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De vengeance

De
131 pages
De vengeance, un premier roman dur et percutant signé J. D. Kurtness. La narratrice, dont le mépris et la haine pour le genre humain n’ont d’égal que sa capacité à l’exprimer et son humour grinçant, découvre accidentellement à douze ans le plaisir de tuer ses semblables. Rien ne pourra plus l’arrêter. J. D. Kurtness ose mettre en scène une narratrice méchante, calculatrice et froide, tout en réussissant l’exploit de nous la rendre sympathique.
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DE VENGEANCE
J. D. KURTNESS
De vengeance Roman
Maquette de la couverture : Geneviève Pigeon et JeanMarie Lanlo Illustration : SHOUN Yamamoto, « Crows in a snowstorm » Mise en page : AnneMarie Jacques Révision : Josée Marcotte Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : Distribution du Nouveau Monde © Les éditions de L’instant même, 2017 L’instant même 237, rue Louise Longueuil (Québec) J4J2 2T2 info@instantmeme.com www.instantmeme.com Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Kurtness, J. D., 1981 De vengeance ISBNimprimé 9782895023975PDF 978-2-89502-935-9 ISBN I. Titre. PS8621.U785D4 2017 C843’.6 C20179411446 PS9621.U785D4 2017 C20179411454 L’instant même remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec. Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.
La vengeance est douce au cœur de l’Indien.
Dicton populaire
CHAPITRE1
Présentations d’usage
ui n’a pas déjà rêvé de tirer quelqu’un dans la face avecQ  un fusil de chasse ? Peu importe les raisons. Elles sont toutes bonnes, sur le coup. C’est quand elles demeurent bonnes longtemps que j’agis. Chaque jour, je regarde une meurtrière dans les yeux. Elle est là, de l’autre côté du miroir (qui est aussi mon côté, mais vu à l’envers). Je suis une meurtrière. Ce visage est le mien. Mon visage est celui d’une meurtrière. Voilà. Je sais ce à quoi une meurtrière ressemble.Salut. J’énonce ma phrase en me regardant dans les yeux, les mains appuyées sur le bord du lavabo : « Je suis une meurtrière. » Ma version de « t’es belle, t’es fine, t’es capable ». Mes lèvres bougent et, selon ce que je prononce, quelques dents apparaissent. On les voit aussi quand je souris. Je prononce lentement, dans ma tête ou tout bas. Je prends parfois un risque et je le dis sur un ton normal, plus fort. J’aime entendre ma voix. Son murmure dans mon appartement silencieux, qui s’échappe de la salle de bain et meurt dans le bourdonnement électrique des murs. J’écoute les clics
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De vengeance
irréguliers des calorifères qui chauffent, indifférents à ma situation. Je le dis aussi parce que j’ai un peu peur de l’oublier. La vie peut être douce, et je prends des pauses.
* * *
C’est l’aprèsmidi, j’ai douze ans. Mon primaire est fini. Depuis trois semaines, je suis en vacances. Je suis sur le bord de la rivière. J’aime être dehors. Je sors à 7 h du matin et je reviens juste pour manger. Il y a même des fois où je saute un repas, mais ça agace mes parents. Je reviens le soir, quand on voit moins bien. Je dors et je recommence. Dixhuit heures de lumière par jour, le bonheur. Ici, c’est mon coin. L’arbre se grimpe bien, et il y a trois branches à la bonne place. Une sous mes fesses, une où appuyer mes pieds, et une derrière mon dos. Elles forment une sorte de chaise. J’ai une belle vue sur la rivière qui coule dans le fossé plus bas. Je vois aussi le talus en arrière. Si je m’étire, je vois jusqu’au cimetière, par où passe le sentier. Une vue à 270 degrés autour de moi, assez bien dégagée. Ce n’est pas grave si je ne vois pas derrière moi. Il n’y a que la forêt, trop dense pour y jouer à ce tempsci de l’année. Après la forêt, il y a le parc municipal, où personne ne va… Pourquoi aller dans une seminature quand tout est vivant autour ? Làhaut, personne ne me voit. Parfois, j’apporte un lunch. Je le prépare moimême. Mes parents me trouvent responsable, leur angoisse que je meure de faim s’estompe. J’entre dans l’adolescence, il est normal que je ne leur parle presque plus. C’est leur théorie. Je choisis des emballages qui ne reflètent pas la lumière. Pas d’aluminium, pas de sac de plastique. J’ai vu un film où
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