D’Haïti en Périgord, une intégration réussie en France

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D’Haïti en Périgord, une intégration réussie en France raconte l'histoire d'un garçon vivant en Haïti, qui à 16 ans, entame une correspondance avec une jeune Française inconnue... Au fil des années et des lettres ils apprennent à se connaître par delà l’océan qui les sépare. Dix ans plus tard, Ronald laisse son pays natal pour épouser Christelle et s’installer en Périgord. Il cherche de nouvelles activités pour s’intégrer à la société française. En passant du sport à la politique, aux campagnes électorales (cantonales, municipales, etc.), à l'évangélisation de sa paroisse (préparation au mariage religieux, Parcours Alpha...), notre homme réussit à s'adapter et à faire partie d'une société qui ne cesse d'évoluer.
Publié le : lundi 20 octobre 2014
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EAN13 : 9782332798046
Nombre de pages : 110
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ISBN numérique : 978-2-332-79802-2
© Edilivre, 2014
Préface
« La vie nous mène parfois sur des sentiers que nous n’avions pas prévus ni même imaginés. » C’est le cas du témoignage de Ronald que vous trouverez dans ce livre. Un simple échange de courrier entre deux adolescents vivant à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, dans le cadre de projets comme le proposent parfois les collèges, et deux vies sont alors transformées. L’amour qui naît dans le cœur de l’homme peut pousser à de grands bouleversements, peut rompre les barrières géographiques et culturelles. Par amour pour Christelle, Ronald est venu vivre en France. Il nous livre ici son témoignage, le fruit de son expérience après seize ans de vie dans un pays qui n’était pas le sien et qui l’est devenu. À travers ses difficultés, ses réussites durant toutes ces années, il exprime ce qu’il perçoit de notre société. Ce témoignage personnel nous montre qu’il est possible encore aujourd’hui de s’intégrer dans notre société, que le soutien familial (en l’occurrence celui de la belle-famille) est une aide précieuse, que la volonté de trouver sa place dans cette nouvelle terre favorise la réussite. Il nous rappelle aussi qu’une communauté paroissiale peut jouer un rôle important dans l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants. Enfin, il nous invite à demeurer vigilants sur notre attitude vis-à-vis de l’étranger et sur le racisme.
Que ce témoignage vous pousse à la réflexion.
P.-Bruno de BERU
I
Remerciements
Livre dédié à mon père Denis qui n’est plus de ce monde, à ma femme Christelle que j’aime tant et à mes deux enfants Marvin et Heather. Merci à ma grand-mère Phénicia et à tous ceux qui m’ont poussé vers l’avant, qui m’ont aidé à l’édition de ce livre, tout particulièrement à Annie, (amie du Parcours Alpha) ainsi qu’à ma belle-mère qui m’a accepté comme un fils.
À vous aussi chers lecteurs qui devez passer par des phases d’intégration ou d’adaptation dans votre vie.
Avant-propos
Être né quelque part n’ouvre pas tous les droits. Au contraire, très souvent l’individu est obligé de passer par une intégration, même dans son propre pays de naissance. J’ai écrit cet ouvrage afin de partager mon parcours avec vous chers lecteurs. Je suis né à l’étranger, en Haïti plus précisément, et je vis en France depuis plus de seize ans. Étant passé par des hauts et des bas, je vous raconte mon intégration et mon adaptation en France. Certains pensent qu’il faut s’intégrer, s’adapter ou partir. Comme dit le slogan : « La France, aime-la ou quitte-la. » Est-ce difficile de s’intégrer ? S’adapter aux réalités sociales, culturelles, religieuses. Pourquoi ? Et comment ? Une réflexion approfondie peut-elle nous aider à trouver une meilleure conscience pour une intégration réussie ?
Ce sont ces questions que je vous propose d’aborder ensemble. J’essaierai d’y répondre à partir de mon vécu depuis plus de seize ans dans un petit village du Périgord blanc. En dehors de mes activités professionnelles, je suis bénévole dans ma paroisse, serviteur, orateur et animateur au Parcours Alpha. Je participe avec mon épouse à la préparation au mariage religieux. À partir de ces expériences, je vous donne mon avis sur l’évolution de la société française, sur la politique, la religion, le racisme et le mariage entre un homme et une femme. Des activités socio-culturelles et politiques m’ont amené à m’intégrer plus facilement à la communauté. Comme l’a dit J.-J. Rousseau : « J’ai vu les mœurs de mon temps, et j’ai publié les lettres. » Soucieux de l’évolution des mentalités de la société dans laquelle on vit, j’apporte mon regard par une analyse approfondie pour une conscience éveillée.
Je veux aussi participer par ce livre, D’Haïti en Périgord, une intégration réussie en France, à la construction de cette société qui est en perpétuelle mutation.
Ceci est un simple témoignage, lisez-le sans préjugés. Merci.
Ronald DENIZE
II
1 On ne choisit pas son pays
Combien parmi vous aimeraient habiter sur la planète Mars ? Ou avoir la possibilité de choisir dans quel pays naître ? Malheureusement ce n’est pas possible, on naît quelque part, et on ne peut rien y changer. En revanche, plus tard, par hasard ou par choix il arrive que l’on s’en aille vers un autre horizon où la vie sera meilleure. Je suis né à Tiburon, dans le sud-ouest d’Haïti, en 1972. Je n’ai pas eu mon mot à dire pour le lieu de ma naissance ; mes parents non plus d’ailleurs. Et vous, avez-vous demandé à naître ici ? Tiens, pendant que j’y pense, mes aïeux n’ont pas eu non plus leur mot à dire. Pourquoi sont-ils nés en Haïti ? Pourquoi pas dans un autre pays ? Pourquoi pas dans un pays d’Afrique ? Voici justement leurs origines.
