Double face

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Depuis sa sortie de l’hôpital, Marie est comme une page blanche. Elle n’a plus aucun souvenir. Son miroir ne lui reflète que le visage d’une inconnue. Ses parents, sa sœur, sont pour elle de parfaits étrangers. Elle n’a de cesse de se battre pour retrouver sa vie passée. Quand elle rencontre David, c’est un choc. Elle le connaît, tout lui est familier chez lui, mais lui ne la connait pas, la voit pour la première fois. Durant sa longue quête pour retrouver son passé, elle va tenter de comprendre l’incompréhensible. La vérité est peut-être tout autre...


Publié le : jeudi 3 mars 2016
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EAN13 : 9782334051033
Nombre de pages : 60
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ISBN numérique : 978-2-334-05101-9

 

© Edilivre, 2016

Chapitre 1

Le vent était glacial quand Marie sortit du cabinet de son médecin. Elle releva son col et pressa le pas. Elle s’engouffrait dans la bouche de métro au moment où l’orage éclatait. De grosses gouttes de pluie transformaient déjà la chaussée en un véritable torrent. La station de métro était pleine de monde et tout de suite Marie se sentie mal à l’aise. Comme à chaque fois qu’elle se trouvait au milieu de la foule elle eut une bouffée d’angoisse. Depuis qu’elle était sortie de l’hôpital elle n’allait pas bien, malgré les mots réconfortants du Pr Abel qui lui promettait qu’elle allait retrouver ses repères rapidement. Elle regagna vite son studio, le seul endroit où elle était bien et se sentait en sécurité. C’était un minuscule appartement mais elle avait su avec quelques accessoires en faire un refuge douillet.

Elle n’avait pas voulu rester chez ses parents. Elle avait l’impression de ne pas les connaître. Comment se faisait-il qu’elle se sentait tellement étrangère, elle n’arrivait pas à retrouver la complicité qu’elle était censée avoir avec sa jeune sœur à peine plus jeune qu’elle. Pour elle ils étaient tous des inconnus et ils avaient mal accepté sa décision de s’installer toute seule en ville. Elle ne pouvait plus rester dans cette grande maison qui lui faisait ressentir encore plus son désarroi. Vers qui pouvait-elle se tourner, ils la regardaient tous avec compassion lui répétant de ne pas s’en faire que la mémoire allait lui revenir. Elle était complétement perdue mais ne voulait pas de leur pitié. Quand elle avait parlé à son médecin de son envie de prendre un appartement seule il lui avait dit avoir un studio dans le centre-ville, il était justement libre depuis quelques mois. C’est ainsi qu’elle avait pu emménager très rapidement.

Aujourd’hui la séance l’avait épuisée, elle était sortie déçue, elle espérait toujours que son médecin pourrait l’aider à se retrouver, mais comme à son habitude il lui avait conseillé de vivre sa vie au temps présent alors qu’elle voulait se souvenir. Pourquoi avait-elle l’impression que sa vie était mieux avant ?

Elle avait eu une tumeur au cerveau et avait été opérée. Après plusieurs semaines d’un coma profond, elle s’était réveillée en ne reconnaissant personne, pas même sa mère qui était restée à son chevet se relayant avec Ludivine sa sœur. Elle était rapidement tombée dans un désespoir qui s’était accentué à sa sortie d’hôpital. Jusqu’à présent son médecin et l’équipe soignante avaient été ses seuls repères. Elle aurait préféré rester dans cette chambre qui était le seul univers qu’elle connaissait plutôt que d’arriver dans cette maison étrangère dans sa propre chambre où aucun objet ne lui était familier.

Un soir, elle avait demandé à ses parents s’ils étaient sûre qu’elle était bien leur fille. Sa mère avait pleuré, comment peux-tu nous demander cela lui avait répondu son père avec beaucoup de tristesse. Ludivine lui avait reproché d’être si dure avec eux après les mois qu’ils venaient de vivre. C’est ce soir-là qu’elle avait décidé de s’installer dans son propre appartement.

Marie lovée dans son canapé buvait son thé à petites gorgées. Le liquide chaud en coulant dans sa gorge la rassurait. Le bruit de la pluie contre les carreaux l’apaisait. Elle aimait la pluie, l’orage, elle était sûre de les avoir toujours aimés. Elle ne se souvenait de rien mais avait des certitudes comme celle-là. Ludivine lui avait soutenu qu’elle avait peur de l’orage. Comment cela pouvait-il être vrai ? Elle aimait la pluie, le bruit des gouttes dans les arbres, le vent violent qui agitait les branches les jours d’orage. Elle essayait de se souvenir mais ça lui échappait. C’était comme les bulles de savon que les enfants essaient d’attraper et qui éclatent avant même qu’ils les aient touchées.

