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De petits riens en petits touts

De
101 pages

Usant tour à tour du Elle ou du Je, une femme vous invite à vous laisser prendre, dans ces trente et une nouvelles, à la petite musique de l'ironie légère qui mettra un peu de sel dans votre quotidien.

Publié par :
Ajouté le : 15 juin 2011
Lecture(s) : 131
EAN13 : 9782748103021
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touts© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0303-3 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-0302-5 (pour le livre imprimé)ChristineBroc
De petits riens en petits
touts
NOUVELLEPIEDESTAL
On se laisserait bien parfois mettre sur un pié-
destal,sil’onneredoutaitd’endégringolerunjourin-
évitablement. La chute risque toujours d’être dure, et
vous tombez doublement de haut. Que vous en reti-
riez, au mieux quelques bleus, ou qu’au pire vous vous
retrouviez en miettes, vous perdez également celui qui
vousavaitjuchéelà-haut. Unbeaujourilvousbouscule
toutça,sesauvesansmêmeregarderderrièrelui,etsans
avoir l’intentiondevenir àvotre secours.
A votre heure de gloire, çà oui ! vous l’intéres-
siez ! Et non content de vous débiter les compliments
d’usage, il fallait encore qu’il fasse étalage de sa force
herculéenne,envoushissant,brastendus,surcettesel-
letted’oùvouspouviezrayonnerdansl’éclatflamboyant
devotre amour et devosdonsexceptionnels.
Ne soyez pas modeste, ça grise énormément. Ça
trompe tout autant aussi, car ça ne dure jamais. Ou
bienvousnesemblezpasaprèstouttenirvospromesses,
ou bien il n’y en eut jamais, mais ses yeux s’étant enfin
ouverts, c’est alorsqu’il s’en aperçoit.
Une fine mouche qui prévoyait la fin inévitable
et qui n’entendait pas se faire mal en tombant de trop
haut,trouvauneingénieusesolution,toutenacceptant
l’hommage qui lui était rendu.
Elle semblait trôner jour après jour sur son pié-
destal,paréedetoutessesvertus,maiselleavaitprévude
sauter régulièrement de son perchoir, lorsqu’elle était
7De petits riens en petits touts
seule,pourensciersubrepticementlabase etendimi-
nuer ainsi progressivement la hauteur.
Si l’opération se déroulait sur une durée assez
longue, il n’y verrait que du feu. Au lieu de regretter
un jour amèrement la faveur qu’il lui avait accordée
dans un moment d’égarement, d’en devenir jaloux
peut-être aussi, lui qui restait éternellement à terre, il
la trouverait petit à petit, de plus en plus proche, sans
même presque s’en apercevoir. Et ils se retrouveraient
un beau jour face à face, elle sans dommage et lui sans
rancœur, tels qu’ils auraient dû rester dès le début, et
heureux, entout cas, de seretrouver ainsi.
Les cadeaux peuvent être une bombe à retarde-
mentqu’ilvautmieuxsavoirdésamorceràtemps.
8PARFUMDEFLIC
Ingénieur chimiste, au "nez" particulièrement
apprécié, il avait fait carrière dans la parfumerie. En-
tièrement voué à la création de parfums pour femmes,
d’eaux de toilette pour hommes, de senteurs d’am-
biance pour la maison, il se disait pourtant qu’il lui
manquait quelque chose. Lui qui offrait du superflu,
chose pourtant si nécessaire, rêvait, en fait, de faire
œuvre utile.
Un fait divers provoqua ce déclic qu’il attendait.
Un chien policier avait été mis à la retraite anticipée
pour manque d’agressivité. De l’animal à l’homme, il
n’y a qu’un pas. Notre ingénieur se dit que bien des
policiersenfindecarrière,pouvaienteuxaussisetrou-
verlasdecavaleraprèslespetitstruands,delesplaquer
contrelesvoiturespourleurpasserlesmenottes,ettout
çaenrisquanttoujoursunmauvaiscoup. Seulementle
flicsympaquisecontentededireàceuxquiluifontface
« allez les mecs, suivez-moi jusqu’au poste, gentiment
sans faire d’histoire », ça marche combien de fois sur
cent à votre avis ?
Bref,ilfallaittrouvermieux. C’estalorsqu’ilre-
pensaaurôledesodeursdansl’attiranceetlarépulsion.
Ce qu’il fallait donc pour ces pauvres flics en panne de
pulsionsagressives,c’était,tellelaflûtedeHansluiper-
mettant d’emmener tous les rats hors de la ville, une
odeur qui amènerait tous les délinquants à les suivre
sans la moindre résistance.
9De petits riens en petits touts
Le fruit de ses recherches fut une "odeur de li-
berté", subtil mélange d’air frais, d’espace, de coudées
franches,devillesansflics,depetitstraficsjamaissanc-
tionnés. Un parfum qui donnait, en quelque sorte,
confiance d’embléeen celuiqui leportait.
On testa le produit en question. Ce fut un
franc succès. Les voleurs, les trafiquants de drogue,
les casseurs s’arrêtaient net dans leur fuite lorsqu’ils
sentaientceparfum,poursuivreensuitelepolicieravec
lameilleurevolontédumondepuisqu’ilsn’imaginaient
pas un instant devoir finir au poste ou en prison. Et
même pour les récidivistes, pourtant échaudés, le par-
fum agissait comme la toute première fois, les laissant
sans peur et sans défense.
Mais voilà ! Ces pauvres types, on les attirait de
façonmensongère,avecuneodeurdelibertéquin’était
qu’un leurre.
Uneassociationdedéfensedesdroitsdel’homme
s’emparadecetteaffaireetfitensorted’ameutersuffi-
sammentl’opinionpourquel’onretirâtleprojetquine
pouvait être qu’illégal. L’agression, oui, le mensonge,
non !
Etl’onenrevintauxbonnesvieillesméthodesqui
permettentunaffrontementfrancetdirect,desrisques
équitablementrépartis(silesmalfaiteurssontarmés)et
qui laisse leur chance aux adversaires de la légalité de
l’emportersurlesreprésentantsdel’ordrepublic.
Lafinnejustifiepaslesmoyensetlerecourséven-
tuel à un bon matraquage vaut sans doute mieux que
l’utilisationd’uneodeurquineditpassonvrainom.
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