Du piment dans la viande

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22 nouvelles pimentées.Un ton acide et tranchant pour raconter des histoires d'êtres humains. Sous un vernis de cruauté, l'auteur décrit avec tendresse l'homme, ses travers, ses angoisses, ses extravagances. L'humour et la noirceur sont au rendez-vous.

Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 84
EAN13 : 9782748107647
Nombre de pages : 103
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comDupimentdanslaviande© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0765-9(pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0764-0 (pour le livre imprimé)KarineRichard
Dupimentdanslaviande
NOUVELLEMES BOTTES EN CROCODILE DU
VENEZUELA
Une goutte était tombée par terre, ça la contra-
riait. Elle ne voulait pas de taches par terre. Certai-
nement pas ! Non, elle n’était pas maniaque, oui, elle
aimait la propreté, c’esttout.
Ça avait commencé la fois où son cochon d’inde
s’était échappé. Il n’aurait jamais dû s’échapper de sa
cage. Cesanimaux-là,çanesertàrien,çaresteencage,
point. Elle n’aimaitpas lecaresser, son poil n’étaitpas
si doux que ça, quoiqu’en disent les spécialistes. Les
spécialistes ???? Mais quelsspécialistes?
Lefaitestquesoncochond’inde,ellenel’aimait
pas. Enfait,elleledétestait. Cetanimaln’avaitabsolu-
mentriend’attrayant. Despoils,desdents,desgriffes.
Pasdequoi s’extasier !! Qu’avaientdonctous cesgens,
avec leurs animaux de compagnie ? Ça servait à quoi
d’avoir un animal de compagnie ? C’était absolument
répugnant, ça chiait et ça puait. Et ça ne travaillait pas
pour gagner ses granulés…
Des granulés de cyanure, oui ça c’était une idée.
Débarrassée une fois pour toutes de ce sale rongeur.
SALE RONGEUR ! Tu as gâché ma vie ! Tu manges
tout ! Tu es un destructeur ! Je te déteste ! JE TE
HAIS !!! Les granulés ne te suffisent pas, non ? Tu
tesensobligédetefairelesdentssurmapairedebottes
7Du piment dans la viande
toutes neuves, une si belle paire de bottes, en peau de
crocodile du Venezuela. Personne d’autre que moi ne
possèdeunepairedebottesencrocodileduVenezuela.
Iln’yaquemoi,QUEMOI!!!!
Iln’yAVAITquemoi.Non,paspleurer.Non,
pass’énerver. Celanesertàrien…ettoinonplus…tu
ne sers à rien.
Pourquoimesbottes? Pourquoimes journaux?
Pourquoimesmurs? Unevéritablecalamité,c’esttout
ce que tu es ! Rien d’autre ! Mes bottes en crocodile
duVenezuela! JAMAIS,jen’enretrouveraidescomme
ça !
Elles étaient vertes, un très beau vert. Très rare.
Trèschères…àmoncœuraussi. Mais,ilfaitfroid,l’hi-
verarrive,ilfautquejemedépêche. Jedétesteavoirdes
engelures, c’est très vilain, les engelures, c’est inesthé-
tique. J’aime que les gens me trouvent belle. Je leur
montre mes dents, mes dents sont jolies, alors, je sou-
ris,etj’ouvretrèsgrandlabouche,jemontremabouche
etmesdents. Maisseulement,cellesquisontblanches,
pas les autres.
Ilvafairetrèsfroidcethiver,jesuistrèscontente,
jen’auraispasfroidauxmains. J’auraisfroidauxpieds,
carjen’auraispasmesbottesencrocodileduVenezuela,
mais je n’aurais pas froid aux mains. Plus jamais. Plus
jamais,jen’aurais froidauxmains.
J’auraisfroidauxpieds,maispasauxmains
Moncochond’inde,finalementjet’aimebien.
8NEJOUEPASAVECLANOURRITURE
Nejouepas avec lanourriture.
Jetel’aidéjàditcentfois. J’aihorreurdemeré-
péter. Tu le sais bien. J’ai bien l’impression que tu
cherches une correction. Eh bien, je t’avertis, ne me
cherche pas trop, sinon tu vas me trouver. Je ne com-
prends pas, je ne t’ai pas éduqué comme ça. Je pense
t’avoirapprislesbonnesmanières. Avecquias-tutraîné
pourteconduireainsi? Jenelesupportepas. Tuasin-
térêtàtecomportermieuxqueça,sinontapunitionne
va pas tarder à tomber.
Et puis, enlève-moi ça du milieu, c’est vraiment
inconvenant. Ilsuffitquejemarchedessuspourqueje
me casse le col du fémur. C’est ce que tu veux ? Tu
n’asvraimentaucunsenssocial! Oùtecrois-tu? Dans
uneporcherie? Lescochonssontpeut-êtretescousins,
mais ce ne sont pas les miens.
Arrêteçaimmédiatement! Jenelerépèteraipas!
Tu commences à m’agacer sérieusement. Je ne sais pas
ce que je vais faire de toi.
Oh ! Tu m’énerves !
TU M’ENERVES !
Vas-tu cesser à la fin ?
Que crois-tu ?
Qu’il suffit de sourire béatement pour trouver à
manger ?
Eh bien, tu te trompes lourdement ! C’est vrai-
mentdifficiledetrouveràmanger. Lanourriture,çase
9Du piment dans la viande
gagne, tu sais. A lasueur du front. Crois-tu quela vie
estfacile? Tuignoresbiendeschoses. Tuesstupide.
Oui,jesuisauregretdeteledire: TUESBETE!!
Oh ! Ne me regarde pas comme ça, ça ne changera
absolument pas ce que je pense de toi. Je t’apprécie
de moins en moins. Tu ouvres grand la gueule et tu
attends ! Oui, ça tu sais faire, mais qui se tape tout le
boulot ?
MA POMME !!
Comme d’habitude !
Ça a toujours été moi, d’ailleurs. Déjà, petite,
il fallait que je ramène la nourriture à la maison. Par
n’importequeltemps,qu’ilventeouqu’ilpleuve. Per-
sonne n’avait pitié de moi.
Quandtoutcelacessera-t-il? Etsijenetenour-
rissaisplus? Hein! Qu’endis-tu ? A partir demain-
tenant,tuirastoi-mêmetechercher àmanger.
Tu es grand, maintenant. Tu n’as plus besoin de
moi. Oui, c’est décidé. Ne me regarde pas comme ça.
Non. Jeseraisinflexible. Chacunpoursoi. Jet’aiderai
audébut,situveux,c’estnormal,oui,jet’ouvriraisdes
portes. Mais, c’esttout, basta!
Tes congénères se débrouillent bien tout seuls,
eux.
Ilsn’ontpasbesoin d’assistance,eux.
Non,nemelèchepas.Çanesertàrien.Ettu
peux gémir… et pisser partout dans la maison, je ne
reviendraispassurmadécision. Fallaitypenseravant.
Allez, calme-toi un peu.
Demain,on ira voir lavoisine.
Celle du quatrième… non… attend… laisse-moi
réfléchir… celledu troisièmeplutôt.
Oui, celle du troisième.
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