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De folles nouvelles

De
64 pages

«L'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt.» Bon sang ! Que ne donnerais-je pour boire un café avec Jean-Jacques...

Vous voici en possession de tranches de vie de gens ordinaires, des histoires qui divaguent au gré de la folie humaine, aberrante et dérangeante, ou du dérèglement de notre monde, névrosé, délirant. Des nouvelles tantôt sarcastiques, tantôt décalées, souvent dramatiques, toutes liées par ce fil sur lequel le genre humain s'amuse à marcher depuis la nuit des temps, tentant de ne pas déraper. Il faut bien s'y résoudre : parfois, on perd l'équilibre. En voici la preuve.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-78084-3

 

© Edilivre, 2014

Le Chien

Clive jette un œil sur sa montre en franchissant les portes du NYPD. Il a la gerbe. Des jours, que cette histoire a jeté le chaos sur la ville, et il fallait que ça se termine comme ça. Il salue Johanna à l’accueil et monte quatre à quatre l’escalier jusqu’à son bureau.

Il ouvre la porte de son sanctuaire, arrache la casquette vissée sur son crâne et laisse ses doigts palper mécaniquement les 8 pointes cousues sur le tissu, référence aux 8 premiers colons payés à patrouiller dans les rues de New York. Il s’écrase sur son fauteuil, il sait qu’il doit mettre de l’ordre dans ses idées, prioriser. Ses yeux se posent sur le poste téléphonique. Le maire ? Le New York Times ? Le gamin ? Il sait bien que la priorité, c’est le gamin.

Bobby attend sagement dans la petite pièce aveugle, face au grand miroir. Il croise ses bras sur la table, peut-être va-t-il réussir à dormir un peu, s’il pose sa tête dessus.

Il ne comprend pas vraiment pourquoi il est là, pourquoi tout s’est bousculé d’un coup dans sa vie. Il veut voir sa mère, mais il a bien conscience qu’il n’est pas en position de demander ça. Quand les policiers sont venus les chercher quelques heures plus tôt, il a bien senti qu’ils avaient fait quelque chose de mal. Lui aussi, sûrement, puisqu’il était là, séparé de ses parents. Il pousse un soupir, finalement il aurait dû le manger ce bout de pain à table, même s’il était un peu rassi. Son père lui avait fait ce signe de tête qui ne trompe pas, appuyé d’un index menaçant : « Tu refuses le pain que l’on te donne avec amour ? Tu ne mérites pas de partager notre table. » Alors, il s’était levé, la tête bien basse pour ne pas se prendre un coup, pendant que son père se resservait un verre de vin. Il aurait dû faire comme les autres soirs, se cacher dans sa chambre. Mais il était sorti dans la cour, pour voir le nouveau chien amené par son père dans l’après-midi.

Pris entre pensées, fatigue et faim, Bobby sursaute au bruit du cliquetis de clés dans la serrure de la porte. Il se redresse sur son siège, bien droit, les bras posés sur ses genoux, comme on lui avait appris.

– Bobby ? Salut mon grand. J’ai pensé que tu devais avoir faim. Je t’ai apporté des donuts et un coca. Tu en veux ? Demande Clive, les mains chargées d’un trésor, aux yeux du gamin.

Il referme doucement la porte derrière lui, dépose les victuailles devant le nez de Bobby et ramène la chaise posée de l’autre coté de la table juste à côté de celle de l’enfant.

Bobby se concentre sur l’odeur des donuts qui lui chatouille les narines. La canette de coca lui fait envie aussi, il se souvient en avoir bu, une fois, chez Emy, avant que son père ne lui interdise de parler aux autres. Il ferme les yeux, revoit le sourire de son amie, ressent le picotement de la boisson sucrée sur sa langue.

– Allez, mange, dépêche-toi ! Lui ordonne tendrement son nouvel ami.

Bobby se demande si pour son père, Clive fait partie des autres. Qu’importe, il a trop faim, et peut-être qu’il n’en saura rien. Il attrape une viennoiserie et l’engloutit. Il commence à se détendre, il arrive même à regarder Clive, ses cheveux grisonnants, ses yeux pâles et ses joues creusées par le temps.

– Tu sais pourquoi tu es là, mon pote ? Se risque le flic, toujours un peu moins sûr de lui, quand il s’agit d’enfants.

– Ben… on a fait quelque chose de mal ?

– Toi non, mon grand, bien sûr que non ! Comment tu pourrais faire quelque chose de mal, toi, avec tes yeux si grands ?

– Alors… mon père, peut-être ?

– Tu veux bien me raconter ta soirée, Bobby ? Que s’est-il passé, aujourd’hui, chez toi ?

– Ah ! Aujourd’hui, papa a ramené un nouveau chien ! J’ai pas pu aller le voir tout de suite, mais comme j’ai pas voulu manger le pain dur à table, papa m’a privé de dîner. D’habitude, je vais dans ma chambre, hein. Des fois, papa me rejoint, avec sa ceinture. Alors, j’attends. Mais là, ce soir… j’ai pas pu m’empêcher de sortir. J’avais envie de voir notre chien, quoi.

– Alors ? Quand tu es sorti de table… Tu es sorti dehors ?

– Oui ! Enfin… Vous le direz pas à papa, hein ?

– Non, t’inquiète pas… Tu me racontes ?

– Oui, la télé était allumée, papa regardait les informations, ça parlait d’un homme important, vous savez ?

– Le maire ?

– Oui ! S’écrie Bobby en battant des mains ! Oui ! Le maire ! Et donc, comme papa était concentré sur la télé et que le son était très fort… ben je suis sorti dans la cour. Et puis, je me suis dirigé vers la niche, je voulais juste le voir, quoi.

– Continue Bobby…

– Et bien, j’ai fait le tour de la maison, je me suis avancé et je me suis mis à l’appeler. « Hé ! Lucky ! » En fait, tous les chiens que papa ramène s’appellent Lucky. C’est papa qui me l’a dit. Et c’est pour ça, qu’il les rapporte à la maison. Il dit « C’est un signe. Je suis allé au chenil aujourd’hui et devine ! Encore un lucky abandonné ». En fait, vous savez, on leur sauve la vie.

– Et donc, tu l’as vu, ce Lucky, mon enfant ?

– Ben oui, évidemment ! Il était terré au fond de sa niche, mais j’ai réussi à m’approcher, hein.

– Et donc ?

– Et bien je me suis calé à lui, il était tout tremblant, le pauvre. Alors je l’ai caressé, pour le rassurer, et puis je me suis mis à lui parler ! Je lui ai dit que mon papa lui avait sauvé la vie, je lui ai dit que mon papa était le sauveur des chiens errants.

– Et, Lucky ? Qu’a-t-il fait ?

– Ben, rien, il a pas réussi à arrêter de trembler. Ah si ! Il m’a dit : je suis pas Lucky, je m’appelle Niels. Je suis le fils du Maire.

Embouteillage

C’était le jour J. Enfin ! Trop excité à l’idée de partir, je ne tenais plus en place. Je n’ai pas idée du...

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