Du pain et du jasmin

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Un roman identitaire qui livre un témoignage poignant sur les destins des femmes arabes dans une société musulmane en pleine mutation.
1984 : les émeutes du pain — 2010 : la Révolution du jasmin. Deux périodes tumultueuses vécues à près de trente ans de distance par une mère et sa fille.
Nadia quitte sa Tunisie natale pendant les émeutes qui secouent le pays en 1984. Révoltée contre ses parents, elle est surtout indignée par la culture du silence et la soumission que la jeunesse ne peut plus tolérer. Reniée par sa famille, elle émigre au Canada et y refait sa vie.
Vingt-cinq ans plus tard, sa fille, Lila, encouragée par sa mère, séjourne à Tunis chez un couple ami, Tante Neila et Oncle Mounir. Elle fera face à une autre révolution, celle qui enflammera bientôt tout le monde arabe et à laquelle elle va finir par s’associer.
Un roman identitaire qui livre un témoignage poignant sur les destins des femmes arabes dans une société musulmane en pleine mutation.
« “C’est ib, on ne fait jamais ça devant les autres”, répétait souvent ma mère pour désapprouver les baisers que nous voyions parfois à la télé. Et comme pour lui donner raison, papa fermait brusquement la télé et me demandait d’aller immédiatement dans ma chambre pour finir mes devoirs, même quand je n’avais pas de devoirs ou que j’avais tout fini. »
Publié le : samedi 19 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895975212
Nombre de pages : 266
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MONIA MA ZIGH Du pain et du jasmin
R O M A N
du Pa I n et du Ja SMI n
de la MÊMe auteure
Miroirs et mirages, oàwà, lIéigé,  ; àûi é àgàis sôûs é iéMirrors and Mirages, tôôô, Hôûsé ôf aàsi Péss, . Les larmes emprisonnées; àûi é, MôÉà, BôÉà,  àgàis sôûs é iéHope & Despair: My Struggle to Free My Husband,Maher Arar, tôôô, McCéà & Séwà, .
Môià Màzigh
dû pài é û jàsmi
roM a n
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Mazigh, Monia, auteur  Du pain et du jasmin / Monia Mazigh. (Voix narratives) Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 9782895974543. — ISBN 9782895975205 (pdf). — ISBN 9782895975212 (epub)  I. Titre. II. Collection : Voix narratives PS8626.A96D8 2015 C843’.6 C2015905155X  C20159051568
L’auteure tient à remercier la Ville d’Ottawa, par l’entremise du programme de financement « Arts littéraires », pour son soutien lors de l’écriture de ce roman.
Les Éditions David remercient le Conseil des arts du Canada, le Bureau des arts francoontariens du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
Les Éditions David 335B, rue Cumberland, Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 6138303336 | Télécopieur : 6138302819 info@editionsdavid.com | www.editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 3 trimestre 2015
NOTE DE L’AUTEUR E
Cé ivé és ûé œûvé é ficiô. I és àûcûémé àûô-biôgàphiqûé. Céés, jé mé sûis ispiÉé é céàis sôûvé-is éfàcé, màis ôûs és pésôàgés û ômà ô éxisÉ qûé às mô imàgiàiô. « lés Éméûés û pài », qûô à àûssi àppéÉés « à rÉvôûiô û côûscôûs », sé sô bé é bié ÉôûÉés é tûisié é 1984. dé mêmé, é sôûèvémé sôcià éé 2010-2011, qûi à pÉcipiÉ à chûé û Égimé Bé ai, és Éé. Cépéà, ôû é sé àppôchà és fàis hisôiqûés, és àés iiqûÉés ô ÉÉ pàfôis Égèémé môifiÉés pôû és bésôis û Éci.
T,  3  1984
Je Restais là en silence, le visage maRqué paR la douleuR, mes jambes légèRement écaRtées, mes fesses bien posées suR le siège de la toilette. D’atRoces cRampes tiRaillaient mon ventRe à inteRvalles RégulieRs comme des couteaux aiguisés. Une diaRRhée fétide soRtait de mon coRps comme l’eau bRû-lante jaillissant d’un geyseR, me libéRant soudainement de la douleuR intense que j’avais eue quelques minutes aupa-Ravant. Je me sentais déjà mieux. Je pRofitais du peu de Répit pouR examineR les lieux. Je RegaRdais paR-dessous la poRte en bois écaillé. Les toilettes n’étaient pas pRopRes. Le caRRelage était devenu gRis sous les pas des clients du RestauRant qui entRaient et soRtaient à longueuR de jouRnée. J’ai entendu quelques pas fRanchiR la poRte voisine, suivi du bRuit d’un jet d’uRine tRop bRuyant qui semblait incapable de s’aRRêteR. Puis une chasse d’eau qu’on tiRe. Je ne bougeais pas, j’avais honte de moi, je ne voulais pas me leveR, je ne voulais êtRe vue de peRsonne. Je ne savais pas ce qui s’était passé au juste. Je venais de mangeR un casse-cRoûtekeftaji dans cette gaRgote. À peine la deRnièRe bouchée avalée, le gaRgouillement gênant de mes intestins en fuRie s’était
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fait entendRe. Tout mon coRps était secoué de cRampes intenses. Je n’avais d’autRe choix que d’alleR aux toilettes.
Il faut diRe que ma jouRnée avait tRès mal commencé. VeRs midi, j’avais tellement faim que je ne pouvais plus RéfléchiR. D’habitude, j’appoRtais avec moi un sandwich que je mangeais en compagnie de Neila. Nous nous asseyions toutes les deux suR le boRd de la clôtuRe, pas loin de la biblio-thèque de notRe lycée. Nos pieds pendaient comme ceux de gamines se balançant suR le muRet en bRique. DeRRièRe nous, les eucalyptus centenaiRes nous enveloppaient de leuRs ombRes bienveillantes. LeuRs bRanches majestueuses tombaient veRs le sol, un peu lasses de leuR longue vie. C’était ma mèRe qui me pRépaRait mon sandwich chaque matin. Elle coupait le quaRt d’une baguette qu’elle achetait tôt chez Hassan, l’épicieR du coin. Elle y pRatiquait une petite fente tRansveRsale, puis y mettait une cuilleRée d’haRissa diluée dans un peu d’eau, quelques miettes de thon ou de saRdine, selon que nous étions au début ou à la fin du mois, et un filet d’huile de soja. Depuis quelques années, mon pèRe n’aRRivait plus à acheteR de l’huile d’olive. La vie devenait de plus en plus chèRe. Son maigRe salaiRe de fonctionnaiRe au ministèRe de la Justice ne suffisait plus. Au début de chaque mois, c’était un peu la fête chez nous. Mon pèRe achetait des boîtes de thon. « La maRque Sidi-Daoud est la meilleuRe ! » Répétait-il chaque fois, comme s’il avait peuR que nous l’oubliions. Puis il RenchéRissait : « C’est à Sidi-Daoud que les gRos thons aRgentés de la MéditeRRanée viennent se gaveR d’algues appétissantes. LeuR chaiR devient savouReuse et paRfumée et c’est là jus-tement qu’on les attRape. Les Italiens appellent cette pêche laMatanza… » PeRsonne ou pResque ne pRêtait attention à 1
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