Contes et nouvelles

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BnF collection ebooks - "Jadis régnait en Lombardie Un prince aussi beau que le jour Et tel que des beautés qui régnaient à sa cour La moitié lui portait envie, L'autre moitié brûlait pour lui d'amour. Un jour, en se mirant : « Je fais, dit-il, gageure Qu'il n'est mortel dans la nature Qui me soit égal en appas, Et gage, si l'on veut, la meilleure province De mes Etats."

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Publié le : jeudi 31 mars 2016
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EAN13 : 9782346017850
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Avertissement1

LES nouvelles en vers dont ce livre fait part au public, et dont l’une est tirée de l’Arioste2, l’autre de Boccace3, quoique d’un style bien différent, sont toutefois d’une même main. L’auteur a voulu éprouver lequel caractère est le plus propre pour rimer des contes. Il a cru que les vers irréguliers ayant un air qui tient beaucoup de la prose, cette manière pourrait sembler la plus naturelle, et par conséquent la meilleure4. D’autre part aussi le vieux langage, pour les choses de cette nature, a des grâces que celui de notre siècle n’a pas. Les Cent Nouvelles nouvelles5, les vieilles traductions de Boccace6 et des Amadis7, Rabelais, nos anciens poètes, nous en fournissent des preuves infaillibles. L’auteur a donc tenté ces deux voies8 sans être encore certain laquelle est la bonne. C’est au lecteur à le déterminer là-dessus ; car il ne prétend pas en demeurer là, et il a déjà jeté les yeux sur d’autres nouvelles pour les rimer. Mais auparavant il faut qu’il soit assuré du succès de celles-ci9, et du goût de la plupart des personnes qui les liront. En cela, comme en d’autres choses, Térence lui doit servir de modèle. Ce poète n’écrivoit pas pour se satisfaire seulement, ou pour satisfaire un petit nombre de gens choisis ; il avoit pour but :

Populo ut placerent quas fecisset fabulas10.
1Cet Avertissement parut en tête des Nouvelles en vers tirée (sic (Remarquons que IV du mot Nouvelles, du moins dans l’exemplaire de la Bibliothèque nationale, semble avoir été ajoutée après coup ; que la pagination recommence avec Joconde ; et que le Privilège ne mentionne pas le Cocu : ce conte aura donc été tardivement intercalé dans le recueil.)) de Boccace et de l’Arioste. Par M. de L.F., à Paris, chez Claude Barbiu, vis-à-vis le portail de la Sainte-Chapelle, au Signe de la Croix, 1665, in-12. Le Privilège est du 14 janvier 1664 ; l’Achevé d’imprimer du 10 décembre de la même année. Il est probable que l’ouvrage fut mis en vente dans le courant de ce mois de décembre, puisque Denis de Sallo, dans le Journal des Savants du 26 janvier 1665 (p. 39-41), l’annonce et en donne l’analyse. Ce volume contient cet Avertissement (I feuillet non chiffré), le Cocu battu et content (p. 5-11), qui précède l’extrait du Privilège (non paginé), Joconde ou l’infidélité des femmes (p. 1-32), et, en outre, pour le grossir, la Matrone d’Éphèse (p. 33-60), imitation de Pétrone par Saint-Evremond, en prose mêlée de vingt vers(Cette imitation est très différente dans les éditions de Saint-Évremond publiées par Barbin, par des Maizeaux, ou données d’après celui-ci, elle est beaucoup plus courte et ne contient que deux vers.). Il est aussi dans le troisième recueil de 1665, de 104 pages, in-12, contenant dix contes, la Matrone d’Éphèse de Saint-Évremond (où un des vers insérés est passé, le 14e), et trois poésies.
2Joconde.
3Le Cocu battu et content
4Ce fut aussi pour la Fontaine un utile exercice qui le prépara à la manière des fables : il s’accoutuma ainsi à la narration en vers libres, à cette fusion de tous les rythmes où personne, sauf Molière dans Amphitryon, n’a réussi comme lui.
