Dites "A…"

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L’étranger qui aborde la politique de l’Hexagone éprouve un sentiment de profonde émotion, voire de pathétique, une ambiance parfois troublée par un grincement de dents ou un nom d’oiseau tout à fait superflus. A fortiori quand il s’agit d’un Belge dont l’environnement politique est quelque peu terne. Pour cette approche, il abuse peut-être de la caricature ; c’est là faire preuve de modestie et de pudeur, qu’il dissimule à l’occasion sous un zest d’humour. Pour faire court, disons que le thème de l’ouvrage porte sur les dettes des États sur fond d’élection.


L’AUTEUR

Il y a 83 ans qu’il émettait son premier « areu ». Tout ce temps, il l’a utilisé pour prospecter de manière active un certain nombre de domaines : le spectacle, l’image, les voyages et plus récemment, l’écriture. Certes tout cela ne nourrit pas son homme. C’est pourquoi il a enseigné pendant près de quarante ans.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999989477
Nombre de pages : non-communiqué
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Ava n t-p ro p o s — C’est gr ave, docteur ? On aur a com pris que tout dépen d du «A» évoqué et qui n ’in téresse pas que la Faculté. Il oscille en tr e un pén ible raclage de gorge ch ez le fum eur im pén iten t et un e explosion ch ez celui que l’Eurom illion a com blé au-delà de ses es-péran ces, en passan t par toute un e gam m e de sen tim en ts et de situation s. Bref, le «Aladition n e » est la lettre de l’alph abet qui con qualité des h um eurs. Que l’on retrouve dan s un e exp r ession couran te m ais don t le con ten u a perdu de son aura : «Àta san té ». Bien tôt, en vertu des cam pagn es con tre l’alcoo-lism e, un e expression qu’il faudr a r an ger au placar d, par m i les sign es de con vivialité aujourd’h ui m audits, tel celui qui con sistait à ten dr e son paquet de cigarettes. Il y a le «A »d’un « ém en té » et d’un r eu e risette, agr avec, en éch o, le «AIl n e luides gén iteurs. « ir atif » adm m an que que la parole » sera désorm ais réservé aux toutous de la m ém ère ou aux r obots si in telligen ts soien t-ils. Cet «Are ue soit d’un futur tribun soit d’un m » est le sign o-dern e troubadour, déten teur d’un disque d’or. Il y a le «A« rire gras » etom m e » en cascade que l’on n qui fait m auvais gen r e dan s cer tain s m ilieux br an ch és, m ais qui est le bien ven u face à l’h um oriste de service. C’est le rire
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qui libèr e, qui en tr etien t la souplesse des zygom atiques et qui, s’il dure au m oin s un quar t d’h eure par jour , vous évite de pén ibles en n uis de san té. C’est don c un «A »th érapeu-tique don t on peut user san s m odér ation . En décalage par rapport au r ire en «Igué, plus ch atouilleux ou», plus distin plus coin cé. Il y a le «A »le «in terrogatif, A »du sceptique, du m é-fian t, de l’éton n é. Le «A» en tre ban quise et tropique sur l’éch elle de la ch aleur h um ain e. Et si le quidam s’en rh um e et étern ue, le «A »« s’in scr it dan s Àun evos souh aits », autr e m ar que de fratern ité h um ain e. Il y a le «Al’en vie.» exclam atif traduisan t l’adm iration , Et ici les circonstan ces sont légion . Source de passion com m e de h ain e. Le «A» assassin et qui fin it aux «Assises ». Ou qui plus prosaïquem en t, sort du cabin et du den tiste. Il y a le «A »e la satisfaction ou lasoupiran t qui exprim frustration des am an ts dan s le secr et de l’alcôve ou celle du gourm et à l’issue d’un dîn er de con . Il y a le «A» in tellectuel du cruciverbiste. Le double «A »es des bilouts et le doubleose les terr m ajuscule qui arr «Ain uscule, » m s h cette coulée de lave des volcan awaïen s. Certain s aur on t ten dan ce à privilégier le «Aqué d’un» flan Y, les bulles leur assur an t un sur croît de pétillan t. Il y a le« A» san guin , objet de fréquen ts appels des services d’urgen ce. Ce «Aplètem en t,appe com » vous éch vous n e pourrez le m odifier. In utile de faire un m éch an t procès à vos paren ts si votre «A» n ’est pas fréquen t. Ils son t eux-m êm es tributaires de leurs ascen dan ts. En fin il y a le «Aateur don t» déch du bricoleur am iran t le geste a dépassé la pen sée.