Elle était perdue dans ses pensées quand la sonnette de la porte la fit sursauter. Elle ouvrit, devant elle se tenait un homme jeune, grand, hésitant et penaud. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, elle le connaissait.

– Bonjour madame, excusez-moi de venir vous importuner chez vous, je m’appelle David Lemercier, je suis un ami de Juliette la jeune femme qui vivait ici avant.

Elle le fit entrer. Sa démarche, ses yeux, tout lui était familier, même cette mèche rebelle sur le front.

– Vous ne me connaissez pas l’interrompit-elle sans réfléchir

– Oui je sais excusez-moi je ne vous dérangerai pas longtemps.

Il avait mal interprété sa question, il pensait qu’il l’ennuyait ce qui ajouta à sa gêne.

– Je suis un ami de Juliette répéta-t-il, cela fait longtemps que je voulais venir vous demander si vous aviezde ses nouvelles ou si elle avait laissé une adresse, mais je n’osais pas.

Et il se mit à raconter :

– Voilà j’étais avec Juliette depuis quelques mois et j’étais très amoureux d’elle. Nous nous étions rencontrés au musée du Louvre, nous avons fait connaissance devant la Joconde, elle se plaignait du nombre de visiteurs rassemblés devant le tableau au point qu’on ne puisse pas le voir alors que je pestais pour la même raison. Nous avons éclaté de rire ensemble et avons tout de suite été attirés l’un par l’autre. Nous avions les mêmes goûts et étions toujours d’accord sur tout. Elle ne m’a jamais beaucoup parlé d’elle. La seule chose que je sais, c’est qu’elle venait de Nancy et qu’elle n’avait plus ses parents morts dans un accident de voiture quelques années auparavant. Elle m’avait vaguement parlé d’un homme qu’elle considérait comme son parrain et qui s’était occupé d’elle depuis la disparition de ses parents. Bien sûr j’aurais voulu en savoir plus mais je pensais que nous avions le temps. Je pensais qu’elle éprouvait les mêmes sentiments que moi. Un jour j’ai reçu une lettre de rupture sans explication, elle me disait de ne pas chercher à la revoir, qu’elle était désolée. Moi j’étais anéanti, je ne voulais pas y croire, je me suis précipité chez elle, contrairement à ce qu’elle m’avait demandé, mais elle était partie. C’était au mois de mars de l’année dernière, je ne l’ai jamais revue. Il y a quelques temps, je passais dans le quartier j’ai vu que l’appartement était occupé et qu’il y avait un autre nom sur la boite aux lettres. Comme je vous l’ai dit j’ai hésité longtemps avant de venir sonner à votre porte.

Il réagit tout à coup qu’il parlait avec une parfaite inconnue.

– Excusez-moi, je vous raconte ma vie, je vous ennuie, c’est d’être dans cet appartement bredouillait-il. Je me rends compte que c’est la seule chose que je connaissais d’elle.

Pendant tout le temps qu’il avait parlé, elle l’avait dévoré des yeux. Elle avait l’impression de le reconnaître, sa voix lui semblait familière. C’était la première fois depuis son opération qu’elle ressentait ça.

– Ne m’en voulez pas si je parais bizarre, mais êtes-vous sûr que nous ne nous connaissons pas lui répéta-t-elle intriguée.

– Non, je devrais ? Je suis vraiment désolé. De plus je viens chez vous pour vous raconter mes malheurs, vous avez été très gentille de m’écouter.

– Je n’ai jamais rencontré votre amie Juliette, j’aurai aimé vous aider mais quand je suis arrivée dans l’appartement le propriétaire avait refait faire les peintures et l’appartement était vide depuis quelques temps. Voulez-vous une tasse de thé ?

– Je vous ai suffisamment importuné aujourd’hui, mais c’est vrai, je boirais volontiers un thé. Bizarrement cela m’a fait du bien de vous parler et de me retrouver ici.

– Alors n’hésitez pas si je peux faire quelque chose pour vous.

Elle lui raconta brièvement son arrivée dans son appartement, son opération et son amnésie.

– Nous sommes tous les deux à la recherche de notre passé dit-il. Mais comment nous aider mutuellement, vous ne savez rien de Juliette et moi je ne vous connaissais pas il y a une heure. Cependant j’éprouve beaucoup de plaisir à parler avec vous. Ne le prenez pas mal, je suis assez maladroit mais je suis sûr que vous avez compris ce que je...

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