5Les Cent Nouvelles. (1665 C.) – Les Cent Nouvelles nouvelles composées et récitées par nouvelles gens, auxquelles collabora, croit-on, Louis XI, alors qu’il n’était encore que dauphin, furent racontées de 1456 à 1461, dans les États de Philippe, duc de Bourgogne, où il s’était réfugié, après sa rupture avec son père, au château de Genappe, près de Bruxelles : c’est ce que dit la note insérée par l’imprimeur Antoine Vérard à la fin de la dédicace du volume (Paris, 1486, in-fol.). Chaque nouvelle porte le nom du narrateur prétendu, et quelques-unes celui de Monseigneur, c’est-à-dire du Dauphin, et de Monseigneur le duc, à savoir du fils du vieux duc Philippe, le comte de Charolais, connu plus tard sous le nom du duc Charles, Charles le Téméraire. Mais on est porté à croire que le véritable auteur du recueil, celui qui a rédigé et mis en œuvre tous ces récits d’un style uniforme, est Antoine de la Sale, un des narrateurs désignés dans le livre, premier maître d’hôtel du duc de Bourgogne, à qui l’on doit un autre célèbre ouvrage, le Petit Iehan de Saintré, et probablement les Quinze Ioyes de mariage.
6Comme celle de Laurens du Premierfait, Paris, 1485, in-fol., réimprimée en 1521, 1534, 1537, etc., traduction très infidèle ; ou celle d’Antoine le Maçon, Paris, 1545, in-fol., qu’il dédia à la reine Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, et que le savant abbé de Longuerue, cité par Walckenaer, regardait comme un chef-d’œuvre (Longueruana, Paris, 1754, in-12, p. 32). Les passages les plus scabreux de cette version, très exacte à reproduire les gravelures, sinon littérale pour les termes, furent adoucis ou retranchés dans les éditions postérieures. – On sait, et on le verra par les notices de ces contes, que Boccace s’est inspiré des fabliaux de nos vieux conteurs français dans plusieurs de ses nouvelles ; il était trop voisin de l’époque où ces fabliaux étaient récités dans toute l’Europe occidentale pour n’en avoir pas eu connaissance.
7La traduction, par exemple, des quatre premiers livres en prose espagnole du roman d’Amadis (attribués à Vasco de Lobeira, Saragosse, 1508, in-fol.), par Nicolas de Herberay, seigneur des Essars (Paris, 1540-1543, in-fol.), version complétée de 1544 à 1615 par Herberay lui-même, puis par G. Boileau, Colet, Gohorry, Aubert, Tyron, Chappuys, etc. Le roman d’Amadis, composé par divers auteurs, traduit, imité, continué en plusieurs langues, et qui comprend vingt-quatre livres, sans parler du Thresor de tous les liures d’Amadis, qui en est un résumé, un extrait (Paris, Lyon, Anvers, in-8° et in-16, années 1559 et suivantes), traite en effet de plusieurs Amadis : de l’Amadis de Gaule proprement dit (dans les quatre premiers livres), puis de ses descendants : Esplandian, Lisvart, Amadis et Flores de Grèce, Amadis de Trébizonde, Florisel de Niquée, etc. Voyez l’intéressant ouvrage de M. Eugène Baret sur l’Amadis de Gaule (Paris, 1873, in-8º). Don Quichotte est la parodie de ce type du chevalier errant, « courant, comme dit Hamilton, après l’amour, la guerre et les enchantements, » et habitué, pour rappeler « le vieux langage » que vante la Fontaine, pourfendre géants, à dérompre harnois et à porter en croupe belles damoiselles sans leur parler de rien (Mémoires du comte de Grammont, chapitre IV.).
8« Ces deux voies », c’est-à-dire Joconde, en « vers irréguliers », mais en style à peu près moderne, et le Cocu, en vers réguliers, mais en « vieux langage » : voyez les premières lignes de cet Avertissement, et l’extrait du Journal des Savants cité dans la notice du Cocu (ci-après, p. 84-85).
9De celle ci. (1665 C.)
10Prologue de l’Andrinne, vers 3. Comparez la Préface de la IIe partie, p. 149-150. – Voltaire a dit, en parlant des fables de la Fontaine, mais sa remarque pourrait aussi s’appliquer à beaucoup des contes (Mélanges littéraires, tome XLIII des Œuvres, p. 71) : « Je ne connais guère de livre plus rempli de ces traits qui sont faits pour le peuple, et de ceux qui conviennent aux esprits les plus délicats ; aussi je crois que de tous les auteurs la Fontaine est celui dont la lecture est d’un usage plus universel. » Ajoutons : et celui qui vieillira le moins ; et rapprochons ces jolis vers de la poésie d’Alfred de Musset intitulée Silvia :Que ne demandez-vous un conte à la Fontaine ?C’est avec celui-là qu’il est bon de veiller :Ouvrez-le sur votre oreiller,Vous verrez se lever l’aurore.Molière l’a prédit, et j’en suis convaincu,Bien des choses auront vécuQuand nos enfants liront encoreCe que le bonhomme a conté,Fleur de sagesse et de gaîté.Par sagesse, cela va sans dire, il faut entendre ici la « sagesse pratique », et par enfants nos « arrière-neveux ».