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Tout cela est fort in st ructif, m ais tous ces «A» n ’attei-gn en t pas l’in ten sité ém otion n elle du «A» décern é au x bon s élèves par de m ystérieux cen seurs fin an ciers. * * * Et puis… Et puis il y a le «A »sidérationqui peut valoir soit la con des voisin s, soit des n uits d’in som n ie aux décideur s poli-tiques et aux adm in istr ateurs des in stitution s fin an cièr es. Un «A »an ces ultiplication assure aux fin t la m  don d’un État un e situation plus ou m oin s con fortable ain si que l’autorisation de s’en detter davan tage. Et pas seulem en t le con fort, m ais aussi le dr oit de faire le gros doigt à ceux qui n e r especten t pas les règles du jeu. Mais c’est aussi un «Aqui peut br n ois utalem en t» sour se r éduire à deux, voire à un e un ité, pour m auvais usage des den iers publics, plaçan t le gouvern em en t en por te à faux et n e laissan t au citoyen que l’os térité, cet os où il n ’y a plus rien à ron ger. Que dir e alors si «Ae reste qu’un ’y a plus ?! Il n » il n e solution au pays qui serait at tein t par ce fléau : réduire toutes ses activités in dustrielles, com m erciales et fin an -cières à ce bon vieux systèm e qui a satisfait n otre sauvage d’an cêtre, j’ai n om m é le troc. Alor s si vous allez en Gr èce aux proch ain es vacan ces, m un issez-vous de pralin es du Sablon , de baisers de Malm édy, de babeluttes de Dixm ude, de couque de Din an t, de ballon s de Tourn ai, et autr es dou-ceur s, lesquelles son t particulièr em en t appréciées lorsqu e tous les dieux de l’Olym pe se son t in scrits aux abon n és absen ts.
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Ces «A» peuven t déséquilibrer un pays, l’acculer à la faillite, réduire le pouvoir d’ach at à la portion con grue, obliger à la ven te de quelques bijoux de fam ille. Un exem ple d’an th ologie : la Grèce, peuple d’ar m ateur s et m arin s s’il en est, cédan t son port aux rapaces Ch in ois. On assis, ils te l’on t coch on n é ! Aucun e com m un auté n ’est à l’abr i de la vigilan ce des cen seurs. On n ’action n e plus la plan ch e à billets com m e à l’époque des glorieuses. Question : com m en t un pays est-il déclaré en faillite alors que l’épargn e attein t des ch iffres record ? C’est que jusqu’à pr ésen t, quelle que soit l’audace des décid eur s, on a refusé la con fusion en tre ar gen t public et argen t p rivé. Officiellem en t, par ce qu’officieusem en t de doulour euses pon ction s son t effectuées. Et m ain ten an t, votre «A » ,Quelle in to-où s’in scrit-il ? n ation lui don n ez-vous ? Est-ce bien sérieux de vouloir lui don n er un e coloration défin itive alors que la vie est tissée d’im pon dér ables ? H abituez-vous à déclin er ce «A» en fon ction des circon stan ces… AAA, AA, A, Ah !, Ah ?, A…, Ah Ah Ah
[ Co u lis s e s ] — Qu’est-ce qu’on fait ? On accuse le coup m ain ten an t ? Moue dubitative de PJ K. — Recon n ais que la n otation actuelle n e corr espon d pas du tout à la réalité. Qu’est-ce qui te fait h ésiter ? Faut-il qu e cet état con serve son «AAA » pour s de pres-des raison tige ? Mais ce pr estige risque d’en tr aîn er toute la zon e dan s l’abîm e. En réagissan t, n ous sauvon s l’Occiden t du désarroi total. La m oue n ’est plus aussi assur ée. PJ K dispose de ses propres sources d’in for m ation . En dépit des évén em en ts, il a gardé des con tacts précieux avec les h autes in stan ces de la fin an ce m on diale. — Il suffit d’un coup de fil pour rétablir un certa in équi-libr e. Tu sais com bien ta voix est écoutée. La m oue a disparu pour s’exprim er en fin . — Bon , adm etton s que n ous obten ion s la dégradation de la n ote d’un ou deux cr an s. Ce n ’est pas suffisan t pour faire craquer le Présiden t et sa cour . Ce qu’il faut, c’est un e des-cen te aux en fers. En lui laissan t sa n otation actuelle, il va s’im agin er qu’il est à l’abri et il va se lan cer da n s des opé-ration s dém agogiques pour assurer sa pér en n ité sur le trôn e. Mais si à un m om en t n ous faison s ch uter la n otation au poin t de ram en er cet État au r an g de ceux qu’il toise
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aujourd’hui, là j’en fourche m on destrier et j’apparais com m e le sauveur de la Nation . Cette fois la m oue dubitative a chan gé de cam p. Cet te m oue-là, celle de Gérar d Fin aud, n e m et pas en dout e la m an œ uvr e en elle-m êm e, m ais son r ésultat étan t don n é qu e son patron n ’est pas tout blan c aux yeux d’un e opin ion publique qui a été largem en t con dition n ée pour vouer l’h om m e aux Gém on ies. — Bon , c’est toi qui vois.
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