Divertissements

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Edouard, cadre aisé, s'interroge sur l'incapacité croissante à se divertir qui le gagne et menace son couple. La grande fête qui réunit tous les jeux de ce monde lui offre enfin une chance de réagir. Le trio qu'il forme avec sa dynamique épouse et une langoureuse jeune fille se précipite alors sur les combats de lutte, concours de "bureaucratie appliquée", joutes théâtrales et autres casinos clandestins, avant d'être pourchassé par un inconnu qui lui voue une haine meurtrière. Au fil de leurs narrations successives, ces quatre personnages sont confrontés aussi à leurs fantasmes, leurs angoisses et leurs illusions. Avec l'aide non négligeable de potions et machines à sonder les esprits encore ignorées de la médecine officielle.
Publié le : dimanche 12 juin 2011
Lecture(s) : 125
EAN13 : 9782748105322
Nombre de pages : 277
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© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748105338 (pour le fichier numérique) ISBN: 274810532X (pour le livre imprimé)
Frédéric Chevigny
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ROMAN
Trouveraiton plus difficilement des dilettanti assez passionnés pour se laisser dévorer ? Après tout, on ne sait pas ?… En y mettant le prix…
Claude Debussy, Monsieur Croche antidilettante.
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Prologue
Encore quelques instants et nous allons faire connaissance avec ces merveilles… Le jardin se prélas sait alors dans la fraîcheur impatiente de la matinée. L’air se peuplait de parfums imprévus, puissants mais fugitifs et leur souvenir léguait une nostalgie légère et sensuelle. A côté du parterre de roses blanches, saumon, mauves, ambrées, nous avons quelques fleurs sophistiquées, comme étonnées par leur propre éner gie. Tout autour de nous, d’autres fleurs encore. Leurs effluences imprégnaient moins que les autres l’odorat du passant ; on eût dit qu’elles avaient concentré l’essentiel de leur jeunesse dans leur aspect visuel, leurs volutes coquettes et fragiles. Les roses, elles, conservaient leur beauté impa vide et glacée, confiantes en leur éternité, face aux nou velles venues qui, à n’en pas douter, mourraient de la complexité de leurs formes et de l’impuissance de leur parfum. L’indifférence épargnerait toujours les roses ; c’était une loi de la poésie qui avait gagné tout l’univers ; grâce à la plume du poète, leur beauté, leurs charmes étaient devenus un maillon essentiel de la métaphysique, audelà même de l’esthétique : la rose avait été créée en vue de plaire à l’homme. Au contraire, Dieu s’était visiblement désintéressé de ces nouvelles fleurs, nées de tubes à éprouvette, de
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produits chimiques, de croisements génétiques… Elles auraient pu aussi bien être de plastique, aucune diffé rence n’en aurait résulté ! Les avis changèrent lorsque, vers dix heures, le soleil eût entraîné la totale dispari tion des brumes du petit matin ; plus aucun obstacle dès lors ne s’opposait à ses rayons ; et à leur contact, les fleurs mystérieuses libérèrent leurs fragrances ; la brise les transportait, les brassait, les dispersait en tous coins du jardin : une odeur pleine et vivace qui provoquait une sorte d’ivresse à mesure qu’on en goûtait les dif férents degrés d’intensité. Bridées par la fraîcheur des premières heures de la journée, ces fleurs s’épanouis saient désormais, fêtaient le triomphe de la magie de la science ; il n’y avait plus qu’elles dans le jardin et les roses semblaient frappées de mutisme ; les reines du petit matin, qui avaient joué avec les clairsobscurs, s’étaient mêlées aux voiles de brumes, se trouvaient sou dain démunies sous l’obscénité d’une lumière crue et souveraine. A leur tour, elles devaient donc connaître l’absence des regards, la cruauté du dédain. Seules ré sistaient encore les résines vigoureuses de quelques pins. Des craquements de brindilles puis de graviers écrasés annoncèrent la venue des visiteurs ; il se heur tèrent à la lourdeur des effluences. _ Ce sont tes nouvelles fleurs ? _ Eh ! Je crois bien ! Je n’ai jamais, jusqu’à pré sent, senti pareille odeur dans le jardin ; c’est étonnant ! Ce n’est pas désagréable d’ailleurs ! Tu ne trouves pas ? _ Oui ! _ Tu n’as pas l’air d’apprécier ! _ Je préférais l’odeur des roses ! _ Les roses ! Les éternelles roses ! _ Elles me faisaient penser à l’amour. _ En voilà assez des sentiers battus ! J’aborde une nouvelle ère ! J’ai mis un terme à plusieurs siècles d’hé gémonie des roses. Elles avaient été plantées par un an cêtre mythique mais peu original. Il en avait couvert le
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