Le 12 octobre 1492 Christophe Colomb débarque aux Bahamas en Amérique du Sud grâce à ses trois bateaux financés par la reine d’Espagne. Il croit avoir découvert les Indes et n’en démordra jamais, si bien que le 5 décembre suivant, lorsqu’il touche Môle-Saint-Nicolas, il le baptise aussitôtHispaniola; l’endroit est peuplé d’Indiens qui l’accueillent comme un dieu. Hispaniola est devenu ensuite Saint-Domingue, puis un tiers de l’île s’appellera Haïti, « la perle des Antilles ».
Colomb retourne en Espagne, ravi de ce qu’il a découvert sur cette île au climat tropical, remplie d’or et d’autres métaux précieux. Il demande d’y retourner afin d’exploiter l’île, car la e fièvre de l’or enflamme l’Europe au XV siècle. Aussitôt de retour sur l’île d’Hispaniola (Haïti), les Espagnols pillent tout et exterminent les Indiens qui peuplaient l’île. Les historiens rapportent qu’environ un million d’indigènes furent tués lors de l’arrivée des Espagnols. Donc, plus d’Indiens pour travailler comme esclaves et les exploitations manquent de main-d’œuvre. Un moine, Bartolomé de las Casas, imagine d’aller chercher en Afrique des hommes résistants au climat tropical de la colonie afin de remplacer les Indiens disparus de l’île. De cette histoire est née la traite des Noirs. En trois siècles, elle fera des dizaines de millions de victimes et les Haïtiens d’aujourd’hui sont des descendants de ces Noirs venus d’Afrique. Les Espagnols, attirés par d’autres découvertes, ont laissé l’île à la France. Les Français l’ont rebaptisée Saint-Domingue. Avec l’arrivé des Français, rien n’a changé dans la traite des Noirs, qui arrivent toujours d’Afrique en passant par les ports de Nantes, Bordeaux, pour terminer dans les exploitations de canne à sucre, café, cacao, coton et autres, gérées par des colons dans les Antilles. C’est après de longues souffrances de plus de quatre siècles que les Noirs se sont enfin révoltés contre leurs maîtres et les soldats de Napoléon Bonaparte en 1804, année de l’indépendance.
Une bataille qui a commencé avec Toussaint Louverture, un ancien esclave, et a continué avec les autres esclaves haïtiens après la mort de ce dernier. « La chute du fort de la Crête-à-Pierrot et de nombreux massacres de part et d’autre, les ont amenés à changer de stratégie. Toussaint, dont les principaux lieutenants de Christophe et Dessalines avaient fait défection, dut se soumettre et accepter une trêve le 6 mai 1802. Un mois plus tard, il était arrêté, traitreusement, et déporté en France où il finit misérablement le 7 avril 1803 dans un cachot du sinistre et glacial fort de Joux, dans le Jura, où il avait été emprisonné. »
Aujourd’hui encore on peut voir la statue du général Toussaint Louverture dans ce fort qui est devenu un lieu de pèlerinage pour les Haïtiens de passage ou résidents en France.
Exilé à son tour sur le rocher de Sainte-Hélène, Bonaparte avouera peu avant sa mort qu’il avait commis « une grande faute » en tentant de soumettre par la force les Noirs de Saint-Domingue : « Je devais me contenter de gouverner par Toussaint. J’aurais eu une armée de 50 000 braves Noirs qui m’auraient conservé l’Amérique », reconnut-il amèrement. (D’après l’écrivain historien Jacques de Cauna.)
Quand on regarde le poids de l’histoire et le lien qui existe entre la France et Haïti depuis des siècles, les Haïtiens vivant en France et surtout à Bordeaux espéraient bien que le nom donné actuellement au pont Chaban-Delmas eût été « Toussaint-Louverture » comme l’avaient proposé les associations et l’opposition de l’équipe municipale. Surtout dans une ville qui est très liée à l’histoire de la traite des Noirs. Alors que les hommes politiques et les artistes ont leurs grandes statues dans la jolie ville de Bordeaux, on retrouve seulement une petite statue de Toussaint Louverture entre les deux ponts de la rive droite.
Le magnifique pont s’ouvre au monde en se levant pour laisser passer des bateaux de croisière ou de tourisme, maintenant d’un autre genre pour la visite de la ville. Ce fut le théâtre d’une longue traversée pour les noirs venus d’Afrique durant des siècles. Bordeaux, cette ville est ouverte aux autres, au monde entier où ma femme m’attendait à l’aéroport le 25 septembre 1998 pour nous conduire dans le Périgord. Nous habitons en Dordogne dans un petit village, Saint-Martial-d’Artenset, calme, paisible et riche de produits du terroir. Cette terre du Périgord est celle d’où est originaire mon épouse, celle où sont nés mes enfants et où je rencontre des gens adorables. Le Périgord est l’une des plus belles régions de France. Il est situé dans le sud-ouest et fait partie de la région Aquitaine. Il est riche en histoire, en gastronomie et est divisé en quatre parties. Cette subdivision des territoires est représentée par quatre couleurs :
Périgord vert, Périgord blanc, Périgord noir et Périgord pourpre. Je fais partie des habitants qui vivent dans le Périgord blanc. Pourtant je ne suis pas blanc...
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