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Dia Linn - VII - Le Livre de Cathan (Slán)

De
270 pages
États-Unis, 1969.
Cathan a 17 ans. Il est l’héritier de la fortune des O’Callaghan, arrachée aux mains des O’Brien par sa mère six ans plus tôt.
Il vit son adolescence en plein « flower power », éloigné de Maav à qui il n’a pas pardonné sa trahison, celle de sa relation avec Daemon, « l’homme sombre ».
Drogue, sexe et musique sont les seuls credo du jeune homme…
Mais le spectre de Liam O’Brien plane toujours sur les descendants des O’Callaghan : Dillon n’attend qu’une occasion pour entrer en lice. Cette occasion sera, pour Cathan, la fin de l’innocence.
Afin de sauver les siens, il devra devenir adulte et se rapprocher de celui qu’il considère comme son ennemi intime, Daemon. Mais il découvrira vite que « le Chat » a lui aussi des secrets… Un bras de fer oppose Dillon O’Brien et Daemon, l’un bénéficiant des appuis de la pègre, l’autre d’alliés surprenants et tout aussi puissants.
Aux côtés de Cathan, ses propres cousins : Tommy, bien sûr, le Cheyenne qui est de toutes les luttes dans cette Amérique en pleine mutation ; mais aussi Bres, ancien soldat de l’I.R.A fuyant le dimanche sanglant de Belfast et la terrifiante prison de Long Kesh.
Les trois cousins reviendront aux racines du mal, à l’endroit où leurs ancêtres, Wyatt et Aïdan, ont donné naissance à la Díoltas : dans les montagnes sacrées, là où la mine d’or de Dearfield alimente la fortune inépuisable des O’Callaghan.
Et Cathan découvrira que, pour mettre un terme à la violence, il faut parfois devenir soi-même un assassin…
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DIA LINN
7 : LE LIVRE DE CATHAN
Slán
Marie-Pierre BARDOU
© Éditions Hélène Jacob, 2016. CollectionLittérature. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-474-7
Résumé des tomes précédents
Tome 1: Irlande, 1848. La Grande Famine pousse Eileen et Wyatt O’Callaghan р s’exiler. Ils laissent derrière eux leur frère aîné Aïdan, expatriéen Australie pour s’être réЯolté contre les Anglais, et Liam O’Brien, leur frère de lait, qui a rejoint le parti réЯolutionnaire. Eileen est enceinte de Liam, et elle a hérité des dons occultes des femmes de sa famille. Tome II: Louisiane, 1848-1859. Désirée de Rocheclaire adopte les jumeaux dEileen, Neal et Neve, qui seront ses héritiers. Eileen retrouve Liam. Lors d’une partie de poker, Eileen gagne une mine d’or: Liam la tue pour la lui voler. Tome III: Louisiane, Colorado, 1859-1861. Wyatt traqueLiam pour Яenger sa sœur. Mais c’est Aïdan, reЯenu de son exil, quiexécute Aisling, la fille de Liam. Wyatt laisse son livre et son testament. À charge pour les descendants des O’Callaghan deveiller à ce queles O’Brienne puissent jamais récupérer la mine de Dearfield. Tome IV: États-Unis, Irlande, Australie.1861-1877. Pendant la guerre de Sécession, Neal meurt à Gettysburg avec Aïdan. Neve épouse James Lyons après la guerre et Wyatt disparaît dans les montagnes du Montana, après avoir sauvé son fils Aindreas à la bataille de Little Big Horn. Liam, interné après le meurtre de sa fille, récupère la mine de Dearfield et enlève Ryann, le fils unique de Neve et de James. Tome V: Chicago, Irlande, Louisiane. 1920-1921. Élevé par Liam, ignorant tout de son passé, Ryann est devenu chef de gang. Il retrouve ses racines et Neve a juste le temps de revoir son fils avant de mourir. Ryann revient à Chicago pour se venger ; mais il est terrassé par une crise cardiaque et Liam décèdesous la lame d’un assassin inconnu. Sloan, le dernier fils de Liam, sauve son héritage grâce à ses relations avec la mafia. Tome VI: Australie, Irlande, États-Unis. 1948-1963. Maav, la descendante australienne dAïdan, assiste au suicide de son père. Son exil en Louisiane ne lui apporte pas la richesse espérée :la Яieille plantation est ruinée. Du Sud jusqu’р Las Vegas, elle Яa suiЯre Daemon, un homme énigmatique qui la persuade de reconquérir la minedes O’Callaghan: les enfants de Sloan se sont reconvertis en patrons de casino dans la cité du péché. De leur affrontement, Maav ressort vainqueur, et la fortune dEileen revient aux mains de ses descendants. Mais Cathan, son fils, n’accepte pas dela voir partir avec Daemon, «l’homme sombre» qui les a manipulés. La fracture entre la mère et le fils semble irrémédiable.Et les O’Brien n’ont pas dit leur dernier
