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DELUGES
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Christian MARTIN
DELUGES
NOUVELLE
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2005 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6105-X (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6104-1 (livre imprimé) 6
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 Avant propos Le pays languedocien n’est pas à un paradoxe près. L’été la terre se craquèle sous les rayons brûlants du soleil, les cours d’eau s’assèchent, les nappes phréatiques se vident pour peu que le printemps fut aride. Toute la nature assoiffée se dessèche, se tord et danse dans les mirages liquides des heures chaudes. Quand le premier mistral se lève à la fin août, alors la garrigue crépite, fume et flambe sous le ballet des canadairs qui crachent leurs gerbes d’eau. Les pins deviennent torches et en quelques heures des hectares noircissent, ne laissant dans le sillage du feu qu’un paysage lunaire et gris.  Puis vient le temps des cataractes du ciel. Un temps où des nuages lourds et noirs déversent en quelques heures, sur les garrigues et les Cévennes, des millions de mètres cubes d’eau. Les rivières, presque asséchées par endroits, se gonflent brutalement emportant dans une fureur meurtrière, ponts, routes et même des quartiers entiers des villages en bordure de berges. Les digues lâchent en plaine et laissent se déverser, dans les vignes, l’eau limoneuse de la crue. C’est l’automne !  Mais l’ultime paradoxe climatique reste à venir.
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Sur cette terre méditerranéenne de garrigues, d’oliviers et de pins d’Alep, aux paysages si semblables à ses cousines d’outre méditerranée, l’hiver venu, l’air polaire s’engouffre dans les plaines du delta du Rhône à la rencontre de nuages blancs, bas et glacials. La neige tombe bientôt sur les chênes kermes et les étangs gelés. Le manteau blanc et le froid paralysent le pays. Les routes sont coupées, les autoroutes encombrées de longues files de poids lourds, de voitures bloquées et abandonnées. Les poteaux électriques ou téléphoniques ça et là se sectionnent.  Les gymnases, les foyers communaux en bordure de l’A 7 s’emplissent bientôt de sinistrés grelottant sous leurs couvertures. Le silence et le froid vont régner quelques heures. Si les hommes calquaient leurs vicissitudes sur celles du temps?
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