Corée l'absente

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Avec Corée l’absente, la publication des journaux de Renaud Camus reprend son cours habituel, interrompue par la remontée de trente ans en arrière qu’a représentée la mise au jour du Journal de Travers, qui concernait les années 1976 et 1977.

Nous sommes cette fois beaucoup plus près de nous, en 2004. Pour l’auteur, l’année est spécialement marquée par une invitation officielle en Corée, où il va prononcer plusieurs conférences ; et il en profite, avec son ami Pierre, pour explorer le pays jusqu’en ses recoins les plus reculés, à bord d’une voiture de location. Il a en tête de façon obsessionnelle un fragment d’un vers familier d’Yves Bonnefoy, « Et je pense à Coré l’absente », devenu abusivement dans sa rêverie Corée l’absente ; et cela d’autant plus que la Corée la plus coréenne lui semble devoir être la plus absente d’elle-même, la moins significative, la moins spéciale, la plus ordinaire et pense-t-il la plus transparente, celle qui se refuse le mieux et qui partant est la mieux là. Aussi les deux voyageurs s’ingénient-ils à se perdre et à se diriger toujours vers le point de l’espace qui se donne le moins de mal pour les tirer par la manche.

Ainsi la Corée succède-t-elle à l’Écosse de Rannoch Moor, mais l’expérience est très différente, car il s’agit cette fois d’une contrée dont l’auteur ne sait presque rien et où il n’est pas mené par un désir ancien et préalable, mais par le seul hasard d’une invitation or c’est justement ce hasard et la jouissance de cette étrangèreté (pour reprendre le titre du petit livre de conversation de Camus avec Alain Finkielkraut et Emmanuel Carrère) qui font tout le prix et toute l’intensité de cette errance au sein du — presque — inintelligible.

L’Écosse ne s’efface pas néanmoins car l’auteur y retourne, ni la Castille, ni la Gascogne bien sûr, ni même Paris, ni aucun des personnages et des thèmes familiers aux lecteurs du journal.
Publié le : mercredi 21 novembre 2007
Lecture(s) : 27
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213648859
Nombre de pages : 704
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Avec Corée l’absente, la publication des journaux de Renaud Camus reprend son cours habituel, interrompue par la remontée de trente ans en arrière qu’a représentée la mise au jour du Journal de Travers, qui concernait les années 1976 et 1977.

Nous sommes cette fois beaucoup plus près de nous, en 2004. Pour l’auteur, l’année est spécialement marquée par une invitation officielle en Corée, où il va prononcer plusieurs conférences ; et il en profite, avec son ami Pierre, pour explorer le pays jusqu’en ses recoins les plus reculés, à bord d’une voiture de location. Il a en tête de façon obsessionnelle un fragment d’un vers familier d’Yves Bonnefoy, « Et je pense à Coré l’absente », devenu abusivement dans sa rêverie Corée l’absente ; et cela d’autant plus que la Corée la plus coréenne lui semble devoir être la plus absente d’elle-même, la moins significative, la moins spéciale, la plus ordinaire et pense-t-il la plus transparente, celle qui se refuse le mieux et qui partant est la mieux là. Aussi les deux voyageurs s’ingénient-ils à se perdre et à se diriger toujours vers le point de l’espace qui se donne le moins de mal pour les tirer par la manche.

Ainsi la Corée succède-t-elle à l’Écosse de Rannoch Moor, mais l’expérience est très différente, car il s’agit cette fois d’une contrée dont l’auteur ne sait presque rien et où il n’est pas mené par un désir ancien et préalable, mais par le seul hasard d’une invitation or c’est justement ce hasard et la jouissance de cette étrangèreté (pour reprendre le titre du petit livre de conversation de Camus avec Alain Finkielkraut et Emmanuel Carrère) qui font tout le prix et toute l’intensité de cette errance au sein du — presque — inintelligible.

L’Écosse ne s’efface pas néanmoins car l’auteur y retourne, ni la Castille, ni la Gascogne bien sûr, ni même Paris, ni aucun des personnages et des thèmes familiers aux lecteurs du journal.
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