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Divertissements
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748105338 (pour le fichier numérique) ISBN: 274810532X (pour le livre imprimé)
Frédéric Chevigny
Divertissements
ROMAN
Trouveraiton plus difficilement des dilettanti assez passionnés pour se laisser dévorer ? Après tout, on ne sait pas ?… En y mettant le prix…
Claude Debussy, Monsieur Croche antidilettante.
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Prologue
Encore quelques instants et nous allons faire connaissance avec ces merveilles… Le jardin se prélas sait alors dans la fraîcheur impatiente de la matinée. L’air se peuplait de parfums imprévus, puissants mais fugitifs et leur souvenir léguait une nostalgie légère et sensuelle. A côté du parterre de roses blanches, saumon, mauves, ambrées, nous avons quelques fleurs sophistiquées, comme étonnées par leur propre éner gie. Tout autour de nous, d’autres fleurs encore. Leurs effluences imprégnaient moins que les autres l’odorat du passant ; on eût dit qu’elles avaient concentré l’essentiel de leur jeunesse dans leur aspect visuel, leurs volutes coquettes et fragiles. Les roses, elles, conservaient leur beauté impa vide et glacée, confiantes en leur éternité, face aux nou velles venues qui, à n’en pas douter, mourraient de la complexité de leurs formes et de l’impuissance de leur parfum. L’indifférence épargnerait toujours les roses ; c’était une loi de la poésie qui avait gagné tout l’univers ; grâce à la plume du poète, leur beauté, leurs charmes étaient devenus un maillon essentiel de la métaphysique, audelà même de l’esthétique : la rose avait été créée en vue de plaire à l’homme. Au contraire, Dieu s’était visiblement désintéressé de ces nouvelles fleurs, nées de tubes à éprouvette, de
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produits chimiques, de croisements génétiques… Elles auraient pu aussi bien être de plastique, aucune diffé rence n’en aurait résulté ! Les avis changèrent lorsque, vers dix heures, le soleil eût entraîné la totale dispari tion des brumes du petit matin ; plus aucun obstacle dès lors ne s’opposait à ses rayons ; et à leur contact, les fleurs mystérieuses libérèrent leurs fragrances ; la brise les transportait, les brassait, les dispersait en tous coins du jardin : une odeur pleine et vivace qui provoquait une sorte d’ivresse à mesure qu’on en goûtait les dif férents degrés d’intensité. Bridées par la fraîcheur des premières heures de la journée, ces fleurs s’épanouis saient désormais, fêtaient le triomphe de la magie de la science ; il n’y avait plus qu’elles dans le jardin et les roses semblaient frappées de mutisme ; les reines du petit matin, qui avaient joué avec les clairsobscurs, s’étaient mêlées aux voiles de brumes, se trouvaient sou dain démunies sous l’obscénité d’une lumière crue et souveraine. A leur tour, elles devaient donc connaître l’absence des regards, la cruauté du dédain. Seules ré sistaient encore les résines vigoureuses de quelques pins. Des craquements de brindilles puis de graviers écrasés annoncèrent la venue des visiteurs ; il se heur tèrent à la lourdeur des effluences. _ Ce sont tes nouvelles fleurs ? _ Eh ! Je crois bien ! Je n’ai jamais, jusqu’à pré sent, senti pareille odeur dans le jardin ; c’est étonnant ! Ce n’est pas désagréable d’ailleurs ! Tu ne trouves pas ? _ Oui ! _ Tu n’as pas l’air d’apprécier ! _ Je préférais l’odeur des roses ! _ Les roses ! Les éternelles roses ! _ Elles me faisaient penser à l’amour. _ En voilà assez des sentiers battus ! J’aborde une nouvelle ère ! J’ai mis un terme à plusieurs siècles d’hé gémonie des roses. Elles avaient été plantées par un an cêtre mythique mais peu original. Il en avait couvert le
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