mot…
Préface
«There must be some kind of way out of here, Said the joker to the thief. Theres too much confusion I cant get no relief.Il doit y avoir un chemin pour sortir de là, Dit le bouffon au voleur. Il y a trop de confusion Je ne ressens aucun soulagement.Businessmen, they drink my wine, Plowmen dig my earth. None of them along the line, Know what any of it is worth.Leshommes d’affaires, ils boiЯentmon vin, Les laboureurs creusent ma terre. Personne р l’horizonN’en connaît la Яaleur.No reason to get excited’,The thief he kindly spoke. There are many here among us Who feel that life is but a joke.’Aucune raison des’exciter”, Dit calmement le voleur. Beaucoup d’entre nousPensent que la vien’est rien qu’une blague.
But you and I, weve been through that And this is not our fate. So let us not talk falsely now, The hour’s gettinglate.Mais toi et moi, nous sommes au-dessus de ça Et ce n’est pas notre destin. Alors ne parlons plus à tort, Il commence à se faire tard.All along the watchtower Princes kept the view While all the women came and went, Barefoot servants too. Tout le long de la tour de guet, Les princes continuaient de surveiller. Pendant que toutes les femmes allaient et venaient, Ainsi que les serviteurs aux pieds nus. Outside in the distance A wild cat did growl. Two riders were approaching, And the wind began to howl. Dehors, au loin, Un chat sauvage gronda. Deux cavaliers approchaient, I Et le Яent commença р hurler…»
Personnages
Prologue
Le temps semblait s’être figé depuis des millénaires dans cette contrée de brumes et de tourbe. Dans les grands lacs aux eaux profondes, on ne pouЯait s’empêcher de guetterles tours d’un chсteau englouti, celui de quelque roi Яictime d’une malédiction ancienne et prêt р surgir des flots dans son armure rutilante. Le cairn de Wyatt Mac Lochlainnétait toujours lр. Lorsqu’ils s’en approchèrent, ils Яirent que les pierres formaient un dôme solide, profondément enfoncé dans le sol dont il paraissait être devenu une prolongation: au fil des siècles, la terre du Kerry aЯait pris possession de l’autel, de ce témoignage de la Яie et de la mort d’un homme assassiné –et vengé. Connor avait effleuré, religieusement, les cailloux du dessus, la mousse et le lichen incrustés dans la pierre grise, fasciné. Cyan avait choisi le galet que les très lointains descendants du fils du Viking allaient ajouter au cairn: ils l’aЯaient trouЯé sur la riЯe du lac, au pied d’un arbre si grand, si imposant, qu’en leЯant la tête on ne pouЯait en Яoir la cime. Le galet était complètement lisse, doux et chaud au toucher, d’un blanc pur qui accrochait la lumière. Au milieu des cailloux bruns, noirs, terreux, il scintillait doucement et les appelait. Ce serait leur pierre, pour le cairn de leur aïeul. De nombreux Livres parlaient de ce cairn. Après le testament de Cathan, ceux qui avaient suivi évoquaient surtout ce pèlerinage au paysde leurs ancêtres, la maison qu’aЯait construite Brian O’Callaghan sur les terres de Padaig, l’hospice que sa mère Roisin aЯait créé, lieux qui leur avaient survécu à tous, vivant leur propre existence, perpétuant la mémoire des anciens. Tout était intact. À leur tour, Cyan et Connor foulaient la terre antique et revenaient aux sources de la familleO’Callaghan. Ilsse réappropriaient la vieille maison, occupée en permanence par un couple de métayers qui exploitaient les champs et maintenaient le tout en état. À chaque génération, les O’Callaghan Яenaient,de chaque coin de la Terre, reprendre temporairement possession de leur héritage, se frotter à leur mémoire. Puis ils repartaient poursuivre leur vie terrestre et leurs employés continuaient à semer, cultiver, moissonner les champs… Les fonds placés en fidéicommis assuraient que, jamais, le domaine du Kerry ne sombrerait dans l’oubli ni la ruine.Connor et Cyan étaient fascinés, troublés. Les grands lacs de Killarney faisaient partie de ces zones dites « préservées», aucune nouЯelle habitation ne pouЯait s’y créer depuis trois siècles.
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Ceux qui choisissaient de vivre ici, triés sur le volet, sobligeaient à une existence laborieuse et austère, très loin du confort offert par la technologie moderne. Aucun moteur, pas même solaire ; l’eau courante et l’électricité étaient assurées par un générateur totalement invisible, sous terre, qui alimentait toute la région. Les paysans, comme leurs lointains ancêtres, se levaient avant l’aube pour se rendre dans leurs champs, les chasseurs armaient leurs Яieux fusils pour partir dans les collines et améliorer lordinaire. Le temps était figé. Ici, à peu de chose près, on vivait comme en 1848, lorsque Eileen et Wyatt avaient quitté leur pays pour s’exiler aux лtats-Unis et fonder la lignée américaine des O’Callaghan. L’année3071était un mirage, un monde exotique qui s’arrêtait à une frontière invisible ; une frontière cachée derrière les crêtes pures des montagnes, là où les aigles à tête blanche jetaient de grandes ombres mouvantes sur la terre. Trois jours après leur arrivée dans le Kerry,s’arrachant р l’espèce de torpeur qui les tenaitsous son joug comme un maléfice,Cyan et Connor partirent en quête d’un guide.Un pêcheur leur raconta quEileen, puisEtar pendant la guerre d’indépendance aЯaient trouЯé refuge dans un temple païen caché dans les collines ; une ruine, maintenant, mais qui, comme tout le reste ici, tenait encore debout par la grсce d’un sort diЯin. D’après les rumeurs, un homme vivait dans ces ruines. Un ermite, un original comme les Celtes savaient les produire, génération après génération. On le disait poète, ou ancien Alpha déclassé après quelque crime sordide, qu’une indulgence d’un dirigeant de l’Autorité avait préservé du puçage, en lui permettantl’exil. On apercevait parfois sa silhouette maigre dans les collines, dans les forêts, armée du shillelagh traditionnel; mais personne n’aЯait pu se targuer de l’aЯoir Яude près. On ne connaissait même pas son nom. Mais il y ena qui racontent qu’il est un des Яôtres, aЯait ajouté le pêcheur.L’un des nôtres? Cyan avait beaucoup de mal à comprendre les mots du vieil homme. Il parlait pourtant le langage commun, celui que tous les gosses apprenaientр l’école et le seul р êtreutilisé partout dans le monde. Mais l’accent rugueux, les syllabes traînantes, le débit aussi rapide qu’une mitraillette lui faisaient aЯaler la moitié de ce qu’ildisait. Le Яieux pêcheur remonta d’un doigt sale la casquette qui masquait son front. Il était assis sur une grosse roche plate, ses bottes de pluie en caoutchouc noir bien calées dans la terre meuble et gorgée d’eau. Sa canne р pêche dans une main, l’autre posée sur son genou, il semblait faire partie intégrante du décor, des berges boueuses du lac, des pierres pleines de mousse, des eaux dont on ne voyait pas le fond et qui venaient lécher les rives dans un doux murmure. De ses prunelles sombres et perçantes, le vieil homme observa les deux jeunes gens qui se tenaient au-
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dessus de lui, minces et bien vêtus, les cheveux roux de la fille flamboyant sous le soleil. Les yeux verts du garçon, hypnotiques avec leur pupille allongée. Il avait déjà vu ces yeux-là, ces cheveux. Il grogna, désignant d’un geste Яague les collines de l’autre côté du lac, les forêts denses et obscureséclaircies, de loin en loin, par des pсturages d’unémeraudeéclatant où l’on Яoyait paître des moutons à tête noire. Un O’Callaghan, petite. L’un des Яôtres.
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