Préface1

J’avois résolu de ne consentir à l’impression de ces contes qu’après que j’y pourrais joindre ceux de Boccace qui sont le plus à mon goût ; mais quelques personnes m’ont conseillé de donner dès à présent ce qui me reste de ces bagatelles, afin de ne pas laisser refroidir la curiosité de les voir, qui est encore en son premier feu. Je me suis rendu à cet avis sans beaucoup de peine, et j’ai cru pouvoir profiter de l’occasion. Non seulement cela m’est permis, mais ce seroit vanité à moi de2 mépriser un tel avantage. Il me suffit de ne pas vouloir qu’on impose en ma faveur à qui que ce soit, et de suivre un chemin contraire à celui de certaines gens, qui ne s’acquièrent des amis que pour s’acquérir des suffrages par leur moyen : créatures de la cabale3, bien différents de cet Espagnol qui se piquoit d’être fils de ses propres œuvres4. Quoique j’aie autant de besoin5 de ces artifices que pas un autre, je ne saurois me résoudre à les employer : seulement je m’accommoderai, s’il m’est possible, au goût de mon siècle, instruit que je suis par ma propre expérience qu’il n’y a rien de plus nécessaire. En effet, on ne peut pas dire que toutes saisons soient favorables pour toutes sortes de livres. Nous avons vu les Rondeaux6, les Métamorphoses7, les Bouts-rimés8, régner tour à tour ; maintenant ces galanteries9 sont hors de mode, et personne ne s’en soucie : tant il est certain que ce qui plaît en un temps peut ne pas plaire en un autre !

Il n’appartient qu’aux ouvrages vraiment solides, et d’une souveraine beauté, d’être bien reçus de tous les esprits et dans tous les siècles, sans avoir d’autre passeport10 que le seul mérite dont ils sont pleins. Comme les miens sont fort éloignés d’un si haut degré de perfection, la prudence veut que je les garde en mon cabinet11, à moins que de bien prendre mon temps pour les en tirer. C’est ce que j’ai fait ou que j’ai cru faire dans cette seconde édition12, où je n’ai ajouté de nouveaux contes que parce qu’il m’a semblé qu’on étoit en train d’y prendre plaisir. Il y en a que j’ai étendus, et d’autres que j’ai accourcis13, seulement pour diversifier et me rendre moins ennuyeux. On en trouvera même quelques-uns que j’ai prétendu mettre en épigrammes14. Tout cela n’a fait qu’un petit recueil aussi peu considérable par sa grosseur que par la qualité des ouvrages qui le composent. Pour le grossir, j’ai tiré de mes papiers je ne sais quelle Imitation des Arrêts d’amours, avec un fragment où l’on me raconte le tour que Vulcan15fit à Mars et à Vénus, et celui que Mars et Vénus lui avoient fait16. II est vrai que ces deux pièces n’ont ni le sujet ni le caractère du tout17 semblables au reste du livre ; mais, à mon sens, elles n’en sont pas entièrement éloignées. Quoi que c’en soit, elles passeront18 : je ne sais même si la variété n’étoit point plus à rechercher en cette rencontre qu’un assortissement19 si exact20.

