Déjà la neige

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Le fantastique, pour Marcel Schneider, est une irruption de l'irrationnel dans la vie la plus quotidienne, une déchirure qui permet d'entrevoir " l'espace du dedans ". Né de l'inquiétude, il est un remède à l'inquiétude, peut-être un moyen de capter ingénument l'invisible et d'approcher le sacré dans une période littéraire de plus en plus encombrée par le réalisme ou l'abstraction théorique des professeurs.

Dans le bref essai qui ouvre ce volume, Marcel Schneider démontre brillamment que les visionnaires sont parfois plus proches des lois naturelles que les savants, de même que Balzac est un peintre plus vrai que Saint-Simon. En vérité, de l'Enéide à Faust, les grandes oeuvres sont toujours fantastiques, et créatrices de mythes. Toutefois c'est le modeste Hoffmann qu'on peut considérer comme le père de la littérature fantastique, genre nouveau, dont l'importance n'a fait que croître depuis le XIXe siècle. À mi-chemin de la poésie et de la vérité, c'est une échappée libre et solitaire dans un monde engagé, un moyen de " connaissance par les gouffres " où doivent s'aventurer par élection les esprits que tentent la découverte et l'absolu.

Comme pour nous en donner le go-t, l'auteur nous propose trois nouvelles, parmi les plus belles qu'il ait jamais écrites. De la tendre et fugitive " Dame de Noël ", avec sa couronne de bougies, messagère de l'inconnaissable, au couple tragique du Granit et l'Absence qui nous entraîne vers le " tramonde " auquel aspirent les condamnés d'ici-bas, sans oublier le conte étrange de ce roi maudit qui semble surgi des légendes germaniques, c'est la même approche des mystères, le sang qui coule sur la neige, une commune richesse des images et des couleurs dans l'harmonie inspirée. C'est aussi la même " déchirure " soudaine, qui laisse deviner l'angoisse, le vertige de la mort désirée, le secret des révélations essentielles, l'âme des choses.

Héritier d'une tradition qu'il connaît mieux que personne, Marcel Schneider ne cesse de la renouveler, de l'approfondir, avec un art de livre en livre affirmé qui a fait de lui un maître du fantastique, et l'un des tout premiers écrivains de sa génération, bien qu'à nul autre comparable.
Publié le : jeudi 2 mai 1974
Lecture(s) : 35
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246752790
Nombre de pages : 230
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Le fantastique, pour Marcel Schneider, est une irruption de l'irrationnel dans la vie la plus quotidienne, une déchirure qui permet d'entrevoir " l'espace du dedans ". Né de l'inquiétude, il est un remède à l'inquiétude, peut-être un moyen de capter ingénument l'invisible et d'approcher le sacré dans une période littéraire de plus en plus encombrée par le réalisme ou l'abstraction théorique des professeurs.

Dans le bref essai qui ouvre ce volume, Marcel Schneider démontre brillamment que les visionnaires sont parfois plus proches des lois naturelles que les savants, de même que Balzac est un peintre plus vrai que Saint-Simon. En vérité, de l'Enéide à Faust, les grandes oeuvres sont toujours fantastiques, et créatrices de mythes. Toutefois c'est le modeste Hoffmann qu'on peut considérer comme le père de la littérature fantastique, genre nouveau, dont l'importance n'a fait que croître depuis le XIXe siècle. À mi-chemin de la poésie et de la vérité, c'est une échappée libre et solitaire dans un monde engagé, un moyen de " connaissance par les gouffres " où doivent s'aventurer par élection les esprits que tentent la découverte et l'absolu.

Comme pour nous en donner le go-t, l'auteur nous propose trois nouvelles, parmi les plus belles qu'il ait jamais écrites. De la tendre et fugitive " Dame de Noël ", avec sa couronne de bougies, messagère de l'inconnaissable, au couple tragique du Granit et l'Absence qui nous entraîne vers le " tramonde " auquel aspirent les condamnés d'ici-bas, sans oublier le conte étrange de ce roi maudit qui semble surgi des légendes germaniques, c'est la même approche des mystères, le sang qui coule sur la neige, une commune richesse des images et des couleurs dans l'harmonie inspirée. C'est aussi la même " déchirure " soudaine, qui laisse deviner l'angoisse, le vertige de la mort désirée, le secret des révélations essentielles, l'âme des choses.

Héritier d'une tradition qu'il connaît mieux que personne, Marcel Schneider ne cesse de la renouveler, de l'approfondir, avec un art de livre en livre affirmé qui a fait de lui un maître du fantastique, et l'un des tout premiers écrivains de sa génération, bien qu'à nul autre comparable.
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