Des plus acides délires chlorhydriques

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Sawed S. nous fait plonger dans le monde sombre de Ziina à la recherche de son identité sexuelle. Dans une impasse, le personnage nous mènera facilement au pays de l'indécence et de la décadence. Tout sera prétexte pour contourner l'amour qu'elle ne comprend pas et qu'elle rejette de tout son corps. Elle dérive, ses propos deviennent incohérents , Ziina a perdu les repères de sa vie pour laquelle elle n'exprime que dégoût. Réussira-t-elle à regagner sa propre estime et accepter les doux plaisirs de la vie ? Sawed S. nous offre, dans ce livre, un personnage torturé par ses contradictions et qui finit par s'y enfermer de peur d'accéder au bonheur qu'il considère comme éphémère. Personnage qui rêve de revenir à l'état embryonnaire pour ne plus être exposé aux acidités du monde.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
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EAN13 : 9782748169423
Nombre de pages : 155
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Des plus acides délires chlorhydriques
Sawed S.
Des plus acides délires chlorhydriques Roman
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6943-3 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748169430 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6942-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748169423 (livre imprimé)
Aux ventres affamés, Aux identités falsifiées, Aux esprits brouillés, Aux imaginations saturées.
I
La poitrine. Deux glands turgescents. Deux seins. Deux lourdes masses s’étirant vers le bas au fil des années, sans parler des dégâts de la loi de l’apesanteur… Pesante, voilà ce qu’elle est ! Et pourquoi pas un sein, oui, un seul sein au beau milieu du thorax (et encore, je ne suis pas convaincue de l’utilité du sein solitaire…) ? Qui a pensé à deux seins, et pour quoi faire ?? Deux yeux, oui… ça travaille un œil… ça fixe, ça observe, ça scrute mais des seins ?? Un 90 C pour quelle raison et au nom de quoi, de qui ?? Envie de les crever, de blasphémer pendant que je resserre les bandages qui minimisent mes obus « agressifs », m’a-t-on déjà dit…Je n’ai plus envie de les porter. Il serait temps de créer l’ère du sein amovible ! Envie de seins aujourd’hui ?? Non, pas trop, ma sciatique me relance ce matin, donc aujourd’hui, ça sera sans… La plateforme, le néant désertique, un buste plat et vive les eunuques poitrinaires !! D’ailleurs, ça tombait bien, l’homme qui dormait en moi est réapparu ce matin. L’onde de la virilité m’a enveloppée des pieds à la tête et me voici transformée, du moins pour aujourd’hui… et je me languis de cette ère…
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Ce buste représente tout ce que je refuse, cette féminité dont je ne brandis pas l’étendard ; cette féminité qui me déguise au quotidien et qui me rappelle chaque jour l’inadéquation qui règne entre mon enveloppe et mon esprit. Tous les combats du monde sont en moi, je lutte perpétuellement mais en vain, les autres me rappellent à chaque instant ce que je réfute de mieux en mieux. Dure, cette vie de contrastes et de crainte du regard d’autrui... Regards sur mes formes rebondies, cette « croupe de génisse » causée par les dégâts d’une scoliose qui dessine la cambrure des fantasmes masculins. Et me voici partagée entre les désirs que peuvent avoir certains hommes sur moi et mes propres désirs d’homme que je peux éprouver secrètement pour ladite gente masculine. Vous avez dit compliquée ?! Et si c’était tout bêtement une erreur ? Et si ce corps appartenait à quelqu’un d’autre, oui, on appellerait tout simplement cela, une location ; je serais enfermée dans un corps dont le propriétaire m’aurait cédé le bail à la naissance ; bien trop jeune, je n’étais pas en mesure de comprendre ou de négocier quoique ce soit, et j’aurais pris ce qu’on me donnait pour argent comptant ; j’ai grandi emmurée dans ce corps bien trop compliqué à gérer… car il faut bien reconnaître sa disgrâce… Le propriétaire n’est jamais revenu, et me voici prisonnière d’un corps en total délabrement. Ma peau est sale, elle sent mauvais ; j’ai beau laver, frotter, gommer, mais les pores restent obstrués par cette crasse insaisissable. Impression de sentir le chat crevé au bord d’une nationale sous un soleil de plomb, en été ; cette abominable puanteur qui agresse vos sens et vous
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