Derrière les géraniums

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Une peinture régionaliste colorée Une quête identitaire en plein cœur de la Bretagne Auteur, dessinateur et chroniqueur, Cyrille Cléran signe un roman dynamique. Louisette se demande comment réussir sa vie. Le bac à présent en mains, elle découvre que tout lui est possible. Une première décision s’impose : fuir Trégorec et rejoindre Rennes-la-Belle. De la vie active à l’indépendance, une myriade de bonheurs quotidiens reste à découvrir.
Publié le : mercredi 3 décembre 2008
Lecture(s) : 86
EAN13 : 9782304004205
Nombre de pages : 347
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Titre
Derrière les géraniums
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Titre Cyrille Cléran
Derrière les géraniums
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00398-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304003987 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00399-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304003994 (livre numérique)
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PROLOGUE
Qui s’en plaindra ? Louisette a la mention « Bien ». Bon, ce n’est pas si mal, c’est correct. Id est, ce n’est pas trop pourri. Bien sûr c’est moins bien que si elle avait eu la mention « Excellent ». Mais c’est tellement mieux que si elle n’avait ré-colté qu’une pauvre mention « Potable ». Si elle n’avait eu qu’un « Moyen » ou si elle avait échoué ou même – ! – si elle n’avait jamais passé d’examen ou même, pis encore ! si elle n’avait jamais été ni au lycée ni au collège ni à l’école primaire ni à la maternelle ni à la crèche ni dans aucun de ces endroits où il y a des rites de passage – Louisette a du mal à remonter plus loin parce que ses passés s’embrouillent et que le big-bang, franchement, elle a du mal à y croire –, il n’y aurait pourtant pas eu de quoi en faire un fromage et qui plus est, relativement facilement, elle aurait trouvé la ressource néces-saire pour ne pas juger utile de s’en faire… À quoi bon, lorsque les artères sont bon-nes, produire du mauvais sang ?
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Derrière les géraniums
17 années d’existence dont une bonne partie passée sur les chaises d’école que ce simple mot : « Bien », résume en quatre lettres. Et c’est la vérité : Louisette vit « bien ». Elle rote, pète et chie « bien ». Elle travaille « bien ». Quand le matin elle se masturbe avec un hochet, avec ses doigts ou avec des vieilles copines, elle jouit « bien ». Quand on lui demande l’heure, elle consulte les aiguilles et répond « bien » à la se-conde près, car elle a une montre chronomètre – un cadeau de son père. Elle connaît « bien » son alphabet. Elle regarde « bien » les gens en face pour leur montrer qu’elle n’a peur ni d’eux ni d’elle-même et de fait retient « bien » les visa-ges et les expressions – anormalement physio-nomiste, Louisette adore examiner les grimaces que font ses congénères. Après, elle essaie de les imiter mais c’est rarement facile. En ce qui concerne le bas, ses jambes la transportent « bien ». Elle dort, et pour finir, mange parfaitement « bien » – sauf les brocolis qui sont fadasses et les tomates crues qu’elle a du mal à digérer. Priant de même fort convenablement, avec une réelle sincérité et une profondeur inouïe dans le fond des yeux, elle vous salue « bien ». Du moins fait-elle de son mieux, comme toute personne ayant mariné pendant longtemps dans un magma judéo-chrétien propice à la réalisa-tion de soi.
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