Contes gbaya

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Né à Berbérati en République centrafricaine, Pierre GBOLO nous raconte les devinettes, proverbes et contes de sa région, un enseignement oral qui l’a formé, et qui le guide encore dans ce monde moderne.



« Un serpent ne mord pas quelqu’un en parlant. »

(proverbe gbaya)


Publié le : lundi 21 janvier 2013
Lecture(s) : 290
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953719802
Nombre de pages : 150
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LEMARTINǦPÊCHEURETLESGBOKARÉL’oiseau qui pêche dans l’eau s’appelle Solmboti. Tous les jours, quand Solmboti regarde la nasse, il est content, parce qu’il y a de nombreux poissons. Un jour, quelques membres de la tribu des Gbokaré longent la rivière pour chercher un endroit poissonneux. )ls arrivent chez les Solmboti. )ls constatent qu’à cet affluent, il y a beau‐ coup de poissons. )ls retournent au village. Solmboti dit : « Cette eau appartient à mes grands‐parents ; quand arrive la saison de crue, nous pêchons beaucoup de poissons. » Les Gbokaré installent leur nasse. )ls narguent les Solmboti. Tous les jours, les Solmboti se réjouissent de voir monter le niveau d’eau. Mais ils ne savent pas comment faire pour attraper beaucoup de poissons. À l’aube, les Gbokaré commencent à préparer l’emplace‐ ment. )ls fixent des piquets, tissent des filets, des nasses. À la tombée de la nuit, les Gbokaré mettent des filets, des nasses dans la rivière. Le matin, il y a de nombreux Solmboti dans l’eau. L’un après l’autre, ils s’envolent de l’eau en disant : « C’est la rivière de nos grands‐parents. » Lorsque les Gbokaré préparent la pêche, les Solmboti répètent la même phrase : « Cet endroit nous appartient. Pourquoi tous les jours les Gbokaré viennent‐ils mettre leurs nasses, leurs filets dans nos rivières ? »
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NZOUMBOULIETLÉPERVIERNzoumbouli et Fambèlè sont de bons amis. Personne ne connaît leur secret. Nzoumbouli vit dans l’eau et Fambèlè dans la forêt. Un jour, Nzombouli dit à Fambèlè : « Camarade, si tu as un enfant, tuons le nouveau‐né, mangeons‐le. Si moi j’ai un en‐ fant, nous ferons la même chose. » Fambèlè a confiance en son ami. Après quatre mois, Nzoum‐ bouli a deux petits. )l ne dit rien à Fambèlè. Quand ses enfants commencent à marcher, il les confie à son oncle (aga. Six mois plus tard, la femme de Fambèlè a deux petits. Le lendemain, dès l’aube, Fambèlè va chez son ami. De son han‐ gar, Nzoumbouli, voit son ami venir. Très vite, il va à la ren‐ contre de Fambèlè pour le recevoir. Nzoumbouli appelle sa femme : « Yatèmgbè, Yatèmgbè, mon ami est là. » Yatèmgbè arrive. Elle salue Fambèlè. Elle lui demande : « Pourquoi viens‐tu chez nous de grand matin ? » Fambèlè : « )l n’y a rien de particulier. Je pensais à vous. » Nzoumbouli dit à sa femme : « Prépare‐lui de quoi manger. » Sans rien dire, Yatèmgbè va faire la cuisine. Après on lui donne à manger. Lorsque Fambèlè a fini de manger, il inter‐ pelle son ami : « Nzoumbouli ! » Nzoumbouli : « Me voici. » Fambèlè lui dit : « (ier, j’ai eu deux petits, je viens vous avertir. »
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Nzoumbouli et sa femme se mettent à rire. Fambèlè : « D’ici deux jours, venez chez moi. » )ls acceptent l’invitation. Après deux jours, Nzoumbouli et sa femme vont chez Fam‐ bèlè. Celui‐ci a tué et préparé ses deux petits pour attendre ses amis. Lorsque leurs invités arrivent, Nzoumbouli dit à sa femme : « Apporte de quoi manger. » )ls mangent tout en discutant. Après le repas, les hôtes de Fambèlè s’en vont. Le matin, Nzoumbouli dit à sa femme : « Va chez ton grand‐ père Gbakara, dis‐lui de te donner une poule afin que nous puissions la préparer à Fambèlè. » Yatèmgbè ne se fait pas prier. Elle va chez son grand‐père. À la tombée de la nuit, Yatèmgbè revient avec une poule. Nzoumbouli envoie Kouroungou le toucan chez Fambèlè en lui disant : « Va dire à Fambèlè que ma femme a accouché. Je suis très fatigué. » Kouroungou va dire à Fambèlè : « La femme de Nzoum‐ bouli a accouché. » Lorsque Fambèlè et sa femme entendent la nouvelle, ils sont très contents. Fambèlè demande à Kouroungou : « Quand devons‐nous aller chez eux ? » Kouroungou répond : « Venez demain. » Le lendemain, la femme de Nzoumbouli prépare la poule pour attendre leurs amis. Fambèlè arrive avec sa femme. )ls se saluent. Nalimbeng, un des enfants de Nzoumbouli, apporte le repas. )ls mangent. Nalimbeng les observe.Après cinq ans, Nzoumbouli dit à Fambèlè : « Je prépare un grand festin. » Fambèlè lui répond : « Si tu prépares un grand festin, penses‐ tu que nous allons le finir ? Nous ne sommes que quatre. » Fambèlè ne sait pas que Nzoumbouli a caché ses petits. Nzoumbouli dit à ses enfants : « Faites la cuisine, après rentrez chez vous. Revenez à la tombée de la nuit. »
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Fambèlè voit tout le repas, il demande à son ami : « Penses‐ tu que nous finirons tout ce repas ? » Nzoumbouli lui répond : « Nous inviterons les Sombéla et les Solmboti. » À la tombée de la nuit, Fambèlè entend des bruits de pas. )l sort, il demande : « Qui sont ceux‐là ? » Nzoumbouli lui répond : « C’est le chef Nzio, il vient avec sa suite. » En réalité, ce sont les enfants de Nzoumbouli. Au moment du repas, les enfants de Nzoumbouli ont mangé à leur faim. Nalimbeng dit : « Écoutez papa, maman, grands‐parents… » Fambèlè et sa femme sont tristes. )ls se mettent à pleurer, ils se lèvent, ils s’en vont. C’est l’histoire de l’imbécile et du malin.
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