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Des lignes de peupliers

De
113 pages
Lucienne LOURME et Michèle DUFRESNE sont toutes deux nées dans la localité de Romicourt-en-Artois, qui se situerait, si elle existait, dans le département du Pas-de-Calais. Elles passeront par l'épreuve des dix sept ans, de la Première Guerre Mondiale (Lucienne) et de la cise des années quatre vingt dix (Michèle). Elles connaîtront aussi le miracle fragile de l'amour, souffriront de la haine.
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Des lignes de peupliersDaniel François
Des lignes de peupliers
ROMAN© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1171-0 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-1170-2 (pour le livre imprimé)Avertissement de l’éditeur
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Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comPrologue
− « Mais qu’est-ce que tu me dis là, mémé ?
Qu’est-ce que tu sais, toi, de ces choses-là,
d’abord ? », grogna la jeune fille en projetant
en l’air d’un seul coup, par une élégante secousse
des deux jambes, ses espadrilles en toile et en s’al-
longeant d’un air excédé sur le sofa de cuir rouge.
Elle pleurait doucement.
Elle se mit à contempler le plafond de la pièce
comme si allait en sortir la réponse à une question
lancinante,la solutionà un problèmedouloureux.
Debout à côté d’elle, une très vieille femme, me-
nue, tout de sombre vêtue, se tenait immobile avec
dans ses mains ridées et osseuses un plat en porce-
lainesurlequelreposaitunetartedécoupée. Lajeune
fille ne pouvait pas voir son regard, rempli de toute
lapitié,toutledésespoirettoutelapeurquecepetit
corps chétif semblait capable d’éprouver.
La lumière et la chaleur de ce mois de mai péné-
traient à flot dans la pièce. Depuis deux semaines,
tout le monde, dans la bourgade de Romicourt-en-
ArtoisetdansledépartementduPas-de-Calais,pas-
sait le plus clair de son temps à rechercher l’ombre
etlafraîcheur. Lesterrassesdescafésnedésemplis-
saient pas.
7PREMIÈRE PARTIEDepuis quatre années, Adrienne Lourme ne
souriait pour ainsi dire jamais, ne parlait quasiment
pas. Son regard pénétrant, éternellement grave,
clair comme de l’eau donnait à sa physionomie
une force qu’on n’oubliait plus. Et pourtant, on ne
pouvaitpasdired’ellequ’ellefûtbelle. Toutauplus
possédait-elle cette fraîcheur miraculeuse des filles
de dix sept ans. Elle était petite et potelée. Son
corps était engoncé dans d’épais vêtements.
Ellegisaitsurunmatelasposésurunsommieren
fer. Autourd’elle,régnaientl’obscurité,lefroidetle
calme. Elle fronçait les sourcils et gardait les yeux
braqués vers le plafond. Ses bras et ses mains repo-
saientdechaquecôtédesoncorps. Souslescouver-
tures, ses jambes étaient serrées comme si elle crai-
gnaitqu’onnelesluiouvrîtdeforce. Legenoudela
jambegaucheétaitenveloppédansunpansement. Si
quelqu’unavaitpuvoirsonvisage,ileûtpucroire,à
sonairtêtu,qu’elleétaitpunie,condamnéeàdemeu-
rer couchée durant toute la journée à la suite d’une
bêtisequelconque. Alavérité,sielledemeuraitcou-
chée contre sa volonté, elle n’était pas punie.
L’adolescente écoutait intensément, elle essayait
detoutessesforcesd’allerau-delàdececalmeinha-
bituel qui l’effrayait. Ses yeux accoutumés à l’obs-
curitévoyaientcequil’entourait,danscettepiècesi-
tuée au rez-de-chaussée d’une maison où elle était
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