Mais je m’amuse à des choses auxquelles on ne prendra peut-être pas garde, tandis que j’ai lieu d’appréhender des objections bien plus importantes. On m’en peut faire deux principales : l’une, que ce livre est licencieux21 ; l’autre, qu’il n’épargne pas assez le beau sexe. Quant à la première, je dis hardiment que la nature du conte le vouloit ainsi ; étant une loi indispensable, selon Horace22, ou plutôt selon la raison et le sens commun, de se conformer aux choses dont on écrit. Or, qu’il ne m’ait été permis d’écrire de celles-ci, comme tant d’autres l’ont fait, et avec succès, je ne crois pas qu’on le mette en doute ; et l’on ne me sauroit condamner que l’on ne condamne aussi l’Arioste devant moi, et les anciens devant23 l’Arioste. On me dira que j’eusse mieux fait de supprimer quelques circonstances, ou tout au moins de les déguiser. Il n’y avoit rien de plus facile ; mais cela auroit affoibli le conte, et lui auroit ôté de sa grâce. Tant de circonspection n’est nécessaire que dans les ouvrages qui promettent beaucoup de retenue dès l’abord, ou par leur sujet, ou par la manière dont on les24 traite. Je confesse qu’il faut garder en cela des bornes, et que les plus étroites sont les meilleures : aussi faut-il m’avouer25 que trop de scrupule gâteroit tout26. Qui voudrait réduire Boccace à la même pudeur que Virgile ne feroit assurément rien qui vaille, et pécheroit contre les lois de la bienséance27, en prenant à tâche de les observer. Car, afin que l’on ne s’y trompe pas, en matière de vers et de prose, l’extrême pudeur et la bienséance28 sont deux choses bien différentes. Cicéron fait consister la dernière à dire ce qu’il est à propos qu’on die29 eu égard au lieu, au temps30 et aux personnes qu’on, entretient31. Ce principe une fois posé, ce n’est pas une faute de jugement que d’entretenir les gens d’aujourd’hui de contes un peu libres32. Je ne pèche pas non plus en cela contre la morale. S’il y a quelque chose dans nos écrits qui puisse faire impression sur les âmes, ce n’est nullement la gaieté de ces contes ; elle passe33 légèrement : je craindrois plutôt une douce mélancolie, où les romans les plus chastes et les plus modestes sont très capables de nous plonger, et qui est une grande préparation pour l’amour. Quant à la seconde objection, par laquelle on me reproche que ce livre fait tort aux femmes, on auroit raison si je parlois sérieusement : mais qui ne voit que ceci est jeu, et par conséquent ne peut porter coup34 ? Il ne faut pas avoir peur que les mariages en soient35 à l’avenir moins fréquents, et les maris plus fort sur leurs gardes. On me peut encore objecter que ces contes ne sont pas fondés, ou qu’ils ont partout un fondement aisé à détruire ; enfin, qu’il y a des absurdités, et pas la moindre teinture de vraisemblance36. Je réponds en peu de mots que j’ai mes garants37 ; et puis ce n’est ni le vrai ni le vraisemblable qui font la beauté et la grâce de ces choses-ci ; c’est seulement la manière de les conter38.

Voilà les principaux points sur quoi39 j’ai cru être obligé de me défendre. J’abandonne le reste aux censeurs : aussi bien seroit-ce une entreprise infinie que de prétendre répondre à tout40. Jamais la critique ne demeure court, ni ne manque de sujets de s’exercer : quand ceux que je puis prévoir lui seroient ôtés, elle en auroit bientôt trouvé d’autres41.

1Cette Préface, pour laquelle nous suivons l’édition de Paris 1669, revue par l’auteur, est en tête du second recueil de 1665 qui parut, peu de semaines après le premier, sous ce titre : Contes et Nouvelles en fers de M. de la Fontaine, Paris, chez Claude Barbin, vis-à-vis le portail de la Sainte-Chapelle, au Signe de la Croix, 1665, petit in-12, de 11 pages liminaires, plus 92 pages, et un feuillet pour le Privilège. Le nom de l’auteur est écrit cette fois, comme on le voit, en toutes lettres. L’Achevé d’imprimer est du 10 janvier 1665. Ce second recueil, où cette Préface n’est pas précédée d’un Avertissement, contient dix contes, y compris Joconde et le Cocu battu et content, déjà publiés (la Matrone d’Éphèse de Saint-Évremond a été retranchée), et, en outre, comme la Fontaine le dit lui-même dans cette Préface, trois poésies d’un caractère différent, que, dans les éditions suivantes, on a bien fait de placer ailleurs.
2Que de. (1665, 1667, 1668, 1669 Amsterdam.) L’édition de Leyde de la même date (1669) n’a pas cette Préface.
3La cabale, personnifiée, et prise dans un sens absolu : c’est ainsi que Beaumarchais en parle, par la bouche de Figaro (le Barbier de Séville, acte I, scène II). – Voyez tome III, p. 126 et note 10.
4Est-ce une allusion à Cervantès, ou à Calderon, qui, comme bien d’autres écrivains du reste, prétendent dans leurs préfaces ou prologues n’avoir jamais eu recours à l’intrigue, aux sonnets, aux « épigrammes », aux éloges de leurs amis ? – Vous ne savez peut-être pas ce proverbe castillan : « Chacun est fils de ses œuvres » (Cada uno es hijo de sus obras), écrit Voiture à Costar (tome II de l’édition Ubicini, p. 150), ni le mot d’un brave de ce pays-là, parlant à un seigneur italien : « Moi et mon bras droit, que je reconnois à cette heure pour mon père, valons mieux que vous. »
5Autant besoin. (1665, 1667, 1668, 1669 Amsterdam.)
6Les rondeaux n’étaient pas encore passés de mode, puisque Benserade publia en 1676, onze ans après cette Préface, une traduction des Métamorphoses d’Ovide en rondeaux, qui fut imprimée à l’Imprimerie royale, avec grand luxe, et dont s’est moqué Chaulieu, aussi dans trois rondeaux (Poésies diverses, tome II de l’édition de 1787, p. 9-11), dont le premier commence ainsi :Pour des rondeaux, chants royaux et balladeLe temps n’est plus, etc.Un nommé Stardin, qui n’était pas poète de métier, a également raillé les Métamorphoses de Benserade, dans un rondeau, faussement attribué à Chapelle, qui se termine par ces vers :De ces rondeaux un livre tout nouveauÀ bien des gens n’a pas eu l’heur de plaire ;Mais, quant à moi, j’en trouve tout fort beau,Papier, dorure, images, caractère,Hormis les vers, qu’il falloit laisser faireÀ la Fontaine.On peut dire du moins que cette vieille forme, cultivée par Charles d’Orléans, Marot, Voiture, Sarasin, etc., redevint vite à la mode, mais pour peu de temps.
7Imitées des métamorphoses mythologiques. Une des plus célèbres avait paru en 1639 : les Métamorphoses des yeux de Philis en astres, par Germain Habert de Cérisy, abbé de Saint-Vigor, qui fut un des premiers membres de l’Académie française.
8Les bouts-rimés firent longtemps fureur en France au dix-septième siècle ; on sacrifia beaucoup à cette mode à l’hôtel de Rambouillet, et les plus illustres écrivains, les plus grands seigneurs et les plus grandes dames, ne dédaignèrent pas de s’amuser à ces badinages. Sarasin combattit cet engouement dans Dulot vaincu, ou la Défaite des bouts-rimés, poème héroï-comique en quatre chants (1649 (Voyez les Œuvres de M. Sarasin, édition de 1656, in-4°, p. 133-134.)), réimprimé dans le tome IV de la Nouvelle Encyclopédie poétique, Paris, 1830. Dulot, poète ridicule, passait pour être l’inventeur des bouts-rimés.
9Galanterie se disait de toute fantaisie littéraire, galante ou non, en vers ou en prose : « … La manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux. » (PASCAL, XIelettre à un Provincial, tome I, p. 158, de l’édition de 1639.) Voyez deux autres exemples, dans la Fontaine (tome III p. 339 (Boileau, lettre à Brossette du 12 mars 1706 ; Walckenaer, Histoire de la Fontaine, tome 1, p. 268.)) et dans Corneille (tome II, p. 432) : « Je dirai peu de choses de cette pièce (l’Illusion) : c’est une galanterie extravagante. »
10Comparez les nombreux exemples de cette expression figurée, que cite Littré dans son Dictionnaire.
11Secrétaire à plusieurs compartiments. Voyez une lettre de Mme de Sévigné à sa fille du 22 juillet 1685 (tome VII, p. 428) ; et le Misanthrope de Molière, acte I, scène II, vers 376 (tome V, p. 467 et note 1, et addition à cette note, p. 552).
12Dans cette édition. (1685 Amsterdam, 1686, 1705.) – Ce n’est point précisément une seconde édition (sauf pour Joconde et le Cocu), puisque le premier recueil ne contenait que trois contes, dont l’un de Saint-Évremond, et que celui-ci en contient dix. C’est une publication presque entièrement nouvelle, et qui a été longtemps appelée « la première édition », sans qu’il en faille conclure, comme Walckenaer (tome III de son édition de 1817 (MDCCC XXVI, par erreur, sans doute, sur la plupart des exemplaires de ce tome III.), p. III), que le premier recueil de 1665 a été inconnu avant lui à tous les éditeurs ou biographes de la Fontaine.
13Comparez tome II, p. 427 et note 6.
14Au sens général, que ce mot avait autrefois, de petite pièce de vers, de petit poème très court : rapprochez ci-dessus la note a de la page 8, et la Préface de la IIe partie, p. 147 et note 4.
15Sur cette orthographe, voyez tome II, p. 317 et ; note 18.
16L’Imitation d’un livre intitulé les Arrêts d’amours, arrêts rassemblés par Martial d’Auvergne (Arresta amorum, etc., Lugduni, 1533, petit in-4°), qui est aux pages 71-75 du second recueil de 1665, a été classée par les éditeurs de la Fontaine dans les Poésies diverses ou mêlées (tome V M. – L., p. 57) ; les Amours de Mars et de Vénus sont un fragment du Songe de Vaux (tome III M. -L., p. 230), et se trouvent p. 76-86 du recueil, lequel contient en outre (p. 87-92) la Ballade dont le refrain est : « Je me plais aux livres d’amour » (tome V M. -L., p. 59). On lit (p. 85-86) à la fin de ce fragment du Songe de Faux ; « Comme le dessein de ce recueil (de 1665) a été fait à plusieurs reprises, je me suis souvenu d’une ballade (la ballade citée) qui pourra encore trouver sa place parmi ces contes, puisqu’elle en contient un en quelque façon… »
17Absolument. Voyez ci-dessous, p. 68 et note 2.
18Elles seront acceptées. Comparez le vers 215 de la Coupe enchantée :Mais ceci, c’est un point qui d’abord me surprit :Il passera pourtant, j’en ai fait passer d’autres ;et le vers 23 du Tableau :Qui pense finement et s’exprime avec grâceFait tout passer, car tout passe.
19Tel est bien le texte des éditions de 1665, 1667, 1669 Paris. – Assortiment. (1668, 1669 Amsterdam.)
20La plupart des éditeurs de Hollande (1685, 1686, 1705), et plusieurs éditeurs modernes, ont retranché tout ce passage depuis : « On en trouvera », tout en maintenant la phrase qui suit, laquelle peut se rattacher aussi, il est vrai, à celle qui précède les lignes qu’ils ont supprimées.
21Rapprochez l’Envoi de la ballade au Roi (tome V M. -L., p. 153).
22Voyez l’Épître aux Pisons, vers 86 et suivants.
23Devant, pour avant.Je ne vous dis ici que ce qu’a dit Voiture.L’ami de Mécénas, Horace, dans ses sons,L’avoit dit devant lui ; devant eux la NatureL’avoit fait dire en cent façons.(Poésies diverses, tome V M. -L., p. 167.)Voyez aussi les fables XI du livre VI, vers 2, VII du livre XII, vers 26, etc. ; et les divers Lexiques de la Collection.
24Le. (1665, 1667.)
25Mais il faut m’avouer, m’accorder aussi.
26Comparez les vers 28-30 du conte I de la IIIe partie :Contons, mais contons bien : c’est le point principal ;C’est tout ; à cela près, censeurs, je vous conseilleDe dormir, comme moi, sur l’une et l’autre oreille, etc.La décence publique, ou du moins la pudeur officielle, plus scrupuleuse, ne s’accommodait guère de la licence de ces contes, et le pouvoir royal, d’abord indulgent, finit par les interdire (1675). Mais la bonne compagnie, à vrai dire, n’en était point offusquée, et en faisait même ses délices. Voyez notre tome I, p. CXIII-CXIV ; et la note 8 de la fable XIII du livre VIII (tome II, p. 275).
27Comparez la Préface de la IIe partie, p. 150.
28Non enim pudendo, sed non faciendo id quod non decet, impudentiæ nomen effugere debemus. (CICÉRON, de Oratore, livre I, chapitre XXVI.)
29Die, encore usité pour dise au dix-septième siècle : voyez tome III, p. 147 et note 25 ; et les Lexiques de Malherbe, de Corneille, de Racine. – Qu’on dise. (1685 Amsterdam, 1686, 1765.)
30Et au temps. (1665, 1667, 1668, 1669 Amsterdam.)
31Voyez Cicéron, ibidem, chapitres XIX, LI, LII, livre II, chapitre IV, Orator, chapitre XXI ; et passim.
32Si ce n’est pas une faute de jugement, comme le remarque très bien la Fontaine, il est plus difficile de soutenir, ainsi qu’il le fait, que ce ne soit point pécher contre la morale.
33Elle glisse, sans faire une impression profonde.
34Ne peut leur nuire. – Rapprochez le début des Oies de frère Philippe :Je dois trop au beau sexe ; il me fait trop d’honneurDe lire ces récits, si tant est qu’il les lise.Pourquoi non ? etc.Cependant il ne...
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