
Des hommes solitaires courent dans les rues en
survêtement de jogging. Là-haut, des reflux de lumière
scintillante et mauve effleurent les nuages. Un condor
fond dans le ciel, à la recherche d’un cadavre échoué
plus loin sur les côtes.
— C’est un dieu, s’exclame une dame au visage de
rat musqué.
— Je l’ai vu dans Venus de l’espace…
— C’est une doublure !
— Tu crois ?
— J’en suis sûre.
— Est-ce qu’ils vont tourner bientôt ?
— Ça fait une heure que j’attends ici et il ne s’est
encore rien passé…
Extrait de la publicationLes camions de la régie technique et les roulottes des
acteurs encombrent la rue. Les roulottes sont
particulièrement intrigantes. Elles sollicitent un effort
d’imagination et provoquent des espérances. Un des camions est
muni d’antennes paraboliques.
Cela crée un désordre un peu effrayant, à première
vue, et monopolise les conversations qui tourneraient
autrement autour du prix de l’essence ou du terrorisme.
Des curieux s’approchent.
Ils avancent d’abord un à un, attirés par le
débarquement des caisses de l’équipe technique, puis forment
des groupes. Ils cherchent un visage connu. Un nom
qui, à lui seul, a le pouvoir d’attirer les foules.
Un de ces Immortels de Hollywood mis à mort
d’innombrables fois, dans les plaines mélancoliques de la
Virginie, les rues de New York où l’héroïne est entourée
du carrelage lumineux des édifices qui se réverbère sur
Extrait de la publicationles pavés mouillés ou dans ces mondes virtuels et sans
issues où l’inaction signifie une mort certaine.
Des Immortels se tiennent à l’abri dans les roulottes.
Ils ne vieillissent pas. Leurs visages subissent des
transformations subites. Ils voyagent dans le temps, parmi
tous les récits qui s’entrecroisent et les énigmes
interprétées sur une trame musicale enlevante.
Lorsque la vieillesse survient et que le corps est
condamné, ils conservent en eux les fragments des récits
qui ont marqué votre psyché. Ils étaient de toutes les
célébrations, sur les champs de bataille, sur la planète
Kronos ou à la Maison Blanche. Ils étaient à la fois dans la
réalité, soulevant dans les airs un Oscar, et dans cette
zone trouble où le miracle est possible et la perte un
objet si beau qu’il nous rappelle nos propres instants de
plaisir délirant.
Une grande femme osseuse, qui porte un chandail et
des culottes courtes Nike, pointe un doigt vers un
vieillard qui salue de loin la foule. Elle s’écrie, enthousiaste :
— C’est Jack !
Weede Bogart – ce n’est pas son vrai nom de famille –,
le directeur du son, a l’habitude de ce genre de méprise.
Il travaille depuis assez longtemps dans le monde de
l’illu sion pour savoir que les gens ont un regard spirituel
sur les êtres et les choses qui ont un lien à Hollywood. Il
se trémousse en regardant droit devant lui.
C’est un vieillard capricieux qui aime se balader en
peignoir le matin près de sa piscine et qui cherche avec
vigueur ce qu’il ne peut plus posséder. Il a fait la guerre
de Corée avec une seule idée en tête : ne pas se faire abattre.
Extrait de la publicationC’est ainsi qu’il a survécu, dit-il, à ses quatre divorces.
Au loin, un disque rouge disparaît derrière un écran de
smog. Il fait 40 degrés à l’ombre.
Un vent chaud du Pacifique souffle depuis la côte, à
dix kilomètres plus à l’ouest. La chaleur rend l’équipe
de tournage nerveuse. On dirait qu’une grenade vient
d’éclater. Tout ce que l’on remarque des gens, ce sont
leurs imperfections physiques et la difficulté qu’ils ont à
se mouvoir et comment ils ont l’air engourdi et avachi.
Extrait de la publicationLes machinistes et les techniciens s’affairent devant
le pavillon de banlieue. Regarder un bungalow est une
expérience esthétique, au même titre que la
contemplation d’un tableau de Piero della Francesca où les profils
altiers des personnages semblent pétris dans de la pâte à
modeler. Le régisseur a glissé un mouchoir blanc sous sa
casquette des Yankees et semble exaspéré.
Plus loin, un homme obèse transporte une boîte de
carton sur une épaule et s’immobilise sous un arbre. Il s’est
arrêté brusquement, comme s’il craignait de déraper sur
le gazon. Il reste un instant sans bouger, en fermant les
yeux. Sa tête oscille un peu. La sueur perle à son front. Il
doit savourer le faible vent sur sa peau humide. Il est si
gros, si bien nourri, et il est parfaitement inutile
d’imaginer ce que sa vie peut être, à moins que quelqu’un à
Hollywood ait besoin d’un personnage secondaire rigolo.les objets volants non identifiés
Extrait de la publicationC’était peut-être un de ces drames personnels devant
lequel il ne trouvait pas les mots. Il évitait de mentionner
son nom. Sa vie était devenue un champ de bataille. Cela
donnait aussi de la substance à sa personnalité qui
autrement se serait résumée à des gins tonics et des sauteries.
Si vous essayez de mesurer l’étendue de votre échec,
il n’y a pas de règles établies. Personne ne vous remettra
un diplôme. Lorsque je suis arrivé sur la côte Ouest,
j’avais hâte de voir certaines choses, comme le Pacifique,
ou les plateaux de tournage. L’échec, c’est peut-être
lorsqu’il fait encore jour et que vous n’attendez plus
rien. Je me demande pourquoi les gens disent que Dieu
est invisible.Extrait de la publication