De l'une à l'autre

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Mama a toujours rêvé d'effectuer la traversée de ses rêves, quelques kilomètres seulement la séparant de l'île de Mayotte. Prête à tout pour offrir une vie meilleure à sa fille Badra, elle quitte l'Archipel, remet au passeur ses quinze années d'économie et embarque pleine d'espoir, Badra sous son salouva, pour la traversée de la mort. Rapidement capturée par les autorités, elle va volontairement lâcher la main de sa fille et l'en remettre au destin, comme des milliers de Comoriens. Heureusement, la sagesse de Habou va lui permettre de réaliser que l'or des Comores n'est pas celui qu'elle recherchait avidement... Il réside plutôt en chacun des habitants de la communauté. Badra, quant à elle, va découvrir la vie d'immigrée en apprenant très tôt l'autonomie, le courage et va s'ouvrir à une rencontre exceptionnelle qui va radicalement changer le cours de sa vie.
Publié le : mardi 27 octobre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342043761
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342043761
Nombre de pages : 164
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Les Mots de ma psy, 2014
Cécile Lemeyre DE L’UNE À L’AUTRE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120627.000.R.P.2015.030.31500 5Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 201
Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions.
Eugène Varlin.
Remerciements
À Olivier, pour son indéfectible soutien, À Romane et Côme pour leur douce présence, À ma mère, pour sa motivation à toute épreuve, À tous ceux qui m’ont encouragée à poursuivre… Je vous dois tout.
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Il faisait nuit noire. Je sentis sa main serrer la mienne à me la briser. J’avais envie de crier, les larmes me montaient aux yeux, mais je me taisais. Ce n’était pas le moment. L’heure était au silence. Tout à coup, je fus aveuglée par une lumière vive, si vive que je dus cligner des yeux. Un faisceau éblouissant aux rayons diffus entourait un groupe d’hommes au loin. Ce devait être Dieu en personne qui venait rencontrer Mama. Elle qui l’attendait depuis si longtemps, elle qui croyait en lui plus que tout au monde. Il était sa force, la guidait intérieurement. Elle m’avait parlé d’un halo de lumière. Alors, sous une pluie tropicale, elle a lâché ma main, a marché vers eux puis est montée dans leur voiture sans rien dire, sans se retourner. Mais elle n’en est jamais ressortie. Elle a tourné la tête, évitant ainsi de croiser mon regard. « Baisse toujours les yeux Badrati, c’est la seule chose qu’on voit dans le noir. Ils brillent de mille feux et nous font repérer. Baisse toujours les yeux Badrati ! » Derrière mon arbre du voyageur, je fixai les pointes de mes orteils et dans une flaque de poussière dorée ; la voiture s’enfonça vers la mangrove. Un maki vint se glisser entre mes 1 jambes, la douceur de sa queue s’apparentant à celle du salouva de Mama. « Mama, Mama ! Où es-tu ? Pourquoi me laisser seule dans la nuit ? Mama, Mama, j’ai si peur sans toi ». « Surtout, ne crie pas Badra, où ils vont revenir te chercher. Et Mama ne cachera pas sa colère. Elle qui souhaitait, plus que tout au monde, que tu poursuives ta vie ici ». C’était la voix de Habou. Mon cœur se serra si fort que j’eus soudain une boule
1 Habit traditionnel des femmes.
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DE L’UNE À L’AUTRE
dans la gorge, une boule si grosse qu’elle m’empêcha de hurler. Je ramassai Chamsou, trempée, qui gisait par terre, lui essuyai le visage et la serrai contre moi. Puis me dirigeai vers la plage pour m’abriter sous un kwasa-kwasa bleu et blanc, détruit à coup de hache et de hargne, me roulai en boule sous la coque et fermai les yeux d’épuisement.
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