Du côté du bonheur (Harlequin Prélud')

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Du côté du bonheur, Susan Gable

Surmené dans son travail, père de Brook, une adolescente en pleine crise, Sloan Thompson se damnerait pour un peu de légèreté... Et, justement, c'est ce que lui propose Jenna Quinn, une nouvelle et jolie voisine que Brook adore, lorsqu'elle lui offre « une relation exquise comme un repas fait uniquement de desserts ».
Mais cette exquise légèreté se révèle bientôt lourde de conséquences pour tous car Jenna tombe enceinte. Contre toute attente, c'est surtout Brook qui réagit le plus mal à cette grossesse. Elle qui ne jurait que par Jenna, devient maladivement agressive avec elle, et voit d un très mauvais oeil son éventuelle entrée dans la famille qu'elle souhaitait pourtant quelques jours plus tôt encore. Bouleversée, très affectée par le brusque changement d'attitude de Brook, redoutant que Sloan ne se sente déchiré entre elle et sa fille, Jenna songe à quitter la ville. C'est alors qu elle découvre ce qui perturbe tant l'adolescente : Brook est elle-même enceinte...

Publié le : dimanche 1 juillet 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262569
Nombre de pages : 352
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Chapitre 1
— Qu’est-ce qu’il est nul, ce coin !
Sloan Thompson serra les dents, les deux mains crispées sur le volant. Evidemment ! Mais pouvait-il vraiment s’attendre à une autre réaction de la part de Brook ?
Il coupa le moteur du pick-up et compta lentement jusqu’à dix avant de tourner la tête vers sa fille aînée, assise à côté de lui. Le déménagement avait été éprouvant pour tout le monde : inutile de faire monter la tension d’un cran en s’énervant. Aussi opta-t-il pour l’ironie, la meilleure des armes quand toutes les autres méthodes avaient échoué.
— Tu as donc de la chance, puisque notre maison ne se trouve pas à Erie même, mais dans la bourgade de Millcreek.
— Alors comment tu expliques que ce soit Erie qui figure sur notre adresse postale ?
La jeune fille appuya son front contre la vitre et poussa un long soupir.
— Je ne comprends pas pourquoi nous ne pouvions pas rester au Texas.
Elle ne comprenait pas, vraiment ? Sloan aurait pourtant pu lui énumérer une longue liste de bonnes raisons, quatre-vingt-dix pour cent d’entre elles concernant justement une certaine personne renfrognée, à sa droite. En dépit de son jeune âge, Brook avait besoin d’un nouveau départ dans la vie. De nouveaux amis. En tout état de cause, des amis plus convenables que la bande qu’elle fréquentait à Fort Worth.
— Moi, ça me plaît beaucoup, ici ! décréta alors la petite Ashley.
Détachant sa ceinture, elle se pencha vers l’avant et passa ses deux bras autour du cou de son père.
— Nous habitons tout près de chez grand-père et de chez tante Rachel et puis, ici, au moins, il y aura de la neige ! poursuivit-elle, tout excitée.
Sloan se mit à rire, heureux de l’enthousiasme que manifestait sa cadette, âgée de six ans. Ah ! Si seulement elle pouvait avoir six ans pendant une quinzaine d’années encore et devenir adulte comme par magie, sans passer par l’enfer de l’adolescence.
— Je suis ravi que ça te plaise, ma puce, dit Sloan, mais pour la neige, rien ne presse, n’est-ce pas ? Même dans le Nord, je ne pense pas qu’il neige au mois d’août !
A cet instant, un énorme camion vert et jaune s’arrêta devant la maison.
— Et c’est parti pour le déménagement ! ajouta-t-il avec entrain.
— Youpi ! lança Brook d’une voix blanche, sans détacher sa ceinture.
— Regarde, grand-père est déjà là ! s’exclama Ashley. Vivement que je retrouve mes affaires !
Elle descendit de la voiture pour courir vers lui.
Comme Sloan comprenait sa fille ! Lui aussi avait envie de retrouver ses affaires. Depuis son embauche comme ingénieur en chef à la chaîne de télévision d’Erie, cinq semaines auparavant, les filles et lui vivaient chez son père. S’il était reconnaissant à ce dernier de les avoir hébergés en attendant qu’il trouve un logement à son goût, toute sa petite famille avait à présent besoin de se retrouver entre soi et d’occuper à nouveau son propre espace vital.
— Brook, je que cette journée se déroule sans problème, prévint Sloan avant de sortir du véhicule. Si tu te comportes correctement, je t’installerai ton ordinateur dès ce soir.veux
A ces mots, l’adolescente tourna les yeux vers lui en fronçant les sourcils, ce qui attira une fois encore l’attention de son père sur son piercing.
Ce qu’il pouvait détester ce piercing ! Malheureusement, c’était l’un des nombreux compromis qu’il avait dû accepter dans l’espoir de détendre leurs relations.
— Je suis tout à fait capable de l’installer moi-même, répliqua Brook. Mais à quoi est-ce que ça va bien me servir ? Je parie qu’il n’y a même pas l’ADSL, ici !
— Bien sûr que si ! s’exclama Sloan. Mais laisse-nous au moins le temps d’arriver et de contacter notre fournisseur !
— Ça veut dire que je ne pourrai même pas chatter avec mes amis, ce soir ?
Sloan soupira avant de désigner du menton son téléphone portable posé sur le tableau de bord.
— Je t’accorderai trente minutes de téléphone, si tout se passe bien aujourd’hui, déclara-t-il.
— D’accord ! répondit Brook, soudain plus détendue.
Et elle descendit du pick-up.
N’était-il pas pathétique qu’il en soit venu à soudoyer sa propre fille ? songea Sloan, découragé. A force de l’entendre ronchonner toute la journée, il finissait par sacrifier les uns après les autres tous ses principes éducatifs élémentaires.
A midi, tous les meubles avaient trouvé leur place dans la nouvelle maison. Sur le seuil de la porte d’entrée, sa sœur Rachel donnait des indications précises aux déménageurs quant à l’emplacement des cartons, tout en tenant en équilibre sur une hanche son fils de dix mois.
— Ceux-là vont sur la mezzanine, leur disait-elle au moment où Sloan vint la rejoindre.
En raison des fréquentes mutations de leur père, un ancien militaire, Sloan et elle étaient devenus des experts en déménagement.
S’emparant du carré de tissu blanc que Rachel avait placé sur son épaule, Sloan essuya la bouche du petit Jamey qui ne cessait de saliver et de mordre son poing, car il faisait ses dents.
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