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50 Bivouacs sous les étoiles, Éditions Didier Richard, 1993
Jean Molins DES SOMMETS ET DES GOUFFRES Tome 1
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0119358.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Dimitri tient à dédier ce livre à la mémoire de son bienfaiteur. Robert D.
Sommaire 1. La nuit des temps..........................................................................92. L’âge des responsabilités............................................................593. La découverte de la montagne ..................................................994. Les premiers problèmes d’adulte............................................1355. En quête d’existentialisme .......................................................1636. La révolution..............................................................................1897. Une seconde existence .............................................................2038. Les sortilèges de la haute montagne.......................................265
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1. La nuit des temps Le voici encore et toujours seul au fond des vallées surpeuplées. Bientôt il n’y sera plus, mais la possibilité de dicter ses mémoires lui offrit son dernier souffle de vie. Il respira les joies d’antan et essuya les larmes de tristesse qui cou-laient sur ses joues, revivant tous les instants d’une vie destinée à franchir les vapeurs sanglantes des orgies fascistes, les mains en prière des vampires de l’intégrisme et l’irresponsabilité des êtres diminués par la société de consommation. Il vécut telle une éruption volcanique, emportant tout sur son pas-sage, se frayant un chemin au milieu de la pourriture, mais aussi rencontrant des êtres sublimes. Il ne se sentit jamais vaincu car ses courses par monts et vallées, ainsi que ses innombrables ascensions des sommets les plus sauvages, lui forgèrent un caractère où le renon-cement était banni. Il se balada à travers le monde, sans patrie, ni dieu, ni drapeau, se sentant frère de toutes les créatures vivantes, de l’être humain au sympathique crapaud, faisant sienne la belle phrase d’un grand alpiniste : « Là où il y a une volonté, s’ouvre une voie… » Cette histoire remonte à bien loin dans le temps, quand les fascis-tes triomphants exhortaient les familles à se développer sans cesse… La pluie cinglait la persienne de la chambre au moment où Josep et Lola allaient s’endormir, non sans auparavant avoir prié le bon Dieu pour le salut éternel de ceux qui leur étaient les plus proches. Josep, touchant la main de son épouse, eut subitement une pulsion charnelle ;il l’enlaça et la caressa tendrement en effleurant les quel-ques parties nues de sa peau… Neuf mois plus tard, le 17 juin 1943, un bébé mâle de 5,5 kilos vit le jour, se frayant un passage entre les chairs déchirées de sa maman… 12 jours après, il fut baptisé d’office
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DES SOMMETS ET DES GOUFFRES
et ses parents choisirent de l’appeler Dimitri. Désormais, il était membre de l’Église catholique apostolique et romaine. Le petit Dimitri faisait l’admiration de tous. Ce bébé bien gras-souillet se distinguait de toutes ces personnes aussi maigres que des lames de rasoir, affamées par les privations et les rationnements im-posés par la guerre civile et le nouveau régime. Et si je parlais un peu des parents et grands-parents de ce bébé ? Lola était l’unique fille du couple formé par Eugène et Isabelle. Eu-gène, le père, un Français de Mazamet, appartenait à une famille d’aventuriers et de voyageurs qui parcouraient le monde sans relâche. Il naquit à Buenos Aires alors que ses parents s’y trouvaient de pas-sage. Devenu adulte, il s’installa au Portugal où il travailla comme teinturier. Mais, apprenant que des membres de sa famille s’étaient installés en la ville de Sabadell, en Espagne, il décida de les rejoindre et se sentit vite comme chez lui, entouré des siens. Isabelle, la mère, était issue d’une famille très modeste. Elle entra à l’usine dès l’âge de 12 ans, où elle fut mise aux commandes d’une machine à tisser. Elle évoluait dans un milieu assez inculte, faute de moyens financiers. En revanche, sa beauté attirait les regards de con-voitise de ses admirateurs, dont faisait partie Eugène. Il lui proposa de sortir avec lui et lui donna rendez-vous dans la salle de bal du Ca-sinet, où leur élégance et leur prestance suscitèrent l’admiration des assistants. Ils finirent par se marier, situation qui permit à Isabelle de quitter son travail et de vivre comme une femme au foyer, s’adonnant aux plaisirs d’une existence frivole. Suite à ce changement de statut, plus personne ne l’appela par son nom sans y ajouterSenyora. Le cou-ple vivait dans l’opulence grâce au bon salaire d’Eugène, et ils purent bientôt se faire construire une belle maison, puis deux autres, déco-rées de faïences et équipées d’un système de chauffage central à radiateurs à eau ainsi que d’une salle de bains complète : un luxe dans cette Espagne minée par la pauvreté. Antoni, le père de Josep, était un commerçant en vins et spiri-tueux ; il fabriquait aussi la fameuse anisetteEl Lince. Il possédait plusieurs propriétés et menait une vie très stable, jus-qu’au moment où une broncho-pneumonie mal soignée mit un terme à ses jours. Il laissa deux enfants: Francesca, âgée de neuf ans, et Josep, alors âgé de sept ans.
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