Dieu t'écoute, le Diable te parle

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Un pamphlet camouflé en discussion entre deux amis qui refont le monde inlassablement autour d'un verre !
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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Et l’homme créa Dieu à son image,






























































Dieu t’écoute,
le Diable te parle







shimerik





















Écoute petit homme ; écoute ce que tu ne peux entendre,
écoute ce qui te fait peur. Tu ne seras point, tu ne feras
point, tu n’auras point. Écoute le désert de ton existence,
écoute la folie qui te guette, écoute le Diable qui te parle.





































Deux amis qui discutaient longuement souvent et qui
discutent une nouvelle fois :


« Salut, ça va ? Ça faisait longtemps ! »
— Salut, ça va, ça va ! Je vais mieux que ne va le
monde ! Je te sers à boire, bières, vin, whisky ?
« Une bière pour commencer. Bon, t’as dû voir ce
qui s’est passé hier ? C’était beau ! »
— Oui, me suis bien marré. Le mec avoue un jour
avant que la liste ne tombe ; quelle preuve de courage et
de sincérité ! En plus, il paraît qu’il souhaite rester
député ; soit il ne percute vraiment pas ce qu’il fait, soit il
nous prend pour des idiots, j’opte pour la seconde !
« Comment ça ? »
— Bah, il joue le gars qui comprend rien, alors que
son mensonge est construit, élaboré, complètement
intériorisé ; il a tellement l’habitude de mentir que cela lui
est devenu intuitif, un mensonge crée d’autres mensonges
pour ne pas révéler la vraie personne qu’il est ; un
connard, un idiot ou un naïf… Mais au vu de sa tête, je
dirais un idiot, mais certainement un connard. Cela dit,
stratégiquement, cela lui permet sans doute de protéger
d’autres personnes et par la même occasion le système !
« Tous pourri quoi ! »
— Nan ! Je n’en sais rien, mais je pense que la
plupart sont des croyants !
« Des croyants ? »
— Ils croient en ce qu’ils disent, ils croient en ce
qu’on leur a appris, ils croient au système ! Et à partir du
moment où ils ont conscience que le système est
corrompu, qu’ils en jouissent, et qu’ils ne le dénoncent
pas, je les considérerais comme des connards. Enfin, faut
relativiser, il y a autant de personnalités que d’individus,
chaque cas est différent et les frontières entre la connerie,
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la bêtise, l’idiotie, l’ignorance et la conscience, bouge d’un
individu à un autre ; c’est lié aux histoires personnelles de
chacun et à la manière dont leur esprit s’est construit !
Non, et surtout, il y a des vrais croyants ! Des gens qui
ont certes une position sociale élevée et qui participent au
jeu du système, mais qui de par leur action, le changent, le
font évolué et ouvrent des brèches pour d’autres.
« Et toi, crois-tu que l’humanité s’en sortira ? »
— Bof, seul l’avenir nous le dira. Les consciences
semblent s’éveiller plus massivement grâce à internet et la
diffusion massive d’échange qu’il permet, mais c’est le
bordel et le tout est noyé dans un tas d’informations. De
plus, le système et les personnes qui le chérissent luttent
âprement pour discréditer toute autre forme de société
que ce que nous propose le système. Et pis, quand on y
pense, il y a un siècle, la conscience de classe et la lutte
qu’y était inhérente était apparemment plus franche et
réaliste ; maintenant, les classes disparaissent, sont diluées,
hormis celles dominantes, quant aux classes productives,
elles sont subdiviser et encore diviser !
« Diviser pour mieux régner, en somme ! Et pis le
système politique est archaïque ; regarde le vote blanc, il
sert à rien, alors que s’il avait une valeur, cela permettrait
au moins l’expression d’un rejet ; et pourquoi nous ne
sommes pas inscrits automatiquement sur les listes
électorales ?! »
— Ils ne veulent pas qu’on voie ceux qui
s’abstiennent par simple désintérêt, ou ceux qui
s’abstiennent par ignorance, ou encore ceux qui
s’abstiennent par un vote antisystème ! Mis bout à bout :
les votes blancs, les abstentions, et ceux qui s’obligent à
voter pour untel ou untel, sans aucune conviction, la
légitimité de nos dirigeants et des élus est tout sauf
légitime et ne représente que leur groupe social !
« Ouais, il y a un manque de représentativité dans
nos assemblées ! »
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— Il serait évidemment plus intéressant que la parole
provienne du bas pour remonter, et non le contraire. On
pourrait imaginer des assemblées restreintes aux citoyens
des quartiers ou des villages, localement en tous cas ; qui
proposent, débattent, réfléchissent et soumettent le
résultat à une instance supérieure qui aurait des
compétences scientifique, moraliste, économique ; enfin
on peut imaginer plein de choses, mais actuellement le
débat se fait entre "professionnels" déconnectés de la
réalité sociale qui ne voient qu’à travers des chiffres
faussement produits par le dogme et qui n’éprouvent pas
ce que les travailleurs éprouvent.
« Il est clair que ce n’est pas le peuple qui dirige sa
destinée, mais on peut se demander si cela serait sage de le
laisser faire ? »
— Bah, c’est sûr, si le peuple est peuplé d’ignorants
égoïstes, cela risque de mal tourner, et ça changerait pas
beaucoup de maintenant d’ailleurs. Les élites se sont
toujours posées comme garante de la vision éclairée de
l’humanité, comme si le peuple était bête, et bête il l’est
rendu par cette même élite. Enfin, faut nuancer, grâce à
l’éducation de masse prônée par certaines élites, pour le
coup sincèrement éclairées, le commun des mortels a eu
accès à la connaissance, mais tout ce travail est en train
d’être sapé par un certain contrôle de la communication et
de l’information, tout cela pour le consumérisme qui est
devenu la nouvelle doctrine. Avant, c’était la religion à
laquelle on devait croire aveuglément, maintenant c’est à
la consommation et au travail sans relâche pour produire,
pour consommer, produire, consommer ; parce que le
travail c’est dur, on compense par la consommation, et
parce que la consommation procure du plaisir, il faut
travailler, c’est la carotte et le bâton ; bref, l’humanité est
peuplée d’ânes ; et c’est gentil un âne, serviable pour peu
qu’il ait sa carotte, mais il est pris un con quand même, et
pendant ce temps, qui c’est qui en branle pas une, celui
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