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Crépuscule des comptoirs 2

De
96 pages
Ils sont assis au comptoir. Dans la ville, c'est l'heure des buveurs invétérés. Solitaires ou accompagnés, ils enchaînent les verres au fil des heures d'une nuit interminable. Parmi eux, le narrateur, ivre, observe. Ici trois jolies jeunes filles, se disputent leus grâces, là un vieil homme alcoolique garde désespérement le silence. De bar en bar, il nous livre sa solitude et la soif d'infini qui le guide. Les pages de Crépuscule des comptoirs sont autant de rencontres et de tranches de vie. A chaque comptoir se dessinent le passé, les souffrances mais aussi les aspirations de ceux qui, un verre à la main, n'ont jamais cessé de rêver.
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2 Titre
Crépuscule des comptoirs

3

Titre
Philippe Rousseau

Crépuscule des comptoirs

5Éditions Le Manuscrit
Paris






















© Éditions Le Manuscrit, 2010
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-03558-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304035582 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03559-9 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304035599 (livre numérique)
6 Crépuscule des comptoirs
TOUT NOIR LE SOIR
Que faire ? Que dire ? Que briser ?… . Tout
d’abord s’affairer, poursuivre, se fier au hasard
complice du soir. Rester, rester pour le velours
au fond de la salle, pour le cristal, pour les
bribes sonores à l’oreille droite, les gestes à
l’oreille gauche, consommer les grappes sur les
vignes des soirées au fond du Bar à Renaître.
Adresser son message de salut à celui d’en face,
laissé souvent l’âme à-demi nue et le moral dans
une sacoche, de bonsoir à ceux qui captent l’air
autour d’eux pour s’en faire des colliers
parfumés de rires, bonsoir à toi dans le parterre
de la nuit conseillère, et à toi dans l’habit de
lumière. Briser les verres, pour la fête des perles
de cristal, pour la pluie de blanc légère, pour la
neige en poudre dans l’allée, parce que le geste
est voué à sa perte, qui envoie la gorgée
piquante au fond de la bouche, et que même les
Russes ont versé du sacré au fond de la vodka.
Acteur, témoin, ouvrir la fête.
7 Crépuscule des comptoirs
LE BAR A RENAITRE
Esprit, es-tu là ? Vers tous les buveurs de la
ville s’élance ce cri d’amitié, pour retenir les flux
acides ou gouleyants, sucrés ou piquants, la
marque saturée du goût dans quelques
centimètres cube surchauffés, la gorge qui
rayonne. De la gorge à la forge, les degrés
s’accumulent dans un soufflet d’air chaud ; le
fer devient docile, comme l’esprit en partance,
que martèlent les paroles dispersées, dépensées.
Laissées pour compte, les pépites du gosier sont
l’onguent du soir fauve.
Esprit, es-tu là ? C’est ici que doit se faire
l’accouchement, la Renaissance, l’antique
sensation de tiédeur sous la peau, ici au Bar à
Renaître, le nectar dévalant dans les grottes, qui
accélère la pesanteur au monde. Un peu de
passé, beaucoup de présent et point d’avenir,
juste un petit projet de rassembler beaucoup de
souffle pour chanter l’autre, vibrer vers l’autre
soi-même, alcolo, alcôve, alcoolisant, lisant le
livre ouvert des évidences sur le comptoir des
résistances, malgré la pression de la nuit, des
9