Des fauves au ralenti

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Marine, universitaire, promène sur sa vie un regard las. Maxence, son mari, est gentil mais infidèle , Bertrand, son amant, ne parvient pas à la retenir. Sa passion pour les auteurs romantiques n'a d'égale que son attirance pour des rencontres physiquement intenses avec des hommes de passage. La nuit elle fait le réseau et y rencontre Ben. Cette relation qui débute comme un banal adultère deviendra peu à peu virtuelle. Virtuelle et obsédante. Les manques et les atermoiements de Ben seront passés au crible d'une critique dont la lucidité se transforme vite en quête de reconnaissance. Mais cette liaison où s'entremêlent rencontres fiévreuses et rendez-vous ratés peut-elle se terminer ou tout simplement n'a-t-elle jamais vraiment commencé ?
Publié le : mercredi 10 janvier 2007
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EAN13 : 9782304001648
Nombre de pages : 171
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Des fauves au ralenti
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Jacqueline Finkelstein-Rossi
Des fauves au ralenti
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00164-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304001648 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00165-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304001655 (livre numérique)
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. En souvenir d’un fauve au ralenti maté dompté On prend des chaînes pour limites On cultive l’art d’être heureux On appuie de temps en temps sur le levier complaisant du bien On met de l’eau dans son soleil. Paul Eluard
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I
« Est-ce vraiment souhaitable ? » se deman-da Marine en retournant compulsivement le carton d’invitation bleu clair. Elle regarda le ciel gris uniforme par-delà la fenêtre entrouverte. L’été était loin et déjà les feuilles, ramassées en tas par le vent et collées entre elles par la pluie, formaient au pied des arbres des zones de magma putréfié qui annonçaient le froid et les nuits précoces. Elle demanderait l’avis de Maxence, qui accueillerait comme toujours avec enthousiasme la perspective d’une soirée entre amis. Ils iraient donc, quoi qu’elle en pensât. Qu’avaient-ils fait de leurs vacances ? Laure et Vincent projetteraient sur le mur blanc d’une pièce meublée de lourds canapés de cuir noir les films d’un voyage interminable au bout du monde. Dans la veine deThalassa, rien n’y manquerait : les commentaires intellos d’un découvreur de scènes prises sur le vif qui n’en finit pas de s’émerveiller et surtout, surtout les images sophistiquées avec ce qu’il faut de
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contre-plongée, de zooms et de fondus enchaînés. Avec de la naïveté, du rêve et de la niaiserie. Avec des couleurs, du bruit et du mouvement. Un échassier qui s’élance, un pingouin qui dérape, une fleur qui s’ouvre sur un insecte qui la suce, et Laure qui fait semblant de rire et Vincent qui pose avec un chapeau de cow-boy ou une saharienne ou un poncho… Maxence, tout au long du mois d’août, avait préparé son intervention au congrès de Rome. Il avait passé de longues heures, retiré dans le grenier. Elle avait déchiré les pages écrites surRené. Impossible d’en dire plus et inutile de chercher un sens à ce qui n’a pas de fin. Pourtant le travail avait bien commencé et l’effort de réflexion était louable : voilà ce qu’elle avait pensé à la relecture de ses notes. Mais quelque chose avait coincé. Pas plus qu’un grain de sable. Un infime coup d’œil jeté sur sa vie. Marine s’en était voulu. Elle avait même eu peur. Peur de ne plus pouvoir lire, écrire et aimer. Aimer pénétrer dans les histoires des autres, se glisser entre les lignes, entre les mots ; passer d’une passion à une autre avec la légèreté de celui qui n’est pas concerné et la gravité de celui qui en sait trop pour ne pas être concerné. Marine avait sondé son cœur comme Renél’avait fait et elle s’était aperçue qu’il était désespérément vide. Cette nouvelle